Européennes : pirates, écologistes, animalistes, identitaires, fédéralistes... à chaque cause sa petite liste

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Elections européennes 2019 : l'heure des résultats

SCRUTIN - La date butoir pour le dépôt des listes en vue du scrutin du 26 mai était fixée au vendredi 3 mai, à 18 heures. Au total, 33 listes sont en lice. L'occasion pour LCI de faire le tour de ces candidatures méconnues qui auront leur bulletin de vote aux européennes.

Elles constituent encore la face cachée de la campagne des européennes. A l'ombre des candidatures médiatisées, une douzaine de listes supplémentaires ont été déposées et publiées samedi au Journal officiel. Des candidatures et des programmes hétéroclites qui seront proposés aux électeurs, au même titre que les autres - on en compte 33 au total pour le scrutin de 2019 -, le 26 mai prochain. 

Quelles sont ces listes ? Que proposent-elles en substance ? Tour d'horizon. 

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Elections européennes : 33 listes vont s'affronter

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Les listes Gilets jaunes

Trois listes estampillées Gilets jaunes ont été officiellement déposées. La première, baptisée "Evolution citoyenne", a été déposée jeudi et sera conduite par Christophe Chalençon , l'une des figures du mouvement, connu pour certains propos polémiques. Le forgeron du Vaucluse a indiqué qu'il ne s'agissait pas "d'une liste Gilets jaunes" mais de "personnes issues de la société civile". Son positionnement ne consistera pas à "sortir de l'Europe", mais à défendre "une Europe des nations forte", a précisé la tête de liste. 

La deuxième liste enregistrée  est l'Alliance jaune, une liste qui se dit "apartisane" et qui est conduite par le chanteur Francis Lalanne. Elle est issue d'une fusion entre plusieurs projets, dont celui d'une liste Ralliement d'initiative citoyenne (RIC) animée par Jérémy Clément, figure des Gilets jaune. 

Enfin une troisième liste a été déposée sous le nom de "Mouvement pour l'initiative citoyenne". Conduite par Gilles Helgen, un chef d'entreprise, elle a pour objectif l'instauration du RIC - référendum d'initiative citoyenne - au niveau national et européen.  

A noter que d'autres personnalités se disant issues du mouvement ont rallié les listes de Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Florian Philippot (Les Patriotes), Ian Brossat (PCF), François Asselineau (UPR), Nathalie Arthaud (LO) et Manon Aubry (LFI). 

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Francis Lalanne, tête de la liste "Alliance jaune" pour les européennes

Urgence écologie

Concurrente d'EELV, la liste Urgence écologie a été lancée à l'initiative du philosophe Dominique Bourg, ex-vice-président de la fondation Nicolas Hulot, de l'ex-ministre socialiste et actuelle députée Delphine Batho et de l'ancien candidat écologiste à la présidentielle de 1988 Antoine Waechter. 

Accusant EELV de rechercher prioritairement les "alliances politiques", ces personnalités défendent une transformation radicale du mode de production et décrètent "l'état d'urgence écologique". "On parlera de la confiscation de l'Europe par les lobbies qui constituent un élément du discrédit et du rejet des institutions par les citoyens", a indiqué, en mars, l'ancienne ministre de l'Ecologie au Monde.

Parti fédéraliste européen

Ce mouvement fondé en 2011 à Paris est issu du regroupement de deux formations, le Parti fédéraliste de France et le mouvement Europe United. Conduit par Yves Gernigon, un chef d'entreprise de 53 ans, il se revendique comme le premier parti à présenter, "sous la même bannière", un programme "pour plusieurs Etats de l'Union européennes". Il avait déjà présenté une liste lors des élections de 2014, et revendique aujourd'hui des adhérents dans une douzaine d'Etats de l'UE. Pour le prochain scrutin, sa liste s'intitule "Pour une Europe qui protège ses citoyens". 

Le Parti fédéraliste européen n'est "en aucun cas un défenseur inconditionnel des institutions et des politiques européennes", indique le mouvement, qui veut toutefois faire de l'UE "une superpuissance mondiale", élisant son président "au suffrage universel direct", renforçant les pouvoirs du Parlement européen et mutualisant ses moyens sur les plans diplomatique, économique, social, et de la défense.  

Allons enfants

Ce mouvement né lors des municipales de 2014 lance une liste conduite par Sophie Caillaud, une étudiante à Science Po. Il est "géré par des étudiants et des jeunes actifs de moins de 30 ans" et veut renforcer le poids de la jeunesse dans le scrutin des européennes. 

Parmi les propositions que porte Allons enfants, des revendications environnementales (circuits courts, réduction de la consommation plastique), sociales (rémunération minimale des stages à l'échelle européennes) ou encore institutionnelles (renforcement des pouvoirs du Parlement européen). 

Parti animaliste

Fondé en 2016, le Parti animaliste défend la cause animale contre la maltraitance et le mode de production agricole actuel. Le mouvement, qui a déjà présenté des candidats lors des législatives de 2017, a confirmé à LCI, vendredi, avoir déposé sa liste en vue du scrutin. 

Mobilisé sur tous les aspects de la défense animale - il s'inquiétait, le 1er mai, du sort des chiens de la police exposés aux gaz lacrymogènes employés lors de la manifestation -, il porte plusieurs revendications comme la création d'un commissaire européen à la protection animale, la reconversion de l'élevage vers "l'agriculture végétale", la réduction "de 25%" de la consommation de produits animaux d'ici 2025, ou encore l'interdiction du foie gras et de la tauromachie. 

Europe Démocratie Espéranto

Ce mouvement fondé en 2003 à Strasbourg avait participé aux élections européennes dès 2004 (0.15% des voix). Il se revendique comme "le premier parti vraiment européen" et indique disposer de sections en France et en Allemagne. Il a déposé sa liste, baptisée "Espéranto - Langue commune équitable pour l'Europe - le 26 avril. 

Parmi les revendications d'Europe Démocratie Espéranto figure la reconnaissance d'une langue commune à toute l'Europe, l'espéranto, mais aussi la valorisation de la diversité linguistique des pays de l'UE et l'élaboration d'une Constitution européenne approuvée par référendum. Il défend des mesures écologistes et le recours aux logiciels libres. 

Parti des citoyens européens

Ce parti à vocation internationale, fondé en 2007 à Bruxelles, s'est déjà impliqué lors des élections européennes de 2014 et de la présidentielle de 2017, lors de laquelle son président Philippe Mazuel s'était présenté à Laprimaire.org

Conduite par Audric Alexandre, la liste du Parti des citoyens européens propose notamment de "créer une Europe sociale qui protège", avec l'instauration d'une assurance maladie, chômage, retraite à l'échelle de l'UE, ainsi qu'un contrat de travail commun. Il propose en outre "une économie de marché régulée, inclusive et verte", un renforcement de la citoyenneté européenne et une meilleure politique d'accueil pour les demandeurs d'asile. 

Démocratie représentative

Cette liste est issue d'un "mouvement citoyen et politique" fondé en 2017 et baptisé "La Révolution est en marche" (LREEM) à l'initiative d'Hadama Traoré, un français d'origine malienne ayant grandi dans la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), selon la présentation faite par la tête de liste lundi matin sur Africa Radio. Le mouvement LREEM revendique "150 membres actifs" dans 20 villes. 

Ce militant local, très impliqué dans l'affaire Théo et dans la dénonciation des violences présumées commises par des forces de l'ordre, dit porter "un projet de valeurs humanistes" et défendre les quartiers populaires marqués par une forte abstention lors des élections. Il dénonce l'absence d'effets de l'Anru dans les quartiers prioritaires et la politique migratoire de l'Union européenne face aux réfugiés. 

Neutre et actif

Cette liste conduite par Cathy Corbet, résidente de Steenwerck (Nord), a été déposée le 2 mai avec un objectif, défendre "le droit de vote" contre l'abstention dans un pays qui "connaît tant de revendications d'ordre social, fiscal, démocratique". 

"Sans étiquette politique", elle veut "donner aux citoyens ayant perdu confiance en la politique au fil des années, l'envie de faire valoir un droit fondamental, celui de retourner aux urnes pour voter", indique la conceptrice sur son compte Facebook.

A voix égales

Cette liste "paritaire, indépendante et apolitique" a été lancée par maître Nathalie Tomasini, l'ancienne avocate de Jacqueline Sauvage, graciée en novembre 2016 du meurtre de son mari. 

La liste A voix égales s'engage notamment dans la lutte contre les violences faites aux femmes au niveau européen, Nathalie Tomasini plaidant pour "faire avancer et harmoniser la législation" européenne dans ce domaine. 

Alliance royale

Fondé en 2001 par Yves-Marie Adeline, le mouvement Alliance royale porte une liste conduite par Robert de Prévoisin, qui avait déjà souhaité être candidat à la présidentielle de 2017 en son nom. La liste s'intitute "Une France royale au coeur de l'Europe". 

D'obédience royaliste, cette liste avait recueilli 0.031% des voix en 2004, 0.025% en 2009 puis 0.02% en 2014. Elle regroupe des "citoyens" qui considèrent "que la solution royale est la seule réponse possible à la profonde crise institutionnelle, politique, sociale et morale que traverse notre pays". 

Dissidence française

Issu de la mouvance identitaire, cette organisation a été fondée en 2011 et revendique ses fondements "nationaliste et identitaire". Son initiateur, Vincent Vauclin, a déposé la liste jeudi, baptisée "Liste de la reconquête". Issu de la gauche radicale, ex-militant chez Solidaires, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont un dédié à la théorie du "grand remplacement". Il avait notamment appelé les maires à la "désobéissance" après l'adoption de la loi instaurant le Mariage pour tous. 

Accusant le Rassemblement national d'avoir "capitulé sur tous les fronts, reniant jusqu'à son nom", il défend le principe d'une "Europe libérée de la technocratie de Bruxelles", des "tutelles étrangères et financières qui étranglent son économie", et "du multiculturalisme et de la folie migratoire qui bouleverse sa physionomie millénaire". 

La Ligne claire

Autre liste issue de l'extrême droite, "La Ligne claire", fruit d'une alliance entre l'écrivain Renaud Camus, théoricien du "grand remplacement", et Karim Ouchikh, conseiller régional d'Ile-de-France et fondateur de Souveraineté, identité et libertés (Siel), parti allié à l'ex-FN jusqu'en 2016, séparé de la formation de Marine Le Pen sur fond de "divergences idéologiques". 

La liste défend "l'exigence de la remigration", c'est-à-dire le principe défendu par la mouvance identitaire, au nom de la théorie du "grand remplacement", du retour dans le pays d'origine des personnes ayant émigré vers le continent européen. "L'Europe il ne faut pas la quitter, il faut s'en emparer. L'Europe il ne faut pas en sortir, il faut en sortir l'Afrique", avait ainsi énoncé Renaud Camus en janvier dernier

Parti pirate

Ce mouvement, dont la déclinaison française a été fondée en 2006, a déjà participé à de nombreuses élections nationales ou locales. Conduite par Florie Marie, sa liste aux européennes propose de défendre un modèle d'agriculture durable, une Europe régie par "une assemblée de citoyens élus au suffrage direct", un "partage libre des connaissances" ou encore "un égal accès aux soins". Le Parti pirate réclame la levée des brevets et défend les "libertés numériques". 

Parti révolutionnaire Communistes

Ce mouvement concurrent du PCF - né d'une dissidence en 2000 -, qui a déjà participé à des élections locales ainsi qu'aux élections européennes de 2014 (0.02% des voix), a déposé une liste à nouveau conduite par Antonio Sanchez. Ce dernier avait échoué à obtenir les parrainages en vue de la présidentielle de 2017. 

Le mouvement se réclame du marxisme-léninisme et se distingue du PCF par son refus des alliances avec d'autres partis de gauche et en se revendiquant toujours comme révolutionnaire. 

Les oubliés de l'Europe

Cette liste se présente comme celle des "artisans, commerçants, professions libérales et indépendants", ceux qui "payent au prix fort nos impôts,nos taxes et nos cotisations sociales", "contrôlés en permanence pour les normes". 

Selon sa tête de liste, Olivier Bidou - chef d'entreprise et président de la Coordination nationale des indépendants (CNDI) -, veut défendre ces professions "au niveau européen". Il propose de "créer l'Europe des savoir-faire", "relancer l'emploi de proximité", revoir "les normes européennes définies par des technocrates", "relancer l'apprentissage", "harmoniser les charges sociales" ou encore de défendre "une écologie positive et non punitive". 

Union démocratique pour la liberté égalité fraternité

Ancien "chômeur et créateur d'entreprise", Christian Person conduira la liste de ce mouvement qui veut "restaurer la crédibilité de la France" en "détechnocratisant les ministères et en assainissant les comptes publics", et placer l'emploi en tête des priorités. 

Parmi les propositions, il souhaite alléger le Code du travail, "flexibiliser" le temps de travail, ou encore "accélérer la convergence fiscale européenne". 

Décroissance 2019

Cette liste conduite par Thérèse Delfel, déposée le 26 avril, préconise la "décroissance" économique au profit de "la relocalisation de tous les produits de première nécessité dans des bio-régions autonomes, quasi autarciques, de la taille d'une province". 

Décroissance élections défend la "fin du gaspillage", la sortie "des traités européens de libre-échange" et la promotion des monnaies locales "pour affaiblir la finance". 

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