Et si Marine Le Pen perdait son immunité au Parlement européen ?

KARMA - La présidente du FN va-t-elle perdre la précieuse protection qui lui permettait de ne pas se rendre aux convocations la concernant ? La commission des affaires juridiques du Parlement européen s'est prononcé en ce sens, ce mardi. Mais une étape reste à franchir, ce jeudi.

Et si, finalement, Marine Le Pen devait bel et bien répondre aux questions que la justice se pose dans le cadre de l'enquête sur les emplois présumés fictifs des assistants parlementaires européens du Front national ? La présidente du parti, qui cavale en tête des sondages au premier tour, voit toutefois les affaires judiciaires assombrir son paysage.

Sur Twitter, des cadavres suppliciés par Daech

Ces derniers jours, on a ainsi appris qu'elle avait refusé de se rendre, mercredi 22 février, à la convocation de la police dans le cadre de l'enquête sur les emplois présumés fictifs du FN au Parlement européen. Une décision qu'elle pouvait prendre grâce à son immunité parlementaire, et qu'elle justifiait  de "la campagne électorale", une période qui empêcherait "un fonctionnement correct de la justice".

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Mais la protection dont bénéficie la candidate, grâce à son statut de députée européenne, pourrait faire long feu. En effet, la Commission juridique du Parlement a recommandé ce mardi sa levée. Une décision prise non pas en rapport avec l'affaire des emplois présumés fictifs mais pour "diffusion d'images violentes". 


Sur Twitter, en décembre 2015, la conseillère régionale des Hauts-de-France s'était emportée contre le présentateur Jean-Jacques Bourdin, après que ce dernier avait évoqué les "liens entre Daech et le Front national", lors d'une interview du spécialiste de l'islam Gilles Kepel. Et avait tweeté des photos de cadavres suppliciés par les terroristes de l'EI, notamment celui du journaliste américain James Foley.

Décision ce jeudi

Dans sa colère, Marine Le Pen avait enfreint un article du code pénal, interdisant notamment la diffusion d'un "message violent, incitant au terrorisme [...] ou de nature à porter gravement à la dignité humaine." Un délit punissable de trois ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende "lors qu'il est suspectible d'être vu ou perçu par un mineur." De quoi amener la justice française à saisir l'organe en charge de lever les immunités parlementaires des élus européens.


Si l'affaire a été tranchée par la Commission des affaires juridiques, c'est le Parlement européen qui doit s'exprimer en dernier lieu sur le sujet, lors d'une séance plénière, qui se déroulera jeudi 2 mars. Et si la Commission a pour habitude de répondre favorablement aux demandes de levées en provenance des justices des Etats-membres, elle n'est pas toujours suivie dans ses décisions par l'Assemblée des élus européens. Sur 129 demandes, 30 ont été approuvées entre 1979 et 2005.


Marine Le Pen, avait, de son côté, vu son immunité levée en 2013, après qu'elle avait été poursuivie suite à ses propos sur l'islam, qu'elle avait comparée à l'Occupation. Plus récemment, c'est son père, Jean-Marie Le Pen, qui avait vu son immunité levée, suite à ses propos antisémites contre le chanteur Patrick Bruel. Interrogée par LCI sur le sujet, elle a dénoncé une "procédure ultra-rapide" (ndlr, les faits remontent tout de même à décembre 2015), "spéciale Marine Le Pen", "qui participe du système que représente le Parlement européen".

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