VIDÉO - "L'obstination" de Fillon, "des militants radicalisés" : Juppé n'y va pas, mais charge son camp

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
À L'ATTAQUE - Le maire de Bordeaux, sollicité par un nombre grandissant d'élus LR, a redit ce lundi qu'il ne voulait pas prendre la place de François Fillon dans la course à la présidentielle. Une annonce assortie d'un discours particulièrement dur à l'attention de son camp.

Alain Juppé n'a pas mâché ses mots, ce lundi, en annonçant qu'il ne se présenterait pas à la présidentielle en lieu et place de François Fillon. Présenté comme un recours depuis des semaines et le début des ennuis judiciaires de François Fillon dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs qui touchent le candidat LR, supplié par ses anciens soutiens et ses ex-adversaires de se mettre en course, le maire de Bordeaux a dit "niet", comme il l'avait répété malgré les relances de son camp, ces dernières semaines : "Je confirme une bonne fois pour toutes que je ne serai pas candidat à la présidence de la République".

Son système de défense l'a conduit dans une impasseAlain Juppé

Mais l'ex-favori à la présidentielle (il était donné en tête des sondages en cas de retour comme candidat de la droite) ne s'est pas contenté de laisser le champ libre à François Fillon. Il s'est fait le porte-parole de tous ceux qui espéraient le voir prendre le relais en critiquant très durement la stratégie choisie par le camp du Sarthois. "Quel gâchis pour la droite et le centre", a-t-il commencé, en référence à la large victoire de François Fillon en novembre dernier (65% des 4,38 millions de votants) et au "boulevard" qui se dessinait devant lui, alors que les sondages démontrent, malgré la fidélité des restants, sa dégringolade.


Au-delà du temps perdu et de la chance de victoire considérablement affaiblie, Alain Juppé lâche ses coups contre son vainqueur de la primaire, évoque "son obstination" à vouloir être candidat malgré sa prochaine mise en examen et la promesse qu'il avait faite de se retirer si tel devait être le cas. "Son système de défense l'a conduit dans une impasse", poursuit-il, en référence aux discours complotistes que François Fillon prononce à l'encontre de la presse et de la justice.

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Alain Juppé : "L'obstination" de Fillon conduit à "une impasse"

Mais Fillon n'est pas la seule cible des flèches de Juppé. Ceux qui l'ont attaqué pendant la campagne sont aussi invités à la tournée générale du maire de Bordeaux : "Je remercie ceux qui, après avoir vivement critiqué ma ligne et mon projet trouvent en moi un recours". Sans qu'on sache réellement qui il vise, les sarkozystes n'étant pas notoirement emballés par l'hypothèse de voir le maire de Bordeaux se lancer dans la course.


Alain Juppé finit par citer trois raisons qui l'empêchent d'être candidat : premièrement, son âge, son passé en politique et ses démêlés passés avec la justice : "Je n'incarne par le renouvellement attendu. Je ne réponds pas pleinement à l'exigence d'exemplarité", admet-il, dans un accès de lucidité. Deuxièmement, le timing, trop court pour rassembler sa famille politique : "Il est trop tard pour moi". Troisièmement, les militants fillonnistes, dont il critique de la même façon l'obstination : "Le noyau dur des militants des Républicains s'est radicalisé". Encore une fois, un qualificatif dur pour désigner ceux qui, aujourd'hui, soutiennent François Fillon mordicus, et ne se précipiteraient sûrement pas pour voter en sa faveur si leur champion devait se retirer.

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