"Fabriqué en France" : Le Pen mise plus que jamais sur le protectionnisme

Élections Européennes 2019

PATRIOTISME ÉCONOMIQUE – La présidente du FN a visité ce mercredi une usine en Moselle où elle a défendu le "fabriqué en France", refusant au passage d’employer le terme habituel du "made in France" désormais associé à Arnaud Montebourg.

Arnaud Montebourg a beau défendre le "made in France" matin, midi et soir, Marine Le Pen ne veut pas laisser l’un de ses sujets fétiches à ses adversaires politiques. Mais, fidèle à sa volonté de ne pas utiliser d’anglicismes, elle boude le terme "made in France" pour lui préférer celui du "fabriqué en France".

"Nous, on essaie de parler français au moment où M. Macron va parler anglais à Berlin (ndlr : allusion au déplacement de l'ancien ministre de l'Economie en Allemagne la semaine dernière). Je pense que c’est aussi un combat pour la langue française que nous mènerons parce qu’au fur et à mesure des années, on a vu cet élément essentiel de notre identité être galvaudé, maltraité au point d’ailleurs qu’on fait même des lois pour autoriser ou démultiplier les enseignements en anglais dans les universités françaises", a indiqué ce mercredi la présidente du FN, lors d’une visite d’une entreprise mosellane de fabrication de fenêtres dirigée par un futur candidat FN aux législatives. 

Selon elle, la langue française n’est pas seulement "un vecteur d’échange culturel" mais aussi "un vecteur d’échange économique très important qui a été sous-estimé". Elle désire ainsi la "revaloriser" dit-elle, notamment "pour développer nos échanges économiques avec les pays francophones d’Afrique". 

"Trump et May appliquent déjà mon programme"

Au-delà du caractère sémantique, la présidente du FN a une nouvelle fois dénoncé "la mondialisation sauvage" et a prôné un "patriotisme économique" et un "protectionnisme intelligent", au moment même où le futur président américain Donald Trump -il prendra ses fonctions ce vendredi 20 janvier- adopte un discours similaire.  D’ailleurs, Marine Le Pen estime que le futur locataire de la Maison Blanche, ainsi que la Première ministre britannique Theresa May, "appliquent son programme". 

"Et ça marche très bien puisque en un tweet, Donald Trump a réussi à obtenir plus de relocalisations aux Etats-Unis que MM. Sarkozy et Hollande en 10 ans de mandat", a-t-elle lancé, en référence au message qui aurait convaincu Ford de ne pas investir au Mexique et de relocaliser les emplois prévus aux Etats-Unis. 

"Avoir des frontières, ce n'est pas ériger un mur de barbelés"

A quelques kilomètres des frontières avec l'Allemagne et le Luxembourg, Marine Le Pen a également rappelé qu'elle souhaitait sortir de l'euro, monnaie unique coupable, selon elle, de la perte de compétitivité de la France. Interrogée sur l'avenir des dizaines de milliers de frontaliers en cas de retour aux frontières et au franc, l'eurodéputée FN a répondu : "Avoir des frontières, ce n'est pas ériger un mur de barbelés (...), c'est un acte de souveraineté qu'ont 95% des pays du monde".

Que se passerait-il si chacun revenait à ses monnaies ? "Nous serions extrêmement compétitifs à l'égard de l'Allemagne", a-t-elle assuré car "notre perte de compétitivité à l'égard de l'Allemagne est liée a une chose, c'est précisément à cette monnaie unique".

En vidéo

Marine Le Pen confiante pour les présidentielles

Et aussi

Lire et commenter