Municipales : Philippe confirme qu'il privilégiera le poste de Premier ministre à celui de maire du Havre

Municipales : Philippe confirme qu'il privilégiera le poste de Premier ministre à celui de maire du Havre
Élections Municipales 2020

AVENIR - Dans un entretien accordé à "Paris-Normandie", le Premier ministre Edouard Philippe affirme qu'il assumera "ses responsabilités" si Emmanuel Macron pense qu'il doit "continuer sa mission à Matignon" après l'élection municipale.

Edouard Philippe annonce la couleur. Ce mardi dans une interview accordée à Paris-Normandie, le Premier ministre a indiqué qu'il privilégiera bien son poste de Premier ministre à celui de maire du Havre s'il est élu le 28 juin. "J'entends bien redevenir maire dès lors que je ne serai plus Premier ministre. (...) S’il pense (ndlr : Emmanuel Macron), après l’élection municipale, que je dois continuer ma mission à Matignon, j’assumerai mes responsabilités", a-t-il déclaré.

Le chef de l'Etat "sait qui je suis, ce que j'incarne, ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire. S'il pense que quelqu'un d'autre est plus utile, je respecterai son choix en toute loyauté", a encore assuré M. Philippe, avant d'ajouter : "Donc, je vous le dis : si les électeurs me font confiance, je serai de retour au Havre. Au plus tard en mai 2022, mais peut-être beaucoup plus tôt",  a-t-il résumé dans un entretien au quotidien normand.

Un message envoyé à Macron ?

Faut-il y voir un message à destination d'Emmanuel Macron ? Selon le journaliste politique et éditorialiste Jean-Michel Aphatie, cette interview est aussi une manière pour Edouard Philippe de laisser entendre qu'il est sur le départ et que les valises "sont prêtes", si le plan d'Emmanuel Macron pour la suite ne lui convenait pas. Toujours selon Jean-Michel Aphatie, le Premier ministre, par cette intervention, ne veut pas, si sa mission s'arrête dans quinze jours, apparaître comme étant "limogé par le patron" : "Il veut gérer le capital politique qu'il a acquis pendant trois ans à l'hôtel Matignon. Soit pour se faire plaisir, soit parce qu'il a d'autres projets en tête."

Arrivé en tête du premier tour le 15 mars dernier avec 43,6% des voix, devant son concurrent communiste Jean-Paul Lecoq (35,88%), Edouard Philippe a depuis été à la manœuvre dans la crise épidémique, engrangeant au passage une forte hausse de sa popularité au niveau national. Un sondage de l'Ifop paru la semaine passée le crédite de 53% d'intentions de vote, contre 47% à M. Lecoq, mais l'inconnue de l'abstention fait peser une forte incertitude.

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Je suis Premier ministre à plein temps, c’est l’évidence, surtout dans les circonstances actuelles.- Le Premier ministre Edouard Philippe, à Paris-Normandie.

Durant les prochains jours de campagne, il restera "Premier ministre à plein temps, c'est l'évidence, surtout dans les circonstances actuelles",  a-t-il assuré, précisant avoir "adapté (s)on programme pour tenir compte du nouveau contexte de crise". M. Philippe promet ainsi dans les "six premiers mois" de son mandat un "effort considérable d'aide aux personnes, aux entreprises, aux associations, aux acteurs de la vie culturelle, aux jeunes qui (...) ont pu décrocher".

Égratignant les "accords de partis" et "négociations d'appareils" de son adversaire communiste, qui sera notamment soutenu en personne par le chef de  file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon vendredi, M. Philippe a affirmé avoir de "la chance de ne pas être membre d'un parti politique" pour ne pas se "préoccuper de ce genre de choses pour composer (s)a liste". Quant à sa campagne, elle sera ponctuée de "rencontres", "appels téléphoniques", "déambulations"... "Je compte beaucoup sur le débat de la  semaine prochaine pour confronter les projets", a encore glissé M. Philippe.

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