RN en tête, poussée verte, échec de la droite : les enseignements des élections européennes

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Elections européennes 2019 : l'heure des résultats

BILAN - Participation en nette hausse par rapport à 2014, Rassemblement national en position de leader, surprise chez les écolos... Voici les premiers enseignements des élections européennes du 26 mai 2019.

Des scores attendus, mais aussi des surprises de taille. En plaçant le Rassemblement national en tête du scrutin des européennes ce dimanche 26 mai, devant la liste de la majorité, les électeurs français ont confirmé une tendance annoncée depuis plusieurs semaines dans les sondages.

En revanche, avec une participation en nette hausse par rapport aux européennes de 2009 et de 2014, et en choisissant de placer les écologistes d'EELV en tête des listes de gauche, ils ont aussi déjoué de nombreux pronostics. A l'heure des résultats, LCI tire les premiers enseignements. 

La participation en nette hausse

L'une des surprises du scrutin est la hausse de la participation, qui atteint 50.4%. Plus de six points au-dessus du scrutin de 2014, et dix points au-dessus de celui de 2009. 

Pour trouver un niveau de participation semblable, il faut remonter aux élections européennes de 1994 (52,7%). Ce rebond n'avait pas été mesuré dans les intentions de vote publiées par les instituts de sondage, qui tablaient sur une participation identique aux derniers scrutins, dans un contexte où les Français semblaient particulièrement indécis. 

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RN remporte le duel face à LaREM

La bipolarisation de la campagne des européennes au profit des deux mouvements politiques en tête, RN et LaREM, a tourné à la faveur du mouvement de Marine Le Pen. Avec 23.7% des voix, selon les estimations à 21 heures, la liste conduite par Jordan Bardella devance celle de Nathalie Loiseau (22.4%). Un coup dur pour Emmanuel Macron, qui s'était investi personnellement dans le débat ces derniers jours afin de faire mentir les sondages, qui annonçaient peu ou prou ce résultat. 

Du côté du RN, si la victoire n'est pas écrasante, elle remet en selle Marine Le Pen, qui avait été déstabilisée par son échec lors du second tour de l'élection présidentielle, et confirme la bonne visibilité de la campagne menée par Jordan Bardella, un candidat de 23 ans jusqu'ici peu connu du grand public. A l'arrivée, le RN, qui demande à Emmanuel Macron de "dissoudre l'Assemblée nationale", devrait remporter à Strasbourg un nombre de sièges comparable à ceux obtenus en 2014, scrutin que ce mouvement politique avait déjà remporté. 

EELV, première force de gauche, LFI loin derrière

Déjouant toutes les prévisions, la liste écologiste conduite par Yannick Jadot est la grande gagnante du scrutin à gauche. Créditée depuis le début de la campagne de 7 à 8%, elle parvient à se hisser à 13.2% des voix, selon les estimations à 21 heures, soit la garantie d'obtenir 12 à 15 sièges au Parlement européen. Un résultat en hausse de plus de trois points par rapport à 2014. Le succès d'EELV fait écho à celui d'autres listes écologistes européennes, à commencer par les Verts allemands, qui ont réalisé un score historique (21,80%). De quoi laisser Yannick Jadot espérer la constitution du groupe politique influent au Parlement - plus de 70 eurodéputés selon les premières projections du Parlement européen.

A la performance des écologistes répond la contre-performance de La France insoumise. La liste conduite par Manon Aubry parvient à 6,3% des suffrages, quand les sondages la créditaient systématiquement de 9% d'intentions de vote. La candidate du parti de Jean-Luc Mélenchon avait enregistré un bon début de campagne, avant de reculer légèrement puis de stagner dans les sondages. 

A l'arrivée, LFI est au coude-à-coude avec l'alliance Parti socialiste-Place Publique conduite par Raphaël Glucksmann (6,3%), légèrement au-dessus des prévisions. Le mouvement Générations conduit par Benoît Hamon ferme le ban, avec seulement 3.2% des voix - un résultat conforme aux attentes. 

L'échec retentissant des Républicains

La plus lourde défaite de ce scrutin est probablement celle de la liste Les Républicains, conduite par le philosophe François-Xavier Bellamy. Alors que ce dernier était crédité de 14% d'intentions de vote en début de campagne, puis 12,5% en fin de campagne, la droite française s'est perdue dans ce scrutin, avec seulement 8,2% des voix. 

Un résultat historiquement bas pour cette formation, à comparer avec ses scores de 2014 (20,81%), de 2009 (27,88%) et de 2004 (16,64%). Dimanche soir, le président du parti, Laurent Wauquiez, grand perdant de ces élections, a acté le fait que le duel RN-LaREM avait rendu la tâché particulièrement difficile. Au vu des résultats, il est possible que la liste LR ait pâti de l'indécision d'une partie des électeurs, dont les voix ont pu se reporter au dernier moment sur le RN ou sur LaREM. 

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