Benoît Hamon favori de la primaire : et maintenant, quelle stratégie pour Jean-Luc Mélenchon ?

Benoît Hamon favori de la primaire : et maintenant, quelle stratégie pour Jean-Luc Mélenchon ?
Élections Européennes 2019

GUERRE DES GAUCHES - Jean-Luc Mélenchon s’est réjoui ce lundi du "flop" de la primaire de la gauche et de la mobilisation en demi-teinte des électeurs au premier tour. Mais la première place de Benoît Hamon, frondeur du PS, n’est pas une bonne nouvelle pour lui. Si elle se confirme au second tour, comment pourra-t-il faire pour s’imposer comme le seul candidat crédible à la gauche de la gauche pour mai 2017 ?

Comment Jean-Luc Mélenchon va-t-il pouvoir s'imposer comme le meilleur candidat de la gauche pour l'élection présidentielle ? La question se pose lundi au lendemain du premier tour de la primaire organisée par le PS, qui a placé Benoît Hamon aux avant-postes. Une victoire du socialiste frondeur dimanche prochain promettrait en effet un espace électoral plus réduit à Jean-Luc Mélenchon. Mais le candidat soutenu par le PCF pour la présidentielle prépare déjà ses arguments pour  décrédibiliser son probable futur adversaire aux yeux de la gauche. 

Tout d’abord, il insiste sur la participation plutôt médiocre enregistrée au premier tour de la primaire (un peu plus d’1,6 million de votants dimanche soir). Dans un billet publié sur son blog ce lundi, il écrit : "Rien ne pourra effacer la réalité : le déclin du PS est irréversible".  Il prédit ensuite que "la désertion du premier cercle des électeurs est annonciatrice de celui du grand nombre le jour du vote". Il estime dans ces conditions que le vainqueur de la primaire n'aura pas d'autre choix que de se rallier à Emmanuel Macron ou à lui-même. "D’ici quelques jours, l’hémorragie vers Macron va s’amplifier. D’autres viendront vers nous. Ce n’est pas du débauchage, c’est de la clarification. Et cette clarification est le propulseur le plus puissant pour arriver au deuxième tour".

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Dans les jours à venir, Jean-Luc Mélenchon devrait continuer d'affirmer ses différences avec les deux candidats du PS, mais principalement avec Benoît Hamon. Car c'est bien la victoire de ce représentant de l'aile gauche du PS, qui souhaite une renégociation des traités européens, qui défend l’écologie et qui a fait du revenu universel sa mesure phare, qui constituerait une menace pour lui. L’ancien ministre de l’Education risquerait de lui grignoter quelques voix, même si le député européen est aujourd'hui bien mieux placé que le candidat issu de la primaire dans les sondages (entre 13% et 15% des intentions de vote). 

Jean-Luc Mélenchon ne devrait donc pas hésiter à rappeler à Benoît Hamon qu’il a participé au quinquennat de François Hollande, et que contrairement à lui, il ne représente pas la vraie gauche, hors des luttes d’appareil. Quant à ses attaques envers Manuel Valls, elles sont toutes trouvées :  l'ancien Premier ministre est indissociable du bilan du quinquennat de François Hollande.

Dans les jours et les semaines qui viennent, Jean-Luc Mélenchon devrait donc répéter qu’il est la seule issue possible à la gauche de la gauche pour l’élection présidentielle. Et il continuera d’affirmer que la seule option qu’il acceptera sera celle d’un désistement du candidat PS en sa faveur. 

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