Elections européennes : Les Verts ont-ils créé la surprise grâce au vote des jeunes?

Élections Européennes 2019
LA VIE EN VERT - Avec des résultats à deux chiffres aux élections européennes, les Verts ont repris des couleurs en France et à l'étranger ce dimanche. Pour expliquer ce score, de nombreux représentants politiques ont salué l'engagement de la jeunesse. On vous explique pourquoi.

We Love Green n’est plus qu’un festival de musique parisien. C’est aussi ce que 13% des électeurs français ont voulu exprimer en se rendant aux urnes ce dimanche 26 mai pour les élections européennes. Arrivée en 3e place, et en tête des formations de gauche, la liste d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) impose la question du climat comme thème de préoccupation majeur au parlement européen. Pour saluer cette victoire, Yannick Jadot, la tête de liste, a tenu à saluer ses soutiens, et notamment les jeunes, qui se seraient "emparés de ce scrutin".

Un "effet Greta Thunberg"?

Et de fait, les remerciements sont de mises. Les sondages s’accordent : ce sont bien les jeunes qui ont permis aux écolos de créer la surprise. La liste EELV a été plébiscitée, chez les 18-24 ans, à hauteur de 22% et de 16% chez les 25-34 ans, selon Harris interactive. Premier parti des nouveaux électeurs, il s’est propulsé durant la campagne, poussant la quasi-totalité des listes à remettre de l’écologie dans leur programme. Et ce, grâce à ce que les analystes surnomment désormais "l'effet Greta Thunberg". Un qualificatif du nom de la militante suédoise de 16 ans qui appelle sa génération à sécher les cours partout sur la planète afin d’alerter les responsables politique sur les enjeux écologiques. 


Depuis, un bon nombre de citoyens ont pris la relève, dont une partie a désormais le droit de vote, et placent l'avenir de la planète au cœur de leurs convictions. "Les élections montrent que nous ne mettons pas la crise climatique seulement à l'agenda de la rue mais aussi dans les bureaux de vote", s'est ainsi félicitée sur Twitter Luisa Neubauer, une étudiante de 23 ans, surnommée "la Greta allemande". Après avoir fait converger des centaines de milliers de jeunes dans des manifestations, le mouvement "Youth for climate " s’est donc invité dans les urnes. 

Outre ce simple "effet", c’est surtout la véritable inquiétude du futur de notre planète qui a poussé les plus jeunes à se rendre dans leur bureau de vote. Il faut ainsi relever que, si le taux de participation a atteint son niveau le plus élevé depuis vingt ans, ce constat est particulièrement marqué chez les plus jeunes. Ainsi, bien que l’abstention reste haute, près de 40% des 18-24 ans ont glissé un bulletin dans l'urne. C’est bien plus qu’aux dernières élections européennes. Selon le même institut de sondage (IPSOS), les moins de 35 ans n’étaient alors qu’un quart (27%) à voter en 2014. 


Car au-delà des nouvelles figures de la cause écologique, l’écrasante majorité des jeunes angoissent face à la situation environnementale actuelle. Ainsi, d’après une étude Diplomeo, 94% d’entre eux se disent "inquiets", et 61% même "très inquiets". Une préoccupation que la psychologue Laurie Hawkes analyse pour LCI comme une "réaction aux générations plus âgées qui ne réagissent guère et chez qui ils perçoivent une démission de leur part." Quoi qu’il en soit, cette nouvelle génération donne des ailes aux Verts dans de nombreux pays d’Europe. Résultat : les écologistes passent de 50 à 70 sièges à Bruxelles. 

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