Que pensent les candidats à la présidentielle de Donald Trump ?

ÉPOUVANTAIL - Que pensent les candidats à la présidentielle française de Donald Trump, qui sera investi ce vendredi 20 janvier à Washington ? Certains d'entre eux - Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Arnaud Montebourg - ont loué son protectionnisme économique. D'autres ont émis quelques réserves mais se sont gardés d'être trop virulents, au cas où ils auraient affaire à lui dès le mois de mai prochain.

Donald Trump ne fait pas l'unanimité en France. Pourtant, nombreux sont les candidats à la présidentielle à avoir loué son protectionnisme économique. Au début du mois de janvier, à la suite de la décision de Ford d'annuler l'implantation d'une usine au Mexique après des menaces lancées sur Twitter par le futur président américain, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon avaient salué son intervention. La présidente du Front national avait ainsi vanté sa "volonté politique". "Donald Trump fait le démonstration qu’on peut obtenir effectivement d’une grande entreprise de cesser les procédures de délocalisation et imposer dans l’intérêt du peuple américain la relocalisation d’activités industrielles sur le territoire", avait-elle déclaré lors de ses vœux à la presse. 

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"La volonté paie" : quand Marine Le Pen salue le succès de Donald Trump

Jeudi 18 janvier, lors d'une visite en Moselle sur le thème du protectionnisme économique, elle en a remis une couche. "Il faut faire du patriotisme économique, il faut faire du protectionnisme intelligent", un programme que "M. Trump est en train d’appliquer aux Etats-Unis, que Mme May est en train d’appliquer", a-t-elle estimé. "En réalité, ils sont en train d’appliquer le programme de Marine Le Pen". "Et ça marche très bien puisque en un tweet, Donald Trump a réussi à obtenir plus de relocalisations aux Etats-Unis que MM Sarkozy et Hollande en 10 ans de mandat."

Mélenchon serait "ravi de traiter avec un homme pareil"

Toujours au début du mois de janvier, Jean-Luc Mélenchon avait affirmé sur France Inter que s'il était élu, il se "réjouirai(t) de traiter avec un homme pareil", notamment sur la question du traité transatlantique de libre-échange (TTIP ou Tafta). "Il prétend se situer sur la base des intérêts des Nord-Américains, donc il comprendrait parfaitement que je me situe strictement sur le point de vue des Français", avait lancé le candidat de "La France insoumise".

Jeudi 19 janvier lors d'un discours à Florange, Jean-Luc Mélenchon a évoqué la "dangerosité" de Donald Trump. "Ce monsieur Trump va rendre le monde plus dangereux" a-t-il déclaré.

Montebourg : "Trump reprend mes thèmes"

Le mercredi 4 janvier également, lors d'une conférence de presse, Arnaud Montebourg avait osé dire que Donald Trump l'avait copié. "Donald Trump reprend mes thèmes. Oui ! Car je suis antérieur en politique à lui", avait estimé le défenseur du "Made in France". Le 16 janvier, après une interview de Donald Trump sur l'avenir de l'Europe, il avait toutefois alerté contre les idées du milliardaire. Sur France Inter, il avait déclaré : "Nous allons devoir prendre des mesures visant à construire des blocs très offensifs au sein de l'Union si nous voulons la sauver. Sinon nous allons donner raison à M. Trump qui a dans le viseur la destruction de l'Union européenne".

Trump, un futur partenaire à ménager

A un moment ou à un autre, tous les candidats à l'élection présidentielle ont donné leur avis sur Donald Trump. Puisqu'ils espèrent tous être élus en mai prochain, ils ne peuvent rester silencieux sur celui qui sera à la tête des Etats-Unis pour les quatre prochaines années. D'ailleurs, la plupart n'ont pas osé être très virulents envers le milliardaire, trouvant toujours un enseignement à tirer de son élection.


Après sa victoire face à Hillary Clinton, François Fillon avait par exemple appelé les détracteurs de Trump à "retrouver leur calme". "Donald Trump est le candidat d’un parti qui s’appelle le Parti républicain, qui n’a rien d’un parti populiste, qui n’a rien d’un parti d’extrême droite". Il faut le juger sur ses actes, ce n’est pas la première fois qu’il y a un président américain élu un peu original. On a eu le président Reagan dont on disait à peu près la même chose. Trump, quand il sera aux affaires, sera très différent de ce qu’il est aujourd’hui", avait souligné celui qui n'était encore que candidat à la primaire de la droite.

Macron et Valls pragmatiques

Emmanuel Macron, lors d’un voyage à New York au début du mois de décembre, avait quant à lui déclaré : "Donald Trump a une vision lointaine de la France, comme beaucoup d’Américains. Je l’invite à venir en France, constater comment elle se tient debout." Dans son communiqué écrit après la victoire de Trump, l'ancien ministre de l'Economie avait écrit : "Il faut toujours écouter ce que le peuple a à dire et non ce qu’on aimerait qu’il dise". Il avait félicité le président élu, en tant "qu’allié historique de ce grand pays". Le 17 janvier dernier lors d'un discours à Quimper, le candidat a rappelé à Donald Trump que l'histoire des Etats-Unis était liée à la nôtre. "Et je veux dire ce soir à monsieur Trump, qui depuis l’autre côté de notre océan devrait avoir un peu plus d’humilité : Monsieur Trump l’Américain, n’oubliez jamais que si vous êtes une nation libre, c’est parce que des ambitieux sont partis de ces terres avec l’amour de la liberté, avec le même rêve, le rêve français, le rêve européen. (...) Votre histoire, c'est la nôtre."

 

Manuel Valls était pour sa part toujours Premier ministre lorsque Donald Trump a été élu, l’obligeant donc à une certaine retenue. "Nous souhaitons bien sûr établir très vite avec Donald Trump et sa future administration une relation forte, franche et fondée sur la confiance". "Que nous dit la démocratie américaine ? Le besoin de frontières, le besoin de réguler l’immigration, la nécessité de combattre le terrorisme et de nommer le totalitarisme islamiste, le besoin aussi de mieux redistribuer les richesses, le besoin de protection pour les couches populaires et les classes moyennes qui vivent ce sentiment de déclassement." Une leçon qu’il a appliquée en tant que candidat à la présidentielle, puisqu'il a présenté dans son programme plusieurs mesures destinées à mieux protéger les classes moyennes et populaires (revenu décent, baisse des prélèvements obligatoires, défiscalisation des heures supplémentaires...). Toujours à propos de l'interview de Donald Trump sur l'Europe, Manuel Valls avait estimé qu'il s'agissait d'une "déclaration de guerre à l'Europe". 

Jadot : Trump est "une catastrophe pour l'environnement"

Yannick Jadot, candidat écolo à la présidentielle, est peut-être le plus critique envers le futur président américain. Pour lui, son élection est "une catastrophe pour l'environnement". "Il va non seulement revenir sur toute la lutte contre le dérèglement climatique, mais aussi favoriser les vieilles énergies, y compris quand elles sont plus chères que les énergies renouvelables", avait dénoncé le député européen après la victoire de Trump début novembre.

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