Flexibilité, investissements massifs, baisse du temps de travail... les armes des candidats contre le chômage

EMPLOI – Alors que François Hollande n’est pas parvenu à inverser la courbe du chômage durant son quinquennat, les candidats sont interrogés sur les mesures qu'ils préconisent pour faire baisser le nombre de demandeurs d’emploi ?

François Hollande s'apprête à quitter l'Elysée et le fléau du chômage continue de sévir en France. Quand le socialiste a débarqué à l’Elysée en mai 2012, le pays comptait près de 2,9 millions de demandeurs d’emploi. Presque cinq ans plus tard, plus de 500.000 personnes supplémentaires sont venues grossir les rangs de Pôle Emploi. 


Dans ces conditions, la lutte contre le chômage reste l’une des priorités dans l'esprit des Français. Les candidats à l’élection présidentielle ne l’ignorent pas et ont planché avec leurs équipes pour (enfin) trouver la martingale. LCI s’est penché sur leurs programmes pour savoir comment ils espèrent réussir là où François Hollande a échoué. 

Le pari "pro-entreprises" de Fillon

"Je vous propose un choc de compétitivité immédiat sur les premiers mois de 2017". Le candidat des Républicains fait des entreprises le levier du redressement économique et social de la France. Pour les aider, François Fillon promet de réduire leur fiscalité via un allègement de 35 milliards d'euros de leurs prélèvements : 25 milliards sur les cotisations sociales et impôts pesant sur la production et 10 milliards sur l'impôt sur les sociétés.


Cette diminution passera en particulier par la transformation du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) en allègement de charges définitif. L’ancien Premier ministre prévoit également de s'attaquer au droit du travail et d’assouplir les conditions de licenciement pour donner plus de flexibilité au marché du travail. Enfin, il veut mettre fin aux 35 heures et laisser les entreprises et les branches professionnelles décider du temps de travail afin d’accroitre leurs rentabilité. 


Pour inciter les demandeurs d'emplois à intensifier leur recherche, le candidat des Républicains souhaite aussi rendre dégressives les allocations chômage. 

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Macron veut miser sur la compétitivité

Le fondateur d'En Marche veut lui aussi concentrer ses efforts sur les entreprises, en baissant notamment le coût du travail pour accroître leur compétitivité. Et comme François Fillon, il entend fixer par la loi un socle de règles du droit du travail et renvoyer le reste à des négociations de branche et d'entreprise.


Emmanuel Macron prévoit en outre une baisse progressive de l'impôt sur les sociétés à 25%, le recentrage de l'ISF sur le patrimoine immobilier en excluant les éléments participant au financement de l'économie (actions, parts, titres d'entreprises) et la transformation du CICE en une baisse des cotisations sociales de six points.


L’ancien ministre de l’Économie compte enfin supprimer les charges sur les micro-entreprises et les autoentrepreneurs la première année et doubler les plafonds de chiffre d'affaires maximal, afin d’inciter davantage de Français à se lancer. Enfin, il veut suspendre les allocations chômage après deux refus d'offres "d'emplois décents"... tout en maintenant aux démissionnaires leurs allocations afin d'encourager l'initiative et la prise de risque.

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Hamon veut réduire le temps de travail

Le vainqueur de la primaire de la gauche n’entend pas être aussi généreux que François Fillon et Emmanuel Macron avec les entreprises. S’il est élu, il compte tout d’abord détricoter deux axes de la politique de François Hollande : la baisse du coût du travail et l'assouplissement du marché du travail, en abrogeant la loi El Khomri.


Le candidat socialiste veut en effet conditionner le CICE à des résultats sur l'emploi et la réduction du temps de travail, dont il fait un levier pour la création d'emplois. C’est pourquoi une nouvelle loi Travail sera rédigée pour encourager la réduction du temps de travail, avec un mécanisme d'incitation permettant aux entreprises qui la mettent en oeuvre de bénéficier de baisses de cotisations sociales.


Prophétisant la raréfaction du travail en raison du progrès technologique, il entend aussi taxer les robots intelligents. Loin d'empêcher l'innovation, celle-ci viendra abonder un "fonds de transition travail", dédié à financer la formation et le retour à l'emploi des chômeurs. On notera également un objectif de 500.000 emplois dans le secteur de l'économie sociale et solidaire, dont il a été le ministre. Enfin, pour aider les PME et les TPE, il a repris une proposition d’Arnaud Montebourg qui consiste à leur réserver 50% des marchés publics.

La carte "souverainiste" pour Marine Le Pen

Face au chômage, la présidente du FN veut accorder la priorité aux TPE et PME dans les politiques publiques, par exemple à travers le crédit impôt recherche, pour "rompre avec l'égalité de traitement entre les PME et les entreprises du CAC 40". Pour soutenir les entreprises françaises face à "la concurrence internationale déloyale", Marine Le Pen souhaite également s'affranchir des règles européennes, pour établir notamment des mesures de protectionnisme.


Ainsi, elle envisage de taxer l'importation de biens issus d'usines délocalisées et soutenir le "fabriqué en France" par un étiquetage obligatoire. Elle promet aussi un plan de réindustrialisation et l'allègement des cotisations sociales, en transformant le CICE en baisse pérenne. Ces baisses de charges seraient toutefois conditionnées au maintien de l'emploi.


L’eurodéputée compte étendre le taux réduit de l'IS (15%) à toutes les TPE et PME jusqu'à 75.000 euros de bénéfices (contre 38.120 euros aujourd'hui). Au-delà, les PME seront assujetties à un taux d'impôt sur les sociétés intermédiaire à 24%. La présidente du FN entend par ailleurs taxer l'embauche de salariés étrangers et supprimer la directive sur le détachement des travailleurs.

Mélenchon souhaite définanciariser l’économie

Le candidat de la France insoumise mise quant à lui sur un plan de relance massive pour dynamiser l’emploi. Il dit vouloir injecter 100 milliards d'euros "dans l'économie pour des investissements écologiquement et socialement utiles" et réorienter le CICE vers "la transition énergétique et les activités socialement utiles".


Jean-Luc Mélenchon suggère également de remettre à plat l'ensemble des aides publiques et des exonérations d'impôt ou de cotisation accordées aux entreprises afin d’évaluer leur efficacité. Comme la plupart des candidats, il veut soutenir les PME en facilitant notamment leur accès au crédit. A l’instar de Benoît Hamon, la réduction du temps de travail peut également contribuer à faire baisser le chômage selon lui.


Estimant que "relancer l'économie ne suffira pas à créer des emplois si les logiques financières continuent de dominer", il prévoit d’interdire les licenciements boursiers et le versement de dividendes dans les entreprises ayant recours à des licenciements économiques. Mais pour mener à bien son projet, il devra faire modifier les règles de l'Union européenne et de la Banque centrale européenne. S’il n'y parvient pas, il se dit prêt à faire sortir la France de l’UE. 

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