Européennes : Macron s'investit dans la campagne de Loiseau jusque dans son affiche

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
AU BOULOT - Manque de notoriété, sondages qui la donnent ex-aequo voire battue par le RN, et bourdes en série... Alors que les difficultés s'accumulent pour Nathalie Loiseau, le président de la République, en dépit d'une fragile cote de popularité, s'investit pour inverser la tendance de la campagne.

Et Emmanuel Macron fit son apparition dans la campagne européenne. Littéralement. Difficile, en effet, de ne pas remarquer le visage présidentiel, au bas de la profession de foi de "Renaissance", diffusée depuis le 6 mai. Difficile, également, de ne pas relever que Nathalie Loiseau est désormais noyée au milieu de ses principaux colistiers, sa silhouette quasiment à l'égale de celle de Pascal Canfin, numéro 2 de la liste piqué aux écologistes. Impossible, même, de ne pas voir que son nom n'apparaît même plus sur l'affiche, quand un bandeau jaune met en avant celui du président.

Une tête de liste diminuée

La comparaison avec la première affiche de Nathalie Loiseau, omniprésente, le nom de la liste "Renaissance" en majuscules sur un fond bleu, quand ce dernier est aujourd'hui relégué au bas de l'affiche... autant d'indices graphiques qui soulignent les difficultés que traverse l'ex-ministre depuis la fin du mois d'avril.

La pratique est courante, témoin : la présence d'Emmanuel Macron, déjà, sur les affiches des candidats LaRem aux législatives 2017,  imité d'ailleurs à l'occasion par Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen pour que leurs champions capitalisent sur leur notoriété. Pour ce qui concerne la campagne européenne de la liste LaRem, elle est même avalisée par son état-major, qui confirme auprès de LCI les informations du Parisien selon lesquelles la mise en retrait de l'ex-ministre et du nom de la liste est délibérée.

Présence discrète mais affirmée

La reprise en main présidentielle ne se limite d'ailleurs pas à la propagande électorale. Face aux difficultés de Nathalie Loiseau, notamment engendrées par sa présence sur une liste d'extrême droite à Sciences Po et par un enchaînement de maladresses, qui lui valent d'être désormais menacée par le Rassemblement national dans les sondages, Emmanuel Macron anime aussi les dîners de campagne.


Il s'est ainsi invité à un dîner où étaient conviés les 30 colistiers LaRem/Modem, mardi 7 mai, au palais de Tokyo. Une visite surprise, sans présence de la presse, mais non sans élément de langage. Ainsi son entourage a-t-il fait valoir qu'il avait fait "passer un message de mobilisation et d'encouragement", à trois semaines de l'échéance électorale. Nathalie Loiseau n'en a apparemment pas pris ombrage, déclarant, à la sortie : "Emmanuel Macron, c'est le leader de l'Europe. Il nous a parlé des enjeux européens ce soir. Ça nous a fait tous très plaisir. C'était un moment de joie, de mobilisation bien sûr et je crois que ça a fait plaisir à l'ensemble des colistiers qui étaient là."


Cette volonté de rasséréner les troupes ira-t-elle jusqu'à animer un meeting ? Sans doute pas, espère un de ses proches, qui, auprès de LCI, confie qu'il "ne voit pas le président de la République au milieu de banderoles et de drapeaux. Il doit être au-dessus des partis". Du côté de la tête de liste, on assure que cette hypothèse ne prendra sans doute pas corps. Toutefois, le dîner du mardi 7 mai "ne sera pas le seul investissement" d'Emmanuel Macron, assure-t-on, envisageant "un, deux ou trois" autres événements.  Samedi, c'est Edouard Philippe qui viendra prêter main forte à Nathalie Loiseau en meeting à Strasbourg.

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