"Romantique", "golden boy", "candidat de rêve"... Le phénomène Macron vu de l'étranger

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
WHO ? - Depuis plusieurs semaines, Emmanuel Macron fait la Une des journaux en France mais aussi à l'étranger. L'enjeu de la présidentielle mais aussi la personnalité et le profil du candidat en ont fait l'homme politique à suivre.

Ce dimanche 7 mai, le monde entier était rivé sur l’élection présidentielle française. Littéralement, d’Australie à la Colombie en passant par nos voisins européens. Preuve en est : la couverture médiatique. Des centaines de journalistes étrangers ont déferlé sur la capitale pour suivre, aux côtés de la presse française, les résultats en direct. Tous attendaient de savoir si la vague de populisme, qui gronde de plus en plus aux quatre coins du globe, allait s’arrêter aux portes de l’Europe. Mais pas que. Le personnage Emmanuel Macron y est aussi pour quelque chose. Son jeune âge, sa personnalité, son parcours atypique, son peu d’expérience, autant d’ingrédients qui en ont fait ce que l’on appelle dans les médias "un bon client".

"Le Kennedy du XXIe siècle"

De nombreux journalistes n’ont pas hésité à mettre en avant la jeunesse et le charisme du tout nouveau président en le comparant à d’illustres chefs d’Etat. Le journal allemand Süddeutsche Zeitung voit en lui un "Barack Obama français". Emmanuel Macron "incarne la nouveauté, l’aube, l’espoir". Des sentiments proches de ceux vécus par le peuple américain à l‘arrivée du premier président noir des USA. 


Pour le quotidien roumain Romania Libera, l’ancien ministre de l’Économie représente également "le Kennedy du XXIe siècle". Même "dépourvu d’expérience politique", il est à ses yeux "extrêmement charismatique et ambitieux". Au Brésil (Fohla), on considère également que "Macron ravive l’espoir face au sentiment du déclin", même si on ne lui attribue qu'"un charisme de gérant de banque de ville moyenne". 

"Le golden boy qui lit Goethe"

C’est aussi son côté "romantique" qui a charmé de nombreux médias étrangers. "C’est un personnage intéressant", remarque Mark Burrows, journaliste pour la chaine australienne Channel 9. "Ce lycéen de 16 ans qui épouse sa professeure, c’est un plus !" Au-delà de sa vie amoureuse, largement commentée en dehors de nos frontières, le profil de cet ancien étudiant en théâtre ne laisse pas indifférent. 


"Diplômé de l’ENA et inspecteur des finances, il est aussi pianiste, poète et philosophe. L’homme parfait. Le candidat de rêve", estime sans sourciller le quotidien espagnol El Mundo. C’est même son attrait pour la philosophie qui lui aurait "permis de compenser sa formation de technocrate et la tiédeur de ses idées politiques". Un attrait souligné également par le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung qui titrait en février dernier "le golden boy qui lit Goethe". "Inaugurer une nouvelle époque en France, voilà qui ne déplairait pas à Macron. Et le titre de son livre, Révolution, donne la mesure de son ambition", estimait-il alors.

"Un jeune homme avec un faux air timide, qui n’a pas fait de politique auparavant"

Mais tous ne sont pas si enthousiastes. "Un titre de livre ne fait pas la révolution", note ainsi le quotidien autrichien Der Standard. "Pour savoir s’il a l’étoffe d’un JFK, d’un Tony Blair ou d’un Gerhard Schröder français, attendons les cinq prochaines années." Des doutes que l’on retrouve chez le journaliste britannique et confondateur du site Reaction, Iain Martin. "J’ai quand même une petite inquiétude. Comme une impression de déjà-vu. Un homme jeune, souriant et charismatique prend ses fonctions, les foules enthousiastes. Tony Blair… Barack Obama…"


Car la tâche est ardue pour le nouveau président français. Si grande que le Tageszeitung allemand le surnomme "le nouvel Hercule français". Le magazine colombien Semana lui colle de son côté l’étiquette de "nouveau symbole de la lutte contre la tendance à la désintégration de l’Union européenne". Rien que ça. Et certains se demandent si Emmanuel Macron aura les épaules assez larges. La presse roumaine (Adevarul) voit en lui un "jeune homme avec un faux air timide, qui n’a pas fait de politique auparavant". 


Un manque d’expérience souligné de toutes parts et qui fait dire au journal britannique The Spectator que "ce jeune prétendant va droit à la catastrophe". Si son ambition de "créer une nouvelle forme de politique" est bien réelle, le jeu politique devrait pourtant le conduire à "une bonne dose de marchandage à l’ancienne" pour obtenir une majorité à l’Assemblée. "Les idéalistes d’En Marche! auront du mal à digérer les alliances inévitables avec d’autres partis", regrette-t-il. Enfin, sans grande surprise, il se fait tacler par la presse russe. Le site Vzgliad estime que "le mondialiste Macron ne fait pas partie de ceux qui sont capables d’aller au-delà des belles formules pour vraiment défendre les intérêts nationaux."

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