Favorite, Anne Hidalgo fait de l'abstention son adversaire principal

Favorite, Anne Hidalgo fait de l'abstention son adversaire principal

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MUNICIPALES 2014 - La candidate PS à la mairie de Paris a beau maintenir son avance dans les sondages, le risque d'une forte abstention de l'électorat de gauche inquiète son équipe. Des voix manquantes lors du vote ou un report vers le Parti de gauche pourraient affaiblir son camp, y compris dans les arrondissements ancrés à gauche.

Et si le principal ennemi d'Anne Hidalgo n'était pas Nathalie Kosciusko-Morizet, mais l'abstention de ses propres électeurs ? La candidate socialiste à la mairie de Paris, toujours favorite des sondages, surveille avec une pointe d'inquiétude le risque de démobilisation d'une partie de son électorat susceptible d'être déçu ou lassé par le gouvernement au plan national.

"Dans cette élection, les enjeux sont tellement forts que rien n'est joué, a reconnu mercredi la candidate devant la presse. Je dois convaincre de l'importance de la participation lors du vote." "Jouer l'élection jusqu'au bout" consistera notamment à intensifier la campagne de porte-à-porte "dans chaque arrondissement" pour aller chercher cet électorat, notamment dans les quartiers populaires de la capitale.

Les "états d'âme" de l'électorat de gauche

Si Anne Hidalgo assure ressentir "un soutien" et percevoir "un socle d'électeurs" favorables à la gauche parisienne, le contexte national de ces élections intermédiaires lui fait craindre un attentisme que les sondages n'ont pas mesuré.

Préférant limiter les affrontements directs avec la droite, empêtrée dans ses propres divisions , l'équipe Hidalgo va orienter sa campagne durant les prochaines semaines vers la remobilisation des troupes. "Le pari de nos adversaires qu'une partie de la gauche vote pour NKM est perdu, juge Rémi Féraud, porte-parole et maire PS du 10e. Mais l'électorat de gauche, lui, a des états d'âme. Nous allons devoir le convaincre d'aller voter en faisant connaître notre projet".

L'électorat de droite mobilisé

Le risque est réel. Une abstention forte pourrait affaiblir la gauche, y compris dans des arrondissements où sa victoire semble largement acquise. En effet, du score par arrondissement dépend le nombre de conseillers de Paris qui seront élus, et donc la majorité pour élire le maire. D'autant que l'équipe Hidalgo pourrait également être gravement affaiblie par un hypothétique score à deux chiffres du Parti de gauche, adversaire déclaré, dans des arrondissements clés comme le 12e et le 14e.

La gauche se rassure en regardant le poids de l'adversaire dans les sondages. "Au premier tour, l'électorat de gauche se mobilise traditionnellement moins, observe Rémi Féraud. Mais en face, on constate que l'alliance UMP-UDI-Modem aboutit aux mêmes scores que l'UMP seule." Certes, mais l'électorat de droite pourrait être, lui, particulièrement mobilisé par la perspective d'un vote sanction contre le gouvernement.

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