Parlementaires et syndiqués : pourquoi la comparaison de Marine Le Pen ne tient pas

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
FACTCHECKING - Lors du débat présidentiel, mardi 4 avril sur BFMTV et Cnews, Marine Le Pen a effectué un parallèle entre l'immunité parlementaire et le statut des "salariés protégés" grâce à leur statut syndical. Or, si le licenciement des représentants du personnel est observé de près, il n'en va pas de même pour une éventuelle convocation devant la justice.

C'était un argument en forme de riposte pour Marine Le Pen. Alors qu'en ce soir de débat présidentiel, Philippe Poutou vient de piquer au vif la présidente du Front national au sujet de son immunité parlementaire lui permettant d'éviter ses convocations chez le juge, la candidate frontiste s'est fendue d'une sortie sur les "salariés protégés". 


Elle a ainsi affirmé, mettant sur le même plan parlementaires et salariés : "Je note que monsieur Poutou doit être contre les salariés protégés, c'est-à-dire les procédures particulières pour protéger les salariés car ils ont un mandat syndical." Or, ce n'est pas aussi simple que ça. Et le parallèle entre une immunité aux yeux de la justice et le statut des élus syndicaux est loin d'être évident.


C'est tout simplement le site service-public.fr qui nous renseigne sur la protection du représentant du personnel. En réalité, l'élu syndical bénéficie d'une "protection spéciale contre le licenciement", dans le but d'éviter toute représaille de l'employeur et "de s'assurer que le licenciement n'a pas de lien avec ses fonctions représentatives".  Mais, à aucun moment, celui-ci ne peut se soustraire à la justice en raison de son statut de représentant du personnel. 

"Quand ils sont convoqués par la police, ils y vont"

Philippe Poutou a d'ailleurs tenu à contredire Marine Le Pen lors de sa prise de parole suivante, et ajouté que "les délégués syndicaux peuvent être révoqués". "Le Pen a encore sorti un mensonge, une fois n'est pas coutume", a-t-il déclaré. "Il n'y a pas de protection des délégués syndicaux. Aujourd'hui, des délégués syndicaux sont révoqués ou menacés de l'être dans la fonction publique, à Goodyear, ou à Air France. Quand ils sont convoqués par la police, ils y vont."

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