Chômage : comment Myriam El Khomri tente de justifier les hausses au fil des mois

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La baisse du chômage, promesse risquée de Hollande

ÇA VA MIEUX - Après la nouvelle hausse du chômage en août, Myriam El Khomri invoque la crise du secteur touristique. Et pour les mois précédents, il y avait toujours une raison. Pas facile, décidément, d'être ministre du Travail.

Loin de s'inverser, comme le souhaitait François Hollande, la courbe du chômage dessine des montagnes russes. Les demandeurs d'emplois de catégorie A viennent de connaître un bond redoutable en août, soit 50.200 personnes en plus. Depuis le 1er janvier dernier, la ministre du Travail, déjà chahutée lors des débats sur la loi Travail, doit composer avec des tendances parfaitement contradictoires. Tout en essayant de distiller le mot d'ordre du gouvernement : "Oui, la situation de l'emploi s'améliore en France". Voici comment elle s'emploie depuis janvier à cet exercice impossible. 

Fin 2015 : ça va mieux

Au début de l'année 2016, dernière année pleine du mandat de François Hollande, le président de la République commence à défendre son bilan. C'est le fameux "ça va mieux" qu'il théorisera un peu plus tard sur un plateau de télévision. Myriam El Khomri, embarquée dans le chaotique débat sur la loi Travail, ne cache pas son optimisme. Avec 27.100 chômeurs en moins en décembre se confirme "la tendance qui se dessine depuis l'été dernier. Le nombre de demandeurs d'emploi est stable sur les huit derniers mois".

Février 2016 : la faute à la "bascule"

En février, patatras. Le chômage rebondit brutalement avec 38.400 demandeurs en plus en catégorie A. C'est l'heure d'invoquer les effets statistiques. Pour la ministre du Travail, "cette augmentation s’explique en très grande partie par la bascule en catégorie A de personnes déjà inscrites à Pôle emploi mais qui exerçaient une activité (catégories B et C) les mois précédents".

Mars 2016 : c'est grâce au Pacte de responsabilité

Le mois de mars est bien meilleur. Pôle Emploi annonce 60.000 demandeurs en moins. Pour Myriam El Khomri, pas de doute : cette amélioration est "le résultat de l’amélioration graduelle de l’activité économique, qui s’est déjà traduite par une reprise des créations d’emploi en 2015, grâce notamment aux effets du Pacte de responsabilité et de solidarité" mis en oeuvre par son gouvernement.

Avril 2016 : non, ce n'est pas un bug technique

En avril, au coeur des critiques contre la loi Travail, Myriam El Khomri trouve de quoi se mettre un peu de baume au coeur : Pôle Emploi compte 19.900 demandeurs d'emplois en moins en catégorie A. Et quand bien même les experts mettent l'amélioration en partie sur le compte des "défauts d'actualisation" par les chômeurs eux-mêmes (ce qui rend le résultat plus artificiel), la ministre rappelle que, "depuis le début de l'année", la tendance est "bonne" avec 70.000 chômeurs en moins. 

Mai 2016 : la faute à la grève

Le joli mois de mai n'est pas si joli que cela sur le front de l'emploi : le nombre de chômeurs bondit de 0.3%. Les raisons invoquées alors (au doigt mouillé) par la ministre : "les mouvements de grève ont nécessairement eu un impact sur l'activité". Outre les manifestants anti-loi Travail, "l'effet inondation" serait l'autre responsable de la conjoncture, même si tout cela, reconnaît-elle, "n'est pas chiffré". 

Juin 2016 : vous ne regardez pas les bons chiffres

L'été s'annonce mal pour le gouvernement : au mois de juin, 5300 personnes se sont ajoutées aux listes de Pôle Emploi, toujours en catégorie A. La ministre préfère regarder une autre courbe et penser aux 40.500 chômeurs de longue durée en moins "depuis le début de l'année", grâce à "notre action ciblée". 

Juillet 2016 : "le fruit d'une politique volontariste"

Le début des vacances offre une bouffée d'air frais au gouvernement : 19.100 personnes sont sorties des radars de Pôle Emploi. La ministre décide de mettre cela au bilan du gouvernement. "Ces résultats globaux sont bien le fruit d'une politique volontariste et ciblée", insiste-t-elle, assurant que "l'accélération de la baisse du chômage demeure une priorité du gouvernement".

Août 2016 : c'est à cause du tourisme

Les chiffres du mois d'août, qui viennent de tomber, obligent la ministre du Travail à se contorsionner à nouveau. Le rebond est violent : 50.200 personnes en plus en catégorie A. Myriam El Khomri explique cette fois que cette flambée "peut s'expliquer par les difficultés rencontrées dans certains secteurs d'activité particulièrement affectés par les attentats de juillet", notamment le tourisme, l'hôtellerie et les loisirs. Elle avance une autre hypothèse : "l'augmentation inhabituelle du nombre d'actualisations des demandeurs d'emplois". 

Sur un an, le chômage n'a baissé pour l'heure que de 0.3%. Autant dire que les prochains mois seront cruciaux pour un président qui a demandé à être jugé sur ce résultat. La ministre du Travail ne devrait pas décompresser de sitôt. 

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