Anne Hidalgo veut marier Paris et Londres

Anne Hidalgo veut marier Paris et Londres

DirectLCI
MUNICIPALES 2014 - En pleine polémique sur le leadership de l'Europe en matière de tourisme, Anne Hidalgo, candidate PS aux municipales, tend la main à la capitale britannique dans une tribune au Guardian. "Londres est la banlieue de Paris, Paris est la banlieue de Londres", dit-elle. Une manière d'étouffer les arguments de ses détracteurs sur l'essoufflement de la capitale française. Et d'affirmer une stature de maire.

Après le duel, la réconciliation. En plein débat sur le leadership touristique de l'Europe - Londres a accueilli en 2013 le chiffre record de 16 millions de visiteurs et pourrait détrôner Paris -, Anne Hidalgo a décidé de tendre la main à la rivale ancestrale de Lutèce. Dans une tribune publiée jeudi dans le quotidien britannique le Guardian , la candidate socialiste à la mairie de Paris s'adresse directement au maire de Londres, Boris Johnson.

"Sous de multiples aspects, Londres est la banlieue de Paris et Paris est la banlieue de Londres", juge l'actuelle première adjointe de Bertrand Delanoë, rappelant qu'il ne faut que deux heures pour relier les deux capitales avec l'Eurostar. Dans le contexte de la mondialisation, "pour connaître le succès, il faudra éviter l'inutile esprit de clocher", estime aussi la candidate PS - une forme de clin d'œil à ceux qui mettent en avant la concurrence entre les deux capitales.

L'attractivité, "un objectif commun"

Anne Hidalgo, qui affirme s'être inspirée de "Londres, New York, Singapour, Sydney et Vancouver" pour bâtir son programme pour Paris, affirme enfin que, par-delà la compétition financière et économique entre les métropoles, "l'attractivité de nos villes, derrière les slogans, devrait être un objectif commun". Autre argument : Paris et Londres réunis, ce sont 20 millions d'habitants. Un poids démographique et économique qui permettrait de survivre face à Tokyo, Shanghai ou Rio.

La semaine dernière, l'étude relayée par l'Office de tourisme londonien avait mis le feu aux poudres, la rivale UMP d'Anne Hidalgo, Nathalie Kosciusko-Morizet, estimant que Londres avait pris le leadership touristique en raison de la dégradation des conditions d'accueil et du dynamisme de Paris. Au point que ce mardi, les deux offices de tourisme français et britannique ont tenté d'éteindre la polémique en affirmant qu'aucun bilan ne permettait pour l'heure de comparer les deux capitales.

Récupération politique

L'édito de la socialiste dans le Guardian apparaît, sous cet angle, comme une autre manière de couper l'herbe sous le pied de NKM, qui s'était déjà réclamée du charismatique maire conservateur Boris Johnson. 

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait lui-même pris l'initiative d'un petit voyage à Londres, les 9 et 10 janvier, à seulement deux mois de son départ, pour parler "coopération" avec son homologue. Les Anglais n'ont jamais autant intéressé les Parisiens.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter