Financement des campagnes électorales : qui est Frédéric Chatillon, le proche de Marine Le Pen mis en examen ?

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JUSTICE – Frédéric Chatillon, dirigeant d’une société prestataire du Front National et proche de Marine Le Pen, a été mis en examen récemment pour abus de biens sociaux dans le cadre d’une enquête sur le financement des campagnes du parti en 2014 et 2015. Qui est cet homme de l’ombre ? Éléments de réponse.

Après la cheffe de cabinet de Marine Le Pen en milieu de semaine, Catherine Griset, c’est au tour d’un autre proche de la candidate d’extrême droite d’être poursuivi par la justice. L’affaire est différente : il ne s’agit pas des assistants parlementaires européens mais des financements des campagnes électorales du Front National en 2014 et 2015. Qui est cet homme de l’ombre, mis en examen le 15 février dernier pour abus de sociaux ? LCI fait le point.

Un ex-dirigeant du GUD

Agé de 49 ans, Frédéric Chatillon est un sympathisant du Front National depuis de longues années. Tout commence sur les bancs de la fac de droit parisienne, Panthéon-Assas, où il rencontre Marine Le Pen au tournant des décennies 80-90. A cette époque,  il prend également la tête du GUD (Groupe union défense), un syndicat étudiant d’extrême droite réputé pour ses actions violentes. Depuis, le groupement a perdu de son ampleur. Mais les amitiés qui en sont nées sont restées. 

Un pilier de la communication FN

Lorsqu’il crée sa société Riwal au milieu des années 90, Frédéric Chatillon se positionne peu à peu comme un pilier de la communication du Front National. Son entreprise deviendra ainsi le principal prestataire des campagnes électorales du parti, à qui elle réservera ses services. 

Il est soupçonné d'avoir escroqué l'Etat

C’est dans le cadre de ses activités de prestataire du FN que Frédéric Chatillon a été mis en examen le 15 février dernier. La justice tente de comprendre si le dirigeant a effectivement accordé un crédit au parti frontiste Jeanne, un mouvement satellite du Front national. Considérée comme "une personne morale", il n’a normalement pas le droit de contribuer au fonctionnement des partis politique, détaille une source proche de l’enquête au Parisien.


 Le chef de l’entreprise Riwal est ainsi soupçonné d’avoir escroqué l’Etat, qui rembourse les frais de campagne, par le biais de surfacturations. Comme lui, le trésorier du parti Wallerand de Saint-Just et le vice-président Jean-François Jalkh sont déjà renvoyés au correctionnelle dans une affaire connexe, pour répondre cette fois du financement de la campagne des législatives de 2012. 

Son nom a été cité dans l'affaire des "Panama papers"

En avril dernier, les révélations des "Panama Papers" du journal Le Monde suggéraient que Frédéric Chatillon aurait construit tout un montage financier pour envoyer près de 316.000 euros de la France vers plusieurs paradis fiscaux. Des accusations qu'il a toujours réfutées. "Je n'ai rien fait d'illégal", affirmait-il à notre antenne en avril dernier. Les investigations sont toujours en cours. 

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