Christophe Boudot (FN) : "Nous sommes dans une logique d’implantation à Lyon"

Christophe Boudot (FN) : "Nous sommes dans une logique d’implantation à Lyon"

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INTERVIEW – Le candidat Front National aux municipales à Lyon évoque pour metronews les résultats du premier tour et annonce ses objectifs en vue du second. Entretien.

Comment analysez-vous les résultats du premier tour  ?
A Lyon, il y a un problème Collomb, avec une division à gauche. Il est moins fort qu’en 2008, paraît usé, même s’il pâtit un peu moins du refus du parti socialiste au niveau national que d'autres maires. De son côté, l’UMP s’est tassée et n’a pas fait les scores qu’elle prédisait. Le Front National a lui plus que relevé la tête puisque nous avons triplé nos scores par rapport à 2008 (12,19 % contre 4,15 %, ndlr). Nous nous installons comme la force principale d’opposition à Gérard Collomb.

Etes-vous surpris de faire de si bons scores ?
Non, c’était prévu. Nous savions que la dynamique nationale allait jouer en notre faveur. Et puis, cela fait un an que nous faisons campagne sur le terrain, et je pense que cela a payé. Tous nos candidats n’étaient pas connus mais cela a permis de mieux les identifier.

Mais n’était-ce pas d’abord un vote-sanction ou de colère ?
Quand on est dans l’opposition, c’est toujours, en partie, un vote de protestation contre le pouvoir en place. Mais maintenant, le vote Front National est bien plus qu’un vote de protestation, c’est un vote d’adhésion à tout un tas de propositions que nous avons faites. Le FN arrive à maturité, avec des thèmes très identifiés, comme les transports, la sécurité ou la fiscalité. Il y a une envie de Front National assez importante, même à Lyon, qui est une ville particulière et plus difficile pour nous.

"Gérard Collomb a déjà gagné la ville"

Quel est votre objectif pour le second tour ?
Il faut amplifier les scores du premier tour, les traduire en sièges, en nombre d’élus d’opposition. Nous visons une dizaine de conseillers d’arrondissements, et nous voulons entrer à plusieurs au conseil municipal, ou au moins y faire notre retour. Le mot d’ordre, c’est la mobilisation. Par exemple, dans mon arrondissement (le VIIIème, ndlr), un électeur sur deux n’est pas allé voter. A titre personnel, ce serait bien de faire 20 % afin de caler notre présence sur ce secteur (Christophe Boudot a réalisé 18,45 % au premier tour).

Comment expliquer votre très bon score personnel dans le VIIIème  ? Est-ce dû au fait d’être candidat à la mairie centrale ?
Ma personnalité a peut-être séduit les électeurs, puisque si je suis assez neuf en politique, je commence quand même à être identifié. Et puis, le maire Christian Coulon a fait le mandat de trop. Il y a beaucoup de problèmes de sécurité. J’en veux pour preuve le fait qu’une partie de l’arrondissement a été placée en ZSP (zone de sécurité prioritaire). Les gens se plaignent des incivilités quotidiennes. Ce n’est pas dans l’ADN du Parti Socialiste de s’intéresser à la sécurité. Gérard Collomb a annoncé vouloir mettre des caméras partout, même plus que nous, ce qui est assez cocasse. Mais il veut remplacer les personnels au sol. Nous voulons de la proximité, et créer une brigade de nuit.

Êtes-vous surpris par l’accord entre Gérard Collomb et les écologistes ?
Non, car politiquement, les écologistes devaient faire un accord sous peine d’être inaudibles. Mais les Lyonnais vont faire les frais de ce marchandage, en matière de transports ou de sécurité. Les Lyonnais ont donc tout à perdre dans cet accord. Qui d’Etienne Tête ou de Gérard Collomb a mangé son chapeau ?

Y a-t-il eu des contacts avec l’UMP en vue d’une éventuelle alliance ?
L’UMP ne m’a pas contacté et je ne l’ai pas contacté non plus. Nous sommes dans une logique d’implantation, et non pas d’alliance ou de magouille électorale. Il est évident que Gérard Collomb a déjà gagné la ville. Et ça, on le doit en partie à Michel Havard, qui ne s’est jamais opposé depuis six ans. Nous serons de véritables opposants. Aux Lyonnais de dire s’ils veulent une opposition faible et terne ou une opposition qui n'est soumise à aucun lobby ou association.

Justement, pourquoi vous en prenez-vous aussi souvent aux associations, notamment culturelles ?
Parce qu’à Lyon il y a un maillage d’associations, et plus de 2 500 d’entre elles sont subventionnées. Gérard Collomb gère la ville avec ses réseaux, notamment culturels. Certaines touchent des centaines de milliers d'euros d’argent public par an. Je ne veux pas leur disparition, mais il y a des priorités. Gérard Collomb s’est vendu au tout-culturel. Il faut garder de l’argent pour les crèches, ou la rénovation de bâtiments.
 

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