Après la déroute de LFI, Clémentine Autain critique la ligne du parti et la stratégie du "clash"

Élections Européennes 2019
C'EST DIT - Si le parti de Jean-Luc Mélenchon a récolté 6,31% des voix dimanche, loin des 19,58% obtenus au premier tour de l'élection présidentielle, c'est parce que ses électeurs "ont été désarçonnés ou mécontents de la proposition politique qu'on leur a faite", estime la députée de Seine-Saint-Denis dans un entretien à "L'Obs".

Les électeurs de La France Insoumise "désarçonnés ou mécontents de la proposition politique qu'on leur a faite" ? C'est en tout cas ce qu'estime Clémentine Autain, qui n'y va pas par quatre chemins dans un entretien publié sur le site internet de L'Obs au lendemain de la débâcle subie par LFI aux élections européennes. 


Pour l'élue insoumise de Seine-Saint-Denis, si le parti a récolté 6,31% des voix dimanche, loin des 19,58% obtenus au premier tour de l'élection présidentielle, c'est qu'en 2017, "on avait eu un Mélenchon rassembleur" qui "avait réussi à faire le plein au sein de la gauche radicale et à capter un électorat déçu du PS". Mais "ce capital politique s'est érodé", regrette-t-elle. "L'état d'esprit polémique et clivant a sans doute pris le dessus sur la mise en avant de notre vision du monde et de nos propositions. Or notre famille politique prospère quand elle s'appuie sur le ressort de l'espérance et non sur celui de la haine", explique encore la députée.

Déplorant l'accent mis sur "le ressentiment" et le "clash" depuis deux ans, elle estimé que "ce qui est en cause" dans la déroute du parti, "c'est la ligne politique".


Le député des Bouches-du-Rhône est-il encore le candidat naturel de LFI pour la présidentielle de 2022 ? "Ce n'est pas le sujet. La discussion que nous devons avoir, c'est quelle stratégie et comment on se met en mouvement pour reconstruire une perspective de transformation sociale et écologiste", répond Clémentine Autain. Mais dans un "travail de refondation" de LFI, "la démarche doit être collective", considère-t-elle. "J'ai posé la question du pluralisme et de la démocratie interne il y a plus d'un an. Cela avait été très fraîchement accueilli à l'époque. On nous avait promis des changements à l'été, un meilleur fonctionnement de l'espace politique... Mais rien n'a été fait en ce sens", a-t-elle regretté. 


Après la dégringolade de dimanche, le chef de file du parti, Jean-Luc Mélenchon, a promis de "combattre par tous les moyens (...) la pente" confirmée par ce scrutin.

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