Taxer les robots ? Le milliardaire Bill Gates défend l'idée de Benoît Hamon

ROBOTISATION - Le fondateur de Microsoft, Bill Gates, estime nécessaire de taxer les machines pour financer les emplois non rentables. Un soutien inespéré pour Benoît Hamon, qui propose lui aussi d'imposer les machines pour financer le revenu universel.

L’idée de taxer les robots, imaginée par Benoît Hamon, pour financer sa mesure phare, le revenu universel, vient de recevoir un soutien inattendu. Et pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du milliardaire américain Bill Gates. Anticipant le recul du travail humain en entreprise, remplacé progressivement par l’introduction de robots, le cofondateur de Microsoft estime, lui aussi, qu’il est nécessaire de taxer les machines pour financer les emplois non rentables. 


"Ce que le monde veut, c’est saisir cette opportunité de continuer à produire les biens et services que nous avons aujourd’hui et libérer une force de travail, améliorer la manière dont nous tendons la main aux personnes âgées, d’avoir des classes avec moins d’élèves, d’aider les enfants avec des besoins spécifiques. Toutes ces choses où l’empathie et la compréhension humaine sont encore tout à fait remplaçables", explique le milliardaire dans un entretien au site américain Quartz.

Pour le vainqueur de la primaire de la gauche, une telle réforme de la fiscalité permettrait de récolter une partie des 300 milliards d'euros par an que nécessiterait, d'après lui, le revenu universel. Dans l’esprit de Benoît Hamon, ce revenu minimum donnerait à chaque Français l’équivalent de 535 euros par mois, avant de passer à 750 euros sur le long terme. Il aurait pour but de financer ses études, prendre un emploi partiel ou se consacrer à l'accompagnement d'un enfant ou d'un parent dépendant.

Il est important d'avoir des politiques pour accompagner ce phénomènele fondateur de Microsoft Bill Gates

Pour Bill Gates, c'est aux politiques de prendre la mesure du problème : "Nous franchissons le seuil de la destruction d'emplois dans certaines activités presque d'un seul coup. Le travail en entrepôt, les chauffeurs, le nettoyage... Il y a tout un tas de secteurs laborieux très significatifs pour lesquels, d'ici vingt ans, il faut réfléchir à la manière dont ils seront impactés. Il est important d'avoir des politiques pour accompagner ce phénomène", estime le milliardaire américain. 


Ce que propose Benoît Hamon (et donc Bill Gates) n'est pourtant pas inédit. En juin dernier, un rapport du Parlement européen suggérait que les robots soient considérés comme des personnalités électroniques, en prônant la création d'une personnalité juridique. L'eurodéputée Mady Delvaux propose que les entreprises communiquent sur "les économies réalisées en cotisations de sécurité sociale grâce à l'utilisation de la robotique en lieu et place du personnel humain".

La France en retard sur la robotisation

Cependant, cette idée de taxer les robots soulève aussi des objections très solides. Et notamment le fait que cela aurait pour effet de ralentir le développement de l’automatisation. Or, même si l’achat et la mise en œuvre de robots dans l’économie s’accélèrent depuis deux ou trois ans, la France est déjà en retard dans ce domaine. Actuellement, on compte un peu plus d’un robot pour 100 emplois, alors que c’est presque deux aux Etats-Unis, deux et demi en Allemagne, et même trois au Japon.


Benoît Hamon a réagi aux déclarations du milliardaire américain ce samedi en début de soirée dans un message posté depuis son compte Twitter : "Ravi de voir que Bill Gates partage ma proposition de création d'une taxe sur la richesse créée par les robots", a commenté le candidat à la présidentielle.

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