En attendant le verdict final des municipales, haro sur Ayrault

En attendant le verdict final des municipales, haro sur Ayrault

ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2017
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GOUVERNEMENT - Les mauvais résultats du PS au premier tour des municipales dimanche, sur fond de montée du FN, sont du pain bénit pour tous ceux qui réclament la tête du Premier ministre. Chroniquement impopulaire, Jean-Marc Ayrault n'a jamais semblé aussi près de faire office de fusible.

Tous les Premiers ministres le savent : ils sont assis sur un siège éjectable. Mais au lendemain du premier tour des élections municipales qui a administré quelques claques au PS et permis une percée du FN , la pression n'a jamais été aussi forte pour que François Hollande appuie sur le bouton. Faisant potentiellement de Jean-Marc Ayrault la première victime de ce premier test électoral depuis 2012.

Dans la presse, les conjectures autour d'un remaniement imminent sont ainsi reparties de plus belle en ce début de semaine. Qu'on en imagine simplement les modalités ou qu'on le réclame carrément, comme Libération qui titrait mardi matin : "Après la claque. Remaniez-vous !" Et l'éditorialiste Eric Decouty de plaider pour que le chef de l'Etat montre au "peuple de gauche qu'il a entendu son message", en prenant notamment la mesure du "discrédit de son gouvernement". Difficile d'être plus clair.

"Changer de Premier ministre est indispensable"

Comme de coutume dans ces cas-là, la tête du Premier ministre est bien évidemment réclamée par l'opposition UMP. De bonne guerre, si l'on se souvient que quand il était dans l'opposition, Jean-Marc Ayrault s'était lui-même prêté à cette tradition , en réclamant celle de François Fillon après l'échec de la droite aux régionales (en 2010). Ironiquement, le député UMP Eric Ciotti a appelé lundi dans un tweet à "appliquer le conseil d'Ayrault en 2010".

Mais ce qui frappe cette semaine, c'est qu'un certain nombre de flèches sont tirées depuis son propre camp dans le dos du Premier ministre. Dès lundi, l'ancien ministre socialiste Jean Glavany avait attaqué sur son blog , étrillant "l'ahurissante allocution" du Premier ministre dimanche soir, "commentant les résultats comme on commente les chiffres du chômage". Evincée du gouvernement l'an dernier, l'ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho n'y est pas allée par quatre chemins mardi : "Changer de Premier ministre est indispensable". "Ce gouvernement est quand même à la fois pléthorique et exsangue, donc il faut bouger, très certainement", a également commenté le député PS Henri Emmanuelli.

Les Français favorables à un changement à Matignon

Quant à ceux qui disent encore soutenir le gouvernement, ils le font souvent du bout des lèvres. Surtout ceux qui se verraient bien calife à la place du calife... Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale qui ne cache pas son intérêt pour le poste, l'a ainsi défendu mollement. "Il faut poser la question au président de la République", a-t-il simplement répondu à une question sur un éventuel changement à Matignon. Le ministre du Travail, Michel Sapin, a admis mardi qu'"il faudra changer" (mais quoi?) pour tenir compte de "la colère" exprimée dimanche dans les urnes. Ajoutant que cela se fera avec le "Premier ministre et que le président choisira". Enfin selon Bertrand Delanoë (cité ce mardi par Itélé comme potentiel remplaçant à Matignon), les résultats du premier tour sont bien liés à la "politique nationale", François Hollande devant "prendre acte" après le second tour...

Du côté de l’exécutif, on adopte pour l'heure un profil bas. Avant son départ à La Haye, François Hollande 'était entretenu lundi avec son Premier ministre à l'Elysée, pour tirer les enseignements du premier tour. Mais aucune déclaration du Président n'est attendue cette semaine. Du côté de Matignon, Le Figaro décrit un Jean-Marc Ayrault "retranché", en attendant que l'orage passe. Mais avec 25% de popularité et 69% des Français favorables à un changement de Premier ministre (selon un sondage BVA réalisé dimanche), pas sûr qu'il ait les provisions pour tenir un long siège.

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