François Fillon dans "L'émission politique" : tête dure et langue de velours

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Fillon candidat de la droite pour 2017

DÉCRYPTAGE - François Fillon, invité de "L'Émission politique", jeudi soir sur France 2, est resté droit dans ses bottes face aux interpellations des invités et des journalistes. Passé colonial, adoption par les couples homosexuels, régimes spéciaux, le candidat à la primaire à droite a déroulé tranquillement ses convictions très marquées à droite.

"Droit dans ses bottes":  l'expression jadis attribuée à Alain Juppé semble aller comme un gant à François Fillon. Après Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et Bruno Le Maire, le candidat à la primaire de la droite et du centre est passé sur le gril de "L'Émission politique" de France 2 en déroulant avec flegme des convictions fortement marquées à droite. 

Des séquences sans émotion particulière où l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy n'aura pas cédé un pouce face à ses interlocuteurs sur des sujets et propositions polémiques. Voici les moments à retenir. 

Son respect pour Margaret Thatcher

Interrogé par Léa Salamé sur sa passion pour l'ancien Premier ministre britannique Margaret Thatcher, souvent présentée en France comme un épouvantail pour les mesures ultralibérales qu'elle avait mises en oeuvre dans les années 1980, François Fillon a estimé qu'il ne s'agissait "pas la même époque", ni du même pays. Pour autant, il réaffirme son respect pour celle qui a "redressé l'Angleterre" et qui a été "réélue trois fois", ce qui n'est jamais arrivé à un président en France. 

Le clash sur le passé colonial de la France

Au lancement de sa campagne, François Fillon avait assimilé la colonisation française à "un partage de cultures", suscitant une forte polémique. "Je ne regrette rien", affirme tranquillement l'ancien Premier ministre, lors d'un échange vif avec le syndicaliste guadeloupéen Elie Domota, qui l'accuse de "racisme". Tout en reconnaissant que la colonisation était "un asservissement", il dit "refuser la repentance". "L'histoire de France s'inscrit dans l'histoire de l'humanité, je n'accepte pas qu'elle porte sans arrêt cette responsabilité." 

Adoption : intraitable face à une mère homosexuelle

François Fillon, qui a obtenu le soutien de Sens commun, branche politique de la Manif pour tous, réaffirme son hostilité à la loi Taubira sur le Mariage pour tous. A Aline Kernel, une femme dont la compagne a pu adopter ses enfants grâce à cette loi, il assure qu'il ne "reviendra pas sur le principe du Mariage pour tous", mais qu'il veut abandonner l'adoption plénière pour "l'adoption simple". Quand la jeune femme invoque son "désir de parentalité, de fonder une famille", il répond que "la question, c'est le droit de l'enfant. Biologiquement, il est né d'un père et d'une mère".  Et d'ajouter, face à son interlocutrice, que "la société doit préciser ses règles de filiation". 

Intransigeant face aux syndicalistes

Dans une séquence tournée avec des syndicalistes CGT et Sud de la SNCF, le dialogue de sourds s'instaure rapidement entre l'ancien Premier ministre et les cheminots. Celui qui "veut inscrire dans la Constitution le principe des régimes sociaux" et supprimer les régimes spéciaux affirme qu'il ira au bout de sa réforme. Les syndicalistes lui promettent "la guerre"...

Il refuse de trancher sur un second tour Hollande-Le Pen

Alors que Nicolas Sarkozy affirmait, jeudi matin, qu'il voterait pour François Hollande si ce dernier affrontait Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, François Fillon évacue totalement la question posée par Léa Salamé. "Je refuse que les journalistes nous placent en permenance dans des situations qui ne correspondent pas à la réalité", rétorque le candidat, qui "ne se résoud pas" à un tel scénario. Avant de conclure, péremptoire : "Je pense que François Hollande n'a aucune chance". 

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