L'UOIF, ce "boulet" que Le Pen veut attacher à Macron

ÉCLAIRAGE - Comme on pouvait s'y attendre, la question du "soutien" de l'UOIF à Emmanuel Macron est arrivée sur table du débat de l'entre-deux-tours. Mais y a-t-il véritablement un lien entre cette fédération controversée d'associations musulmanes et le candidat d'En Marche !, comme veut le faire croire Marine Le Pen ?

En apportant son soutien à Emmanuel Macron (plus exactement, d'ailleurs, en appelant à "faire barrage aux idées de xénophobie et de haine"), l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) savait-elle combien de graviers elle mettrait dans les chaussures du candidat En Marche ! ? 


La question de ce soutien est en tout cas aujourd'hui posée avec force indignation par les cadres du Front national, leur candidate Marine Le Pen en tête, à l'approche du second tour de l'élection présidentielle, dimanche 7 mai.

Des liens avec les Frères musulmans difficiles à assumer

En effet, le Front national ne ménage pas ses efforts pour faire d'Emmanuel Macron le candidat du communautarisme. A l'instar de Marine Le Pen qui, mardi 25 avril sur TF1, l'accusait d'être "entre les mains des communautaristes [...] les plus dangereux, comme l'UOIF." Une déclaration qui s'appuie notamment sur les velléités et relations prêtées à cette fédération trentenaire qui réunit 250 associations musulmanes et prône "une lecture authentique et ouverte de l'islam".


Parmi ces relations, celles avec les Frères musulmans, dont l'UOIF, si l'on suit les accusations de représentants politiques tels que Marine Le Pen, mais aussi Christian Estrosi ou Manuel Valls, serait une vitrine hexagonale. Interrogé sur le sujet, le président Amar Lasfar nie cette présentation mais concède bien des liens entre les deux organisations. Porteuse d'un message conservateur et rigoriste, la confrérie internationale des Frères musulmans est soupçonnée de vouloir combattre en sous-main pour imposer en France un islam politique et contraire aux valeurs laïques de la France.

En Marche ! prend ses distances

Des accusations que ne nie d'ailleurs pas Benjamin Griveaux, porte-parole d'Emmanuel Macron, interrogé sur le sujet régulièrement. Sur RTL le 26 avril, il avait d'ailleurs concédé : "L'UOIF est une organisation qui regroupe environ 10% des mosquées françaises, et qui a une tendance très traditionaliste et très conservatrice. Est-ce que c'est notre conception d'un islam moderne ? La réponse est très clairement non."


En effet, l'UOIF traîne comme un boulet quelques polémiques liées à des invités lors d'un rassemblement, en février 2016, à Lille. A l'époque, elle avait dû déprogrammer en catastrophe trois orateurs aux discours particulièrement arriérés sur la place de la femme dans la société, quand ils ne s'avéraient pas ouvertement antisémites et homophobes.


Bref, un sujet éminemment sensible, alors que le Front national réclame à corps et à cri l'interdiction de l'UOIF. Cette dernière a beau dénoncer "un mensonge éhonté", assurant dans un communiqué, le 1er mai : "Nous avons du respect à l'égard d'Emmanuel Macron mais n'avons pas de liens particuliers avec son mouvement." Et le candidat d'En Marche ! dans tout ça ? Tout en promettant de se montrer "intangible et intraitable", il a sous-entendu que le FN voulait "la guerre civile" en "montant les Français les uns contre les autres". Pour le reste, il avait déclaré, en signe d'avertissement : "Si l'UOIF appelle à ne pas respecter les lois de la République, je la ferai interdire, et si l'UOIF respecte les lois de la République, je n'ai pas à l'interdire".

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