Européennes : sur LCI, François-Xavier Bellamy "assume ses responsabilités" après la débâcle des Républicains

Élections Européennes 2019
MEA CULPA - François-Xavier Bellamy était l'invité de David Pujadas, ce mardi 28 mai. Le député européen LR nouvellement élu a expliqué pourquoi il avait demandé "pardon" à sa famille politique. Il a aussi alerté contre les divisions qui secouent son parti et son engagement futur en tant que parlementaire européen.

Cette campagne électorale était sa première. François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes, n'a récolté que 8.48%  des voix, soit 8 sièges d'eurodéputés : une déroute historique aux élections européennes pour ce parti. L'élection a fortement fragilisé Les Républicains, créant des divisions et des reproches en chaîne, en particulier à l'endroit de Laurent Wauquiez, mais aussi de la tête de liste. 



"Il n'y a aucune raison que je m’exonère de cet échec", a expliqué François-Xavier Bellamy. "J'étais tête de liste et j'assume mes responsabilités", a-t-il confié sur le plateau de l'émission 24H Pujadas. Il est aussi revenu sur les divisions qui animent son parti, et son engament futur en tant que parlementaire européen. 

Cela a été une belle campagne et j'aurais aimé offrir à ces personnes le résultat qu'elles espéraient. Je n'ai pas réussiFrançois-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux Européennes

Dimanche soir, après les résultats de cette élection, François-Xavier Bellamy a demandé "pardon" aux partisans LR. Une réaction rarissime pour un homme politique. "J'ai employé ce mot car cela a été un immense honneur de conduire cette liste et ça a été un immense bonheur de sentir en France la confiance sur le terrain. Cela a été une belle campagne et j'aurais aimé offrir à ces personnes le résultat qu'elles espéraient. Je n'ai pas réussi", a-t-il dit. "J'aurais pu faire mieux mais ce qui est certain c'est que j'aurais pas pu faire plus. Je me suis donné sans compter", s'est justifié la tête de liste LR aux européennes. 


Selon lui, le parti politique n'a pas su prendre le virage de ce "détournement de scrutin en référendum". "On a pas su sortir de ce piège, c'est l'enseignement. Cet étau qui n'a pas seulement pris en tenaille notre famille politique mais aussi la démocratie. Jamais on avait vu une élection d'une France qui vote l'une contre l'autre", dit-il, en référence aux duels RN/LaRem. 

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"Ça n'est pas ces convictions que j'ai défendu qui nous ont fait perdre, ce serait un déni de réalité que de croire cela", affirme Bellamy

Perçue comme un échec retentissant, cette campagne a d'ailleurs été grandement critiquée a posteriori. Le numéro deux du parti, Geoffroy Didier, ainsi que le député Damien Abad, avaient déjà appelé dès dimanche soir à faire évoluer la ligne du parti sur les questions sociétales, alors que François-Xavier Bellamy, avait fait l'objet de critiques pour des positions jugées conservatrices, notamment sur l'IVG. Répondant à ces critiques, ce dernier a estimé "qu'il faut avoir un peu de dignité dans une défaite". 


"Faire croire que cet échec serait dû à une prise de position de ma part, marginale dans cette campagne, serait un déni de réalité (...) On a pas eu de désaccord avec Geoffroy. Cette campagne ne s'est pas résumée à ces thèmes. On a parlé d'emploi, d'avenir industriel, d'écologie, d'intégration, de culture. On a aussi parlé de civilisation car cela préoccupe les Français. Les engagements que j'ai pris sont clairs et correspondent à ce que pense notre famille politique [...] Je n'ai jamais mesuré mes prises de paroles avec évolutions sondagières. La réalité de la crise est très ancienne, dans la droite", analyse le nouveau député. 

Pour lui, cette défaite ne doit pas diviser

Au sujet des divisions qui secouent son parti, il pense que celui-ci aurait tout à y perdre. "Cette campagne m'a marqué parce qu'on a vécu le rassemblement de toute notre famille politique, les élus départementaux, régionaux, députés. Ceux-là, ils seraient désespérés qu'une nouvelle défaite soit le fruit d'une division [...] Je demande juste une chose : ne pas faire de cette défaite l'occasion d'une division de notre famille. Toutes les contributions sont nécessaires. Je vais m'engager dans le mandat confié pour être à la hauteur des attentes des Français". 


Pour lui, cet échec est en parti dû à "la défiance que cette famille politique suscite". On y parviendra en se rassemblant [...] On ne pourra regagner l'adhésion en disant du mal d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen", estime-t-il. Selon François-Xavier Bellamy, cette campagne vue comme un échec aura tout de même eu une vertu : "elle a été fondatrice". "On a vécu un élan d'unité de cette famille politique qui s'est rassemblée, autour d'un projet, de propositions", a-t-il estimé. 

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