Européennes : Twitter bloque une campagne du gouvernement... à cause de la loi "anti-fake news"

Élections Européennes 2019
IRONIE - Une campagne du ministère de l'Intérieur incitant à voter aux élections européennes a été refusée par Twitter, qui dit craindre le risque d'enfreindre la nouvelle loi française contre la "manipulation de l'information".

Une campagne du ministère de l'Intérieur incitant les électeurs à voter aux élections européennes a été refusée par Twitter, qui s'est justifié en avançant... la nouvelle loi française "anti fake news". Coordonnée par le Service d'information du gouvernement (SIG), la campagne "#Ouijevote" était censée inciter à s'inscrire sur les listes électorales en vue du scrutin du 26 mai, mais elle n'a pas pu donner lieu à des tweets sponsorisés sur Twitter. 

La loi "relative à la manipulation de l'information", promulguée le 22 décembre dernier, impose notamment aux principales plateformes numériques, comme Google, Facebook ou Twitter, de fournir les informations sur les publicités politiques qu'elles diffusent contre rémunération sur leur site, afin d'éviter des manipulations et ingérences électorales. Or, si Google et Facebook ont pris des dispositions en ce sens, "Twitter ne sait pas faire ça aujourd'hui, et a donc décidé d'avoir une politique complètement jusqu'au-boutiste qui est de couper toute campagne dite de nature politique", a expliqué le SIG.

Ce n'est pas que la loi se retourne contre nous, c'est un hébergeur qui ne s'y conforme pasUne source gouvernementale

"La priorité de Twitter devrait être de combattre les contenus faisant l'apologie du terrorisme. Pas les campagnes incitant à s'inscrire sur les listes électorales d'une république démocratique", a réagi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner sur Twitter, ajoutant que le sujet "sera abordé jeudi avec les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) lors du G7 des ministres de l'Intérieur".


"Ce n'est pas que la loi se retourne contre nous, c'est un hébergeur qui ne s'y conforme pas. C'est selon nous un baroud d'honneur de leur part pour pouvoir remettre sur la table une discussion visant à aménager des dispositifs", prévus par la loi, estime une source gouvernementale auprès de l'AFP.

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