Anne Hidalgo : "La dynamique est de mon côté"

Anne Hidalgo : "La dynamique est de mon côté"

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
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MUNICIPALES 2014 - Arrivée en seconde position des suffrages exprimés au premier tour à Paris, la socialiste Anne Hidalgo estime que la gauche reste majoritaire en voix et appelle au rassemblement, notamment avec les écologistes. Pour elle, le succès revendiqué par sa rivale Nathalie Kosciusko-Morizet est un "écran de fumée".

Comment vous sentez-vous après ce premier tour difficile  ?
Très combative et déterminée. La gauche arrive en tête avec plus de 50,4 % des voix à Paris, un score très haut dans un contexte national très difficile. Elle est en tête dans une majorité d'arrondissements. La gauche est largement en tête dans des arrondissements stratégiques comme le 12 et le 14e. La droite, de son côté, reste divisée par des dissidences et a très peu de réserve de voix. Le score de Nathalie Kosciusko-Morizet est très inférieur à ceux, cumulés, de François de Panafieu (UMP) et Marielle de Sarnez (Modem) en 2008, qui était de 36,69 %.

Pourtant, NKM se sent pousser des ailes…
Elle est à 35 % des suffrages exprimés au premier tour. Ces scores, elle les obtient grâce aux bastions tenus par les chefs de file les plus conservateurs de la droite parisienne, Claude Goasguen ou Philippe Goujon. Lors de sa campagne, on a entendu Philippe Goujon tenir des propos inadmissibles sur les étrangers et l'immigration. Nathalie Kosciusko-Morizet essaye de produire un écran de fumée pour masquer ses difficultés dans les arrondissements clés et son incapacité à rassembler. Le rassemblement ne fait pas partie de son ADN. Elle est arrivée, elle a divisé la droite parisienne et elle n'a pas réussi à bénéficier du contexte national. La politique, ce n'est pas que de l'arithmétique, c'est aussi une construction rationnelle. Quand on voit les résultats dans le 5e, qu'on ne vienne pas me dire que la députée de l'Essonne a gagné l'élection parisienne. La dynamique est de mon côté. Moi, j'ai su rassembler ma famille politique, la gauche, les progressistes et depuis lundi, les écologistes.

Les résultats de la gauche dans ses bastions ne sont-ils pas décevants ?
Dans les arrondissements de gauche, nous sommes au-dessus des scores de 2001 et en dessous de ceux de 2008. Le rapport reste toutefois nettement favorable à la gauche, notamment grâce à la forte mobilisation et aux belles campagnes dans les arrondissements.

On vous a peu entendue sur votre mauvais score dans le 15e arrondissement. Qu'en retenez-vous ?
On subit le même reflux que dans d'autres arrondissements de droite dans un contexte national très difficile. Il y a eu également un émiettement de listes. J'espère rassembler très largement cette semaine et obtenir les sièges que nous avions en 2008 dans cet arrondissement.

Quel accord avez-vous signé lundi avec les écologistes ?
Nous avons négocié avec eux dans un état d'esprit très constructif et avons trouvé très vite un accord sur le programme. Il porte sur de nombreux sujets, dont le développement des transports écologiques (notamment des transports électriques sur les quais hauts de la rive droite de la Seine, NDLR) et l'éradication du diesel. Nous avons fait le choix, en cas de pics de pollution, de déclencher immédiatement la circulation alternée. Nous nous sommes aussi mis d'accord pour que Paris soit une ville encore plus verte et pour accélérer la rénovation thermique des logements. Par ailleurs, les écologistes ont obtenu 18 places éligibles au Conseil de Paris contre 11 conseillers de Paris actuellement.

Le Parti de gauche a mené une campagne très dure à votre encontre. Un rapprochement est-il encore possible ?
J'ai eu Danielle Simonnet (la candidate du Parti de gauche, NDLR) au téléphone. Je lui ai dit que je souhaitais rassembler toute la gauche autour du projet ambitieux que je porte pour Paris. Pour l'instant, elle n'a pas répondu à cette main tendue pour gérer ensemble Paris. Pour moi, c'est une question de principe. J'en appelle à la responsabilité de tous les élus de gauche.

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