Fillon, Macron... pourquoi les candidats bichonnent les chasseurs

Élections Européennes 2019

CIBLE - Ce mardi, François Fillon et Emmanuel Macron participent à l'assemblée générale de la Fédération nationale des chasseurs. L'occasion pour les deux candidats à la présidentielle de présenter leurs propositions sur la chasse, la ruralité et l'écologie. Mais quel est le poids du vote chasseur en France ? Où se place-t-il sur l'échiquier politique ? LCI fait le point.

Ils aiment pister les alouettes des champs et les oies rieuses. Mais ce mardi, ce sont bien les chasseurs qui deviennent des proies pour les candidats à la présidentielle. A l’occasion de son assemblée générale, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) accueille François Fillon et Emmanuel Macron venus défendre leurs propositions sur la chasse, la ruralité et la protection de la faune et la flore. Une étape à ne pas négliger tant le poids du vote chasseur peut être déterminant lors d’un scrutin. 

Selon la FNC, il y a plus d'1,1 million de chasseurs dans l’Hexagone. Un bassin d’électeurs conséquent pour les candidats. Surtout quand on sait que l’écart entre Nicolas Sarkozy et François Hollande était de 1.139.983 de voix au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2012. Interrogé lundi par nos confrères du Figaro, Willy Schraen, président de la FNC, est revenu sur l’évolution des appétences politiques des chasseurs français.

Un électorat qui penche à droite mais…

"Dans les années 1990, le vote chasseur était deux tiers à gauche et un tiers à droite parce que la chasse est une activité vraiment populaire", rappelle-t-il avant d’évoquer le parti Chasse, pêche, nature et traditions (CPNT), qui avait participé aux scrutins de 2002 et 2007. A cette époque, "les suffrages exprimés se sont équilibrés : un tiers CPNT, un tiers à droite et un tiers à gauche". Actuellement, alors que le CPNT s’est associé au parti Les Républicains, Willy Schraen estime que "le FN capte désormais près de 40 % du vote chasseur". Le reste étant "réparti entre la gauche et la droite". 

D’après une enquête Ifop publiée en 2013, la gauche dans son ensemble a recueilli "42,5% des votes auprès des chasseurs" à l’élection présidentielle de 2012. Quant à la droite et l’extrême-droite, elles ont pu s’appuyer "sur un score de 54 %". Et l’institut de sondage d’en conclure : "Si la gauche est donc à ‘son poids’ parmi l’électorat chasseur, celui-ci penche néanmoins nettement plus à droite que le corps électoral français".

Ecologie et chasse font bon ménage

Face à ce constat, la gauche n’a toutefois pas dit son dernier mot. Le 4 mars dernier, Benoît Hamon, candidat investi par le Parti socialiste, a ainsi accordé une interview au site chassons.com. L’occasion d’expliquer que certains pans de son programme sont loin d’être en contradiction avec les revendications des porteurs de fusil : 

"Je m’inscris dans une démarche qui veut articuler les intérêts des êtres vivants et ceux de l’environnement dont ils dépendent, pour mieux les protéger. Et les chasseurs n’ont pas forcément des objectifs fondamentalement opposés à cette démarche, comme par exemple quand il s’agit de préserver l’environnement ou l’habitat naturel de la faune sauvage qui reste indispensable à la pratique de leur loisir". Certains chasseurs sont en effet très sensibles aux problématiques environnementales. Preuve en est avec la naissance dès 1989 de l’Association nationale pour une chasse écologiquement responsable.

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