"C’est un vrai plaisir de revenir sur cette île !" : mais que va donc faire François Fillon à la Réunion ?

VISITE - En plein affaire Penelope, François Fillon est en déplacement de trois jours à la Réunion, à partir de ce samedi. Que va-t-il y faire ? Et surtout : faut-il aller à la Réunion pour être élu ?

"Fillon, président, président !" C’est par des cris de joies, des rythmes de djembe chaloupés et de grandes embrassades que François Fillon a été accueilli à l’aéroport Roland-Garros, à la Réunion, ce samedi matin. "C’est un vrai plaisir de revenir sur cette île que je connais bien, car j’y vais souvent", a glissé aux caméras le candidat Les Républicains à la présidentielle, après avoir donné de longues accolades aux membres de son comité d'accueil. "Elle est un symbole de la grandeur de la France, mais aussi un résumé des maux de notre pays, le chômage et l’insécurité. Je viens pour présenter mon projet." 


François Fillon n’est pas encore vraiment sorti de l’affaire Penelope Fillon, mais il est déjà retourné sur le terrain. Il commence ce samedi un séjour de trois jours à la Réunion. Au programme, entretiens avec les élus de droite, meeting, visites autour des questions économiques.

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François Fillon chaleureusement accueilli à son arrivée à La Réunion

Une étape obligée du parcours

Mais que va donc faire François Fillon, à 9.000 km de la métropole, alors qu’il est pris en pleine tempête des soupçons d'emplois fictifs de son épouse et de deux de ses enfants ? Prendre un peu l'air ? D’abord, sûrement, montrer qu’il ne veut pas se laisser "abattre", comme il l'a dit, et qu’il est toujours bien présent.


Mais aussi parce que pour nombre de prétendants à l’élection présidentielle, le détour par la Réunion semble être une étape obligée du parcours. En 2012, s’y sont succédé Jean-Luc Mélenchon, François Hollande, Nicolas Sarkozy ou encore Marine Le Pen, qui y avait été bousculée. Cette année, en 2016, Marine Le Pen est déjà allé en Guyane, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon sont allés faire leur tour à la Martinique en décembre. C’est en passe de devenir une règle d’or : tout candidat à la présidentielle prévoit un déplacement dans l'un des DOM-TOM pendant sa campagne électorale. Mais pourquoi donc ?

Réservoir de voix

Les DOM-TOM représentent d’abord un petit réservoir de voix. Pas énorme, mais quand même. Selon les chiffres de l’Insee, les Outre-marins représentent en effet environ 1, 8 millions d’habitants dans les départements d’outre-mer hors Mayotte, et autant d'électeurs potentiels, sans compter la diaspora, évaluée à plus de 1 millions de personnes. Le vote ultra-marin a par ailleurs la particularité de se répartir généralement entre les deux grands partis, les Républicains et le PS, le FN y étant faible. Historiquement, la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie ainsi que Wallis-et-Futuna sont majoritairement à droite tandis que les Antilles, La Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon sont plutôt ancrés à gauche.


Par rapport à l’ensemble national, le poids des électeurs d'Outre-mer pèse peu (environ 4 % des suffrages). Mais en allant sur place, la démarche des candidats est aussi symbolique, marquant en quelque sorte le lancement de leur campagne au niveau national. Il s'agit aussi, avec ce déplacement, de motiver les troupes locales du parti et, en bon candidat, montrer qu'on a de l'intérêt pour toutes les couches de la population, y compris les plus modestes - à la Réunion, 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec environ 1.000 euros par mois.  

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"C'est un vrai plaisir de revenir sur cette île !" : François Fillon est arrivé à La Réunion

Pour François Fillon, l'objectif est donc de convaincre les Réunionnais, qui avaient voté majoritairement pour François Hollande en 2012, que "parmi tous les candidats", il est "le plus déterminé à faire bouger les choses". Il a promis qu'il déroulerait son "projet" pour lutter contre le chômage et l'insécurité, deux fléaux de l'île.


Pendant trois jours, François Fillon va tout labourer. Il a d'abord prévu de s’entretenir avec les élus de droite et du centre de l'île. Dimanche matin, il assistera à la messe dominicale de l'église de Saint-Gilles. Puis entamera un des points d'orgue de sa visite : un meeting prévu à Saint-Pierre en fin d'après-midi. Lundi matin, François Fillon, qui loue "l'admirable coexistence entre les différentes confessions religieuses" de l'île, prévoit de visiter "la plus vieille mosquée de France" à Saint-Denis, puis de rencontrer le Groupe de dialogue interreligieux.  


Au programme également, des visites d'entreprises et de start-up autour de thèmes économiques, alors que La Réunion est "confrontée à de lourds problèmes économiques et sociaux qu'il faut affronter avec lucidité et audace".  Et, petit plaisir avant son départ pour Paris lundi soir, l'ex-Premier ministre, réputé pour sa passion de la course automobile, ira visiter le circuit de course Félix-Guichard à Sainte-Anne.

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