Emmanuel Macron candidat : de "fils spirituel de Hollande" à "Brutus", sa métamorphose

2017 - Après avoir contribué à la victoire de François Hollande en 2012, Emmanuel Macron veut désormais le défier. En l’espace d’un quinquennat, comment est-il passé du statut de conseiller à celui d’adversaire ?

Le 15 mai 2012

François Hollande vient de remporter l’élection présidentielle. Emmanuel Macron, qui a participé à sa campagne, est nommé secrétaire général adjoint de l’Élysée. Il a alors 34 ans et devient l’un des piliers du "Château". Il va conseiller le chef de l’État sur de nombreux sujets. C’est notamment lui qui lui souffle l’idée du pacte de responsabilité. Mais au bout de deux ans, agacé par la timidité des réformes engagées diront certains, il quitte son poste. Il pense alors refermer cette parenthèse politique et songe à enseigner.

Le 26 août 2014

Cela fait un peu plus d’un mois qu’Emmanuel Macron n’est plus secrétaire général adjoint de l’Élysée. Il reçoit alors un coup de téléphone de François Hollande qui lui demande de remplacer à la hâte Arnaud Montebourg à Bercy. Le ministre a eu l’outrecuidance de dénoncer la politique économique de son propre gouvernement. "A la porte !", exige Valls. L’ancien banquier accepte le poste et revient travailler ainsi auprès de François Hollande.


Mais les choses vont peu à peu se gâcher. Le néo-ministre Emmanuel Macron est régulièrement recadré par le couple exécutif pour ses prises de parole. Ses convictions libérales se heurtent au fragile équilibre politique de la majorité. Au début de l’été 2015, la loi Macron sera adoptée aux forceps, le gouvernement ayant été contraint de dégainer le 49.3 à trois reprises. Pour ne pas défier une nouvelle fois les frondeurs, sa seconde loi est finalement trappée au profit d’un texte de loi portée par Myriam El-Khomri. Ce désaveu sera pour de nombreux observateurs le point de départ de son désir d’émancipation.

Le 6 avril 2016

Emmanuel Macron est toujours ministre. Sa liberté de parole étant bridée, il annonce la création de son mouvement politique "En marche" pour porter à l’extérieur du gouvernement ses idées. Beaucoup y voient le signe d’une future candidature à la présidentielle. L’ancien banquier assure pourtant ne vouloir contribuer qu’au débat d’idées. François Hollande le prend au pied de la lettre et semble ne pas mesurer la distance qui s’installe entre lui et son jeune protégé.

Le 30 août 2016

Après avoir trop joué à "un pied dedans, un pied dehors", Emmanuel Macron annonce sa démission du gouvernement. Il entend alors se consacrer pleinement au développement de son mouvement. Les plus naïfs comprennent enfin que la présidentielle est bel et bien dans sa ligne de mire. François Hollande croit toutefois impossible qu’il se lance contre lui. "Je pense qu’il est loyal", confie le chef de l’État aux deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, auteurs d’Un président ne devrait pas dire ça. A tort.

Le 16 novembre 2016

Alors que François Hollande n’a toujours pas annoncé son choix d’être ou non candidat à un second mandat, Emmanuel Macron décide de se lancer dans la course à l’Élysée. Depuis quelques semaines, plusieurs de ses soutiens le pressent d'entrer en lice, alors que ses troupes s'impatientent sur le terrain, et qu'il est concurrencé dans les sondages par un Manuel Valls de plus en plus enclin à se positionner en recours en cas d'absence de François Hollande pour 2017. D'autres proches voient dans cette accélération du calendrier une occasion pour lui d'interférer dans la primaire de la droite, dont le premier tour aura lieu dimanche, et le second le 27 novembre.

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Emmanuel Macron dans la course à l'Elysée

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