Élections européennes : victoire écrasante d'Orban en Hongrie, Salvini en tête en Italie et percée des Verts en Allemagne

Élections Européennes 2019
BILAN - De jeudi à dimanche, les électeurs des 28 États membres de l'Union européenne ont été appelés aux urnes afin de désigner leurs députés qui siégeront au Parlement européen. En Hongrie, le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban a été plébiscité, tout comme son homologue italien Matteo Salvini tandis que les Verts ont créé la surprise dans plusieurs pays.

À quoi va ressembler le nouveau Parlement européen ? Entre jeudi et dimanche, quelque 427 millions d'Européens en âge de participer au scrutin étaient appelés à voter afin d'élire pour cinq ans leurs nouveaux représentants. La mobilisation des électeurs était en progression dans de nombreux pays, à l'instar de la France où le taux de participation a atteint 50,4%, semblant marquer un coup d'arrêt à l'érosion continue qui caractérise les européennes depuis 1979. C'est un nouveau parlement qui se redessine.

Allemagne (96 sièges) : percée des Verts, Merkel en baisse

La CDU-CSU de la chancelière allemande Angela Merkel, conduite par le candidat à la présidence de la Commission européenne Manfred Weber, enregistre le plus faible score (28,7%) de son histoire, toutes élections à l'échelon national confondues. Les Verts allemands réalisent une percée sans précédent avec 20,7% (contre 10,7% en 2014). L'extrême droite AfD atteint son objectif avec 10,8% (7,1% en 2014) quand les sociaux-démocrates (SPD), membre de la coalition gouvernementale, s'écroulent à 15,6%.

Autriche (18 sièges) : la prime au parti du chancelier Kurz

Le parti conservateur du chancelier Sebastian Kurz arrive largement en tête du scrutin européen avec 34,9%  (soit une augmentation de sept points par rapport au scrutin de 2014), devançant les sociaux-démocrates (23,4%)et le parti d'extrême droite FPÖ (17,2%). Pour rappel, ce dernier avait été frappé une semaine plus tôt par le scandale de la vidéo dans laquelle on voyait son chef succomber aux tentations corruptrices d’une femme se faisant passer pour la nièce d’un oligarque russe.

Belgique (21 sièges) : poussée de l'extrême droite et des écolos

Le morcellement du paysage politique belge s'est accentué, laissant augurer de longues tractations pour former le futur gouvernement. Outre leurs 21 eurodéputés, les Belges votaient aussi ce dimanche pour élire des centaines de députés régionaux et nationaux. La principale surprise est venue de Flandre, le nord néerlandophone de la Belgique, où le parti d'extrême droite Vlaams Belang (VB, ex-Vlaams Blok) est devenu la deuxième force politique de la région. Avec 18,5%, selon des résultats quasi-définitifs, le VB fait plus que tripler les 6% engrangés en mai 2014. Il obtiendrait 18 des 150 sièges de députés à la Chambre, au niveau national, contre 3 jusqu'à présent, d'après une projection du ministère de l'Intérieur.


Ensemble, les quatre partis de la coalition de centre-droit au pouvoir entre 2014 et fin 2018 dégringolent de quelque 20 sièges au total, perdant nettement la majorité absolue. Outre les centristes et les libéraux, les socialistes aussi cèdent du terrain, au profit d'Ecolo-Groen et du Parti du travail (PTB, extrême gauche), qui avec 13,6% dépasse le CDH et devient la quatrième force de Wallonie, le sud francophone. Quant à l'Alliance néo-flamande (N-VA, nationalistes flamands), son président Bart De Wever l'a lui-même rangée parmi les perdants, même si elle reste la première force politique du pays (créditée de 25 députés à la Chambre soit 8 de moins).

Espagne (54 sièges) : le socialiste Pedro Sanchez, grand vainqueur des européennes

Le chef du gouvernement socialiste espagnol Pedro Sanchez est sorti grand vainqueur dimanche des élections européennes en Espagne, un résultat dont il va tenter de profiter pour avoir plus de poids en Europe. Epargnée par la poussée eurosceptique, l'Espagne est le seul grand pays de l'UE où les socialistes arrivent en tête.  


Avec plus de 32% des voix, selon des résultats quasi-définitifs et 20 sièges sur 54, son Parti socialiste (PSOE) devance largement le Parti Populaire (conservateur, environ 20%). L'extrême droite de Vox (environ 6%) rentrera au Parlement européen avec 3 

sièges, mais a nettement perdu du terrain par rapport aux 10% enregistrés fin avril lors de son entrée en force au Parlement espagnol.

Portugal (21 sièges) : les socialistes résistent

Au Portugal, entré dans l'UE en même temps que l'Espagne lui aussi après des décennies de dictature, les socialistes du Premier ministre Antonio Costa ont également remporté le scrutin (33,52 % - 10 sièges) tandis que le score de la droite populiste a été négligeable (6,15 %).

Grande-Bretagne (73 sièges) : le parti du Brexit en tête

Les Britanniques qui devraient quitter l'Union européenne au plus tard le 31 octobre ont voté les premiers, jeudi 23 mai, pour ce qui devrait être leur dernier scrutin européen. Ils ont logiquement porté en tête le parti du Brexit du sulfureux eurosceptique Nigel Farage, partisan d'une rupture sans concession avec Bruxelles? avec 31,8% des voix, selon des résultats partiels dimanche, renforçant l'hypothèse d'une sortie sans accord.


Les électeurs ont durement sanctionné le Parti conservateur de la Première ministre Theresa May, relégué à la 5e place avec 9,1% des voix et qui paye son incapacité à mettre en oeuvre le Brexit, selon ces premiers résultats portant sur plus de la moitié des votes. Lot de consolation pour les europhiles, le scrutin a donné un nouveau souffle au parti Libéral-démocrate, qui obtient 20,4 % des voix. Mais il n'a pas les moyens de peser sur les décisions au niveau national avec une petite poignée de députés seulement. L'autre grand parti traditionnel, le parti travailliste (opposition), sort également meurtri du scrutin, avec 13,7% des voix, payant lui son attitude ambiguë sur le Brexit. Quant aux Verts, ils doublent leur score par rapport à 2014, à 12,1%, devançant les conservateurs. 

Grèce (21 sièges) : la gauche de Tsipras sanctionnée

Pour ce triple scrutin, également local et régional, Alexis Tsipras avait clairement invité les électeurs grecs à voter la confiance en sa politique, alors que son mandat expire au mois d'octobre et que des élections législatives sont prévues à cette échéance. Il n'a pas convaincu puisque Syriza, le parti de gauche du Premier ministre, a été sanctionné. Néanmoins, il s'en sort mieux qu'annoncé avec 23,85% des suffrages exprimés pour ce premier scrutin depuis son arrivée au pouvoir en 2015. La Nouvelle Démocratie, le parti conservateur mené par son nouveau leader, Kyriakos Mitsotakis, arrive donc en tête comme l'avaient prévu les sondages, avec 33,27% des voix. C'est une "perte incontestable, étant donné le caractère référendaire qu'avait donné le Premier ministre à ces élections", indique-t-on chez ND après cette victoire qui le conforte en vue des législatives d'octobre. 


Le parti socialiste du Kinal pointe en troisième position, à 7,23%, devant les communistes du KKE à 5,71%. En revanche, l'extrême-droite n'a pas profité de ce scrutin pour réaliser une poussée dans le paysage politique grec, avec 4,85% des suffrages, en baisse de près de 5 points par rapport aux élections de 2014, tandis qu'un nouveau parti nationaliste, la Solution grecque, progresse à ses dépens.

Hongrie (21 sièges) : large victoire du parti d'Orban

Le parti souverainiste du Premier ministre hongrois, Viktor Orban, arrive largement en tête, avec 52,33 % des suffrages. Le parti national-conservateur Fidesz améliore encore son score des européennes de 2014 (51%) et devance de plus de 35 points l’opposition de centre gauche (le DK, 16,19 %).


Le jeune parti libéral Momentum, pour sa première participation au scrutin européen, devrait faire son entrée au parlement de Strasbourg avec 8,89% des voix alors que le parti écologiste LMP n'enverrait aucun député à Strasbourg.

Irlande (11 sièges) : une "vague verte" derrière les pro-UE

La "vague verte" a touché l'Irlande. Le Green Party fait une poussée avec 15% des voix, de quoi lui assurer entre un à trois sièges au Parlement européen selon les pronostics. "La vague Verte a déferlé sur les côtes irlandaises", s'est de son côté réjoui samedi Bas Eickhout, candidat des Verts irlandais à la présidence de la Commission européenne. Le parti républicain du Fianna Fail et les Indépendants réalisent le même score et se classent donc derrière le parti pro-européen du Premier ministre irlandais, Leo Varadkar. Le Finn Gael, s'assure le plus grand nombre de sièges en recueillant 29% des suffrages.

Italie (73 sièges) : la Ligue de Salvini en tête

La Ligue de Matteo Salvini est arrivée en tête des européennes dimanche avec un score compris entre 27 et 31% des voix, selon deux sondages sortie des urnes rendus publics par les télévisions italiennes. Le Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système), l'autre composante de la majorité gouvernementale au pouvoir en Italie, réalise un score compris entre 18,5 et 23% des voix, selon ces estimations, derrière le Parti démocrate (PD, centre-gauche) qui réalise un score compris entre 21 et 25%.

Bulgarie (17 sièges) : large victoire des conservateurs

Les Citoyens pour un développement européen de la Bulgarie arrivent en tête avec 31,60 % des suffrages, soit 7 sièges. Il est suivi par le Parti socialiste bulgare (PSB) avec 24,30 % des voix (5 sièges) et le Mouvement pour les droits et libertés (13,20 % - 3 sièges).

Chypre (6 sièges) : un candidat chypriote turc élu

Le Rassemblement démocrate (DISY) l'emporte avec 29% des voix mais il recule par rapport aux dernières élections européennes (37,7 % des voix). Le Parti progressiste des travailleurs (AKEL) suit avec 27,4 %. Le parti de gauche radicale a recueilli près de 77 % des suffrages des 5 200 Chypriotes turcs qui ont voté lors de ces élections. Et pour la première fois depuis l’entrée de Chypre dans l’Union européenne, en 2004, un candidat chypriote turc, Niyazi Kizilyürek, sur les listes du parti Akel, est élu.

Croatie (11 sièges) : les conservateurs reculent

L'Union démocratique croate (HDZ) l'emporte avec 22,70 % des votes mais accuse un lourd recul et perd un de ses cinq sièges. Elle est suivie par le Parti social-démocrate (18,7 %). Les Souverainistes croates (8,51 %), la liste indépendante de Mislav Kolakusic (7,89%) et Bouclier humain (5,66 %) emportent chacun 1 siège.

Danemark (13 sièges) : effondrement de l'extrême droite

Les Danois se sont massivement déplacés aux urnes, avec un taux de participation historiquement élevé pour un scrutin européen, à 66 %. Le Parti libéral danois (Venstre) l'emporte avec 23,50 % des voix. Suivent les sociaux-démocrates avec 21,5% des votes (3 sièges), le Parti populaire socialiste (13,20 % - 2 sièges) et le Parti  du peuple danois (10,70 % - 1 siège).

Finlande (13 sièges) : percée des Verts

Le Parti de la coalition nationale arrive en tête avec 20,80 % des suffrages, soit 3 sièges. Mais le grand gagnant est le parti écologiste, qui arrive en deuxième position pour la première fois de son histoire, avec le meilleur score (16 %-2 sièges) depuis sa création en 1987. Le Parti social démocrate de Finlande (14,60 % - 2 sièges), l'extrême droite des Vrais Finlandais (13,8% - 2 sièges) et le Parti du Centre (13,5%-2 sièges) suivent dans un mouchoir de poche.

Suède (20 sièges) : les sociaux-démocrates en tête

Les Sociaux-démocrates arrivent en tête avec 23,60 % des voix, soit 5 sièges, devant les Modérés (conservateurs) à 16,8 %. L’extrême-droite continue d’avancer, avec 15,4 % pour les Démocrates de Suède (contre 9,67% en 2014) soit la plus grosse progression de ce scrutin.


Gros perdants : les Verts, qui n’obtiennent que 11,4 % des voix, contre 15,4 % - un résultat, cependant, meilleur que ce qu’annoncaient les sondages

Malte (6 sièges) : large victoire pour les travaillistes

Le Parti travailliste arrive en tête avec 55,9 % des voix, soit 4 sièges, et obtient par la même occasion le meilleur score de son histoire. Le Parti nationaliste arrive en seconde position, avec 36,2 % des suffrages, soit 2 sièges.

Pays-Bas (26 sièges) : victoire surprise des travaillistes

Contre toute attente, le Parti travailliste (PvdA) a remporté l'élection avec 19%, soit 6 sièges, et devance le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD), de centre-droit, membre de la coalition gouvernementale qui plafonne à 14,6 % des voix (4 sièges) et le Forum pour la démocratie (FvD) le parti europhobe et anti-immigrés du juriste Thierry Baudet (10,9 %).

Pologne (51 sièges) : le PiS reste en tête

Les conservateurs du parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir, ont bénéficié du soutien de 43,1 % des électeurs (24 sièges), devant la Coalition européenne (38,4 % -21 sièges). Le parti progressiste Printemps arrive troisième (6,7 % et 3 sièges), suivi par la Confédération d’extrême droite Korwin Braun Liroy Nationalistes (6,2% et également 3 sièges).

Slovaquie (13 sièges) : le parti de la présidente élue l'emporte

Avec 20,10 % des voix, et 4 sièges, le parti libéral de la présidente élue Zuzana Caputova, le PS/Spolu, est arrivé en tête aux élections européennes en Slovaquie, a affirmé dimanche le président sortant Andrej Kiska. Suivent Direction - Social-démocratie (15,72 % - 3 sièges) et le Parti du peuple Notre Slovaquie (12,07 % - 2 sièges).

Slovénie (8 sièges) : le parti démocratique slovène largement en tête

Le parti démocratique slovène de Janez Jansa qui domine la vie politique locale depuis les années 1990, arrive largement en tête avec 26,4 % des voix (3 sièges). Suivent le Parti social-démocrate (18,57 % - 2 sièges), Liste de Marjan Šarec (15,61 % - 2 sièges) et Nouvelle Slovénie (11,11 % - 1 siège).

Lettonie (8 sièges) : les conservateurs l'emportent

Le parti de la Nouvelle Unité du premier ministre, Arturs Krisjanis Karins, s’impose comme le grand vainqueur du scrutin avec  26,24 % (2 sièges) des scores. Suivent le Parti social-démocrate "Harmonie" (17,45 % - 2 sièges), "Tout pour la Lettonie!"/ "Patrie et Liberté"/ LNNK (16,40 % - 2 sièges), Développement/Pour! (12,42 % - 1 siège) et Union russe de Lettonie (6,30 % - 1 siège).

Estonie (6 sièges) : l'extrême droite ne confirme pas

Le Parti de la réforme (libéral), confirme son bon score des législatives et obtient 26,2 % (2 sièges). Suit le Parti social-démocrate, à la peine ces dernières années ( 23,3 %-sièges) tandis que les nationalistes d’EKRE enregistrent un fort recul, avec 12,7 % des suffrages, et un seul représentant au Parlement, moins d’un mois après leur entrée au gouvernement et leur percée aux législatives (18 %).

Lituanie (11 sièges) : le courant populiste reste faible

Alors que le pays élisait son président en parallèle, les partis pro-Européens ont remporté les deux scrutins. Sur le plan des européennes, l’Union de la patrie (conservateur) arrive en tête (19, 28 %) suivie des sociaux-démocrates (16,14 %), de l’Union lituanienne agraire et des Verts (12,86 %), la formation au pouvoir à Vilnius depuis 2016.

Roumanie (32 sièges) : victoire des pro-européens

Les pro-européens de centre droit sont arrivés en tête aux élections européennes dimanche en Roumanie, infligeant un sérieux revers au gouvernement de gauche critiqué par Bruxelles pour ses reformes de la justice, selon les résultats officiels partiels

Les conservateurs du Parti national libéral (PNL, opposition) et les centristes de l'alliance USR-PLUS ont obtenu ensemble environ 47% des voix, devant le parti social-démocrate (PSD) au pouvoir qui a recueilli un peu plus de 24% des suffrages, selon ces résultats issus du décompte d'environ 80% des bulletins.

République tchèque (21 sièges): le gouvernement populiste conforté

Le parti populiste ANO du premier ministre Andrej Babis, arrive largement en tête du scrutin avec 21,72 % des suffrages exprimés (21,20 % - 6 sièges). Suivent le Parti démocratique civique (14,50 % - 4 sièges), Pirates (14,00 % - 3 sièges), TOP 09 (11,70 % - 3 sièges), Liberté et démocratie directe (9,10 % - 2 sièges), Union chrétienne-démocrate - Parti populaire (7,20 % - 2 sièges) et Parti communiste de Bohême et Moravie (6,90 % - 1 siège).

Luxembourg (6 sièges) : deux sièges chacun pour le DP et le CSV

Le Parti démocratique a obtenu 21,4% des voix et décroche deux sièges, tout comme le Parti chrétien-social avec 21,10 %. Suivent le Parti écologiste (18,91 % - 1 siège) et le Parti socialiste (12,19 % - 1 siège).

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