Cannabis, on légalise ? Ce que veulent les candidats de la primaire à gauche (qu'ils aient fumé ou non)

DROGUE - C'est un des sujets de division entre les candidats de la primaire de la gauche. Certains sont favorables à une légalisation du cannabis, d'autres s'y opposent. Qui est "pour", qui est "contre", qui en a déjà fumé ? Voici les positions des uns et des autres.

Le débat traverse la gauche depuis 30 ans. Il ne semble pas encore prêt de trouver une issue unanime. Deux camps s'affrontent en effet parmi les 7 candidats à la primaire de la gauche qui débattaient dimanche sur BFM-TV : ceux favorables à la dépénalisation, voire à la légalisation du cannabis, et ceux qui y sont totalement opposés.


Du côté des "pour", Sylvia Pinel. La candidate du PRG souhaite une "légalisation" pour des enjeux de "santé publique mais aussi de sécurité". Elle argumente : "La vente de cannabis doit être encadrée pour assécher les trafics". François de Rugy compare la situation du cannabis avec celles du tabac ou de l'alcool : "On n’imagine pas une seconde de la prohibition sur le tabac et l’alcool", avant de lancer : "Dans les bureaux de tabac, on trouve tout ce qu'il faut pour faire un joint, sauf le cannabis".


Benoît Hamon est, lui aussi, en faveur d'une légalisation : "Il faut légaliser la distribution de cannabis et mettre les moyens sur la prévention". "Le cannabis peut conduire à des addictions extrêmement graves" et sa consommation doit être combattue, a-t-il insisté, promettant de consacrer à la prévention les 500 millions d'euros consacrés actuellement selon lui à la répression.

Sur le cannabis, il faut rompre avec une politique du tout-répressif qui ne marche pas. La prohibition est strictement inefficace : le nombre de consommateurs n'a cessé d'augmenter !Benoît Hamon

Valls et Montebourg contre la dépénalisation du cannabis

Plus modéré, Vincent Peillon se contente de proposer un "débat sur la dépénalisation du cannabis avec les Français, en écoutant les personnels de santé et de sécurité". 


Du côté des "contre", on retrouve Arnaud Montebourg. Il exprime "quelques réticences" : "Ce n'est pas aux politiques publiques d'autoriser la consommation de produits nocifs".  "Je pense inutile que l'élection présidentielle se déroule autour d'un sujet de cette nature", a-t-il ajouté.



Manuel Valls, lui, explique son point de vue : "Une politique de santé publique s’appuie sur la prévention. Il faut des interdits dans nos sociétés."  "Si vous légalisez le cannabis, vous aurez de toutes façon un cannabis plus dur, coupé autrement, qui alimentera d'autres trafics", a-t-il dit. "Donc, de toute façon, les trafics vont continuer et ce sera encore plus difficile en matière de santé publique."    

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Valls sur le cannabis : "Je ne suis pas d'accord pour la légalisation et encore moins pour la dépénalisation"

Bennahmias : "Ça m'est arrivé !"

Puis il y a Jean-Luc Bennahmias. Ce dernier dénonce "40 ans d’hypocrisie" face à ces "millions" de Français qui ont déjà consommé du cannabis. Bennahmias s'agace : "La police a autre chose à faire que de s’occuper de petits dealers et de petits fumeurs". Et lorsqu'un des journalistes plaisante : "On ne va pas vous demander à chacun si vous avez déjà fumé du cannabis", il rétorque quand même : "Ça m'est arrivé !".

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Jean-Luc Bennahmias : "Il y a deux utilisations du cannabis et l'une est oubliée dans notre pays"

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Primaire à gauche : Hamon-Pinel, deux visions différentes sur la question du cannabis

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