Benoît Hamon candidat : des députés PS "réformateurs" revendiquent un "droit de retrait"

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Benoît Hamon, candidat du PS à la présidentielle

SANS NOUS - Après la victoire de Benoît Hamon à la primaire, deux députés "réformateurs", Christophe Caresche et Gilles Savary, revendiquent dans "Le Monde" un "droit de retrait" pendant la campagne présidentielle, afin de rester fidèles à leur camp sans renier leurs idées. Mardi matin, la ministre Marisol Touraine met aussi la pression sur le candidat socialiste, estimant qu'il a la responsabilité de "rassembler".

Benoît Hamon pressé de passer en mode synthèse. Alors que les députés réformateurs du PS doivent se réunir pour déterminer leur position après la victoire du député frondeur à la primaire, les appels au rassemblement se multiplient de tous côtés, avec un brin d'inquiétude tant les positions sont éloignées.

Mardi matin, sur RTL, la ministre de la Santé Marisol Touraine a averti le candidat socialiste, estimant qu'il avait "la responsabilité de rassembler la gauche et au-delà pour pouvoir gagner" en avril et mai prochains. "A Benoît Hamon d'envoyer des signes, de montrer concrètement qu'il a les capacités de rassembler", a-t-elle prévenu. 

Je ne crois pas en la fin du travail. Je ne me suis pas reconnue dans la primaire de Benoît Hamon. Aujourd'hui, j'attends des signes- Marisol Touraine

Pour commencer, selon la ministre, il faudra de la part du candidat socialiste, élu sur un projet ancré à gauche, "une marque de soutien au travail accompli" par le gouvernement. "Il a commencé à le faire. Il faudra sans aucun doute qu'il soit plus rassembleur que cela". 

"Droit de retrait"

Pour d'autres socialistes, c'est déjà trop tard. Dans un appel lancé dans Le Monde, mardi matin, ils prennent acte des "divisions plus profondes que jamais" et d'une "césure réelle entre deux sensibilités idéologiquement distantes". Une autre façon de parler des "gauches irréconciliables" formulées par Manuel Valls. 

Comment porter un projet présidentiel conçu comme l’antithèse d’une action de mandature que nous avons soutenue et dont nous revendiquons les avancées ?- Christophe Caresche et Gilles Savary

S'ils souhaitent rester "socialistes", ces députés de l'aile droite du PS refusent un rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon et invoquent "un droit de retrait de la campagne présidentielle car les conditions du soutien à la candidature de Benoît Hamon ne sont pas réunies". Au total, dix-sept députés soutiennent cet appel, dont Gilles Savary, Christophe Caresche, François Loncle et René Dosière. 

Depuis lundi, d'autres "réformateurs" ont pris une option plus radicale : Sur France Info, le secrétaire d'Etat Jean-Marie Le Guen a laissé la porte ouverte mardi matin, estimant que le débat sur ce sujet "n'est pas achevé". "Je n'ai jamais considéré que je devais me rallier avec le Parti communiste. Je ne me situe pas dans la compétition ou le rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon", a-t-il prévenu. La recomposition de la gauche est loin d'être achevée. 

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