Boutih, Le Guen... il n'y a pas que Valls qui risque d'être exclu du PS

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
ENTRE DEUX FEUX - Manuel Valls n'est pas le seul socialiste pro-Macron à être dans une position inconfortable. D'autres poids lourds du PS qui n'ont pas épargné Benoît Hamon pendant la campagne présidentielle risquent désormais l'exclusion du parti, sans être sûr d'être accepté dans le parti présidentiel.

La campagne pour les élections législatives n'est pas entamée qu'elle pourrait déjà faire ses premières victimes. Il y a Manuel Valls, évidemment, qui est au coeur d'une procédure d'exclusion du Parti socialiste, entamée le 6 avril, quelques jours après qu'il a ouvertement critiqué Benoît Hamon et appelé à voter Emmanuel Macron dès le premier tour de l'élection présidentielle. L'aventure serait anecdotique si, au-delà de cette exclusion - que ne voyait pas venir l'intéressé mardi 9 mai -, l'accueil que lui réservent les cadres d'En Marche ! n'était pas si glacial.

Il y a aussi Bruno Le Maire, ancien ministre et prétendant à la candidature LR pour l'élection présidentielle, menacé par François Baroin, leader du parti pour les législatives, de se voir opposé un candidat face à lui, après que l'ancien ministre de l'Agriculture a fait part de son envie de participer à la majorité présidentielle.

Quel sort pour les frondeurs de l'aile droite du PS ?

Mais il n'y a pas que des premiers couteaux à subir la pression de leur parti. Ainsi, du côté du Parti socialiste, plusieurs membres de l'aile sociale-libérale sont en ce moment dans l'attente de leur investiture par En Marche ! ou, moins avancés, dans l'hésitation. 


Quid de Malek Boutih, député sortant de l'Essonne, qui a indiqué mardi 9 mai avoir fait sa demande "dimanche par internet", sacrifiant à la sacro-sainte lettre de motivation exigée par "La République en marche" ? Ou de Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat en charge du Développement défendant le choix de Manuel Valls et s'inscrivant "pleinement dans la majorité présidentielle" ?


De Didier Guillaume, ancien directeur de campagne de Manuel Valls pour la primaire de la Belle alliance populaire, qui a appelé le PS, mardi 9 mai sur CNews, "à se regrouper derrière le programme présidentiel d'Emmanuel Macron pour les législatives" ? Ou de Gilles Savary, député girondin (sans plaisanterie) qui "préférerait être candidat En Marche !" mais n'a "pas l'assurance d'être investi". 


Interrogé par LCI, le PS renvoie à ses statuts : "De fait, s'ils sont investis par La République En Marche !, ils ne pourront pas avoir de double investiture et seront mécaniquement exclus du PS." Mais peuvent-ils, en cas d'échec dans leur tentative d'investiture macronienne, espérer un beau geste de la part de Solférino ? "Ce sera au cas par cas", répond le Parti, sans donner davantage d'explications.

Une affaire de gros sous

Un semblant de fermeté qui, finalement, permet au Parti socialiste de sauver la face - à défaut de sa majorité - et, surtout, lui offre une porte de sortie sur le plan financer. En effet, pour éviter la catastrophe financière liée à la multiplication des candidatures de la gauche radicale jusqu'au centre-gauche, il compte sur un précieux subside : les sept euros que rapportent chaque voix supplémentaire au-delà des 1% obtenus dans au moins 50 circonscriptions, explique le député apparenté socialiste René Dosière à Marianne.


D'ailleurs, au PS, où l'on ne perd pas le nord, la stratégie est claire : ménager En Marche !. Le Parisien raconte ainsi que, dans les circonscriptions où se présenteront les poids-lourds macroniens, le PS a décidé d'envoyer les candidats des partis partenaires (Europe Ecologie Les Verts, PRG et UDE). A Lyon, chez Gérard Collomb, aucun PS. Idem face à Christophe Castaner et Richard Ferrand. 

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