Guyane : ce que les candidats à la présidentielle pensent de la crise

QUI DIT QUOI - Les différents candidats à la présidentielle se sont exprimés ces dernières heures sur la crise sociale qui touche le département depuis plusieurs jours. Voici ce qu'ils pensent du conflit et les idées qu'il avancent pour le résoudre.

La Guyane est secouée depuis plusieurs jours par un large mouvement social, et une grève générale a même été votée ce lundi. L'occasion pour les candidats à la présidentielle d'exprimer leur point de vue sur la situation, et de proposer des solutions.

• Marine Le Pen. Invitée d'Europe 1, la présidente du Front national a dit comprendre les Guyanais. "Ce sont des citoyens qui se sont constitués parce qu’ils n’en peuvent plus de voir que l’Etat ne remplit pas sa mission en Guyane. Je ne défends pas cette méthode mais je la comprends. Il faut que l'Etat reprenne son rôle en Guyane. Et qu'il arrête les pompes aspirantes de l'immigration." Selon elle, "la situation d’immigration clandestine massive en Guyane, que subit également Mayotte, que subit dans une moindre mesure la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion aujourd’hui, est la cause d’une insécurité gravissime. (...) La population ne peut plus vivre normalement, elle vit avec la peur au ventre, et ça c’est inadmissible. Or l’Etat détourne les yeux, ne fait rien."

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Marine Le Pen : "La situation d'immigration clandestine massive en Guyane est la cause d'une insécurité gravissime"

• Nicolas Dupont-Aignan. Le candidat de Debout la France a estimé ce lundi sur France 2 que la situation en Guyane était "complètement surréaliste" et a appelé le Premier ministre Bernard Cazeneuve à se rendre sur place. "Les Guyanais méritent qu’on leur parle, qu’on les écoute", "le niveau d’insécurité en Guyane est effrayant et le gouvernement est aux abonnés absents alors qu’il y a encore un mois de travail" a-t-il dénoncé. Il est convaincu que "s’il y avait eu des incidents en Corrèze ou à Toulouse, il y aurait un membre du gouvernement sur place". 


Le candidat s'était également exprimé sur le sujet dimanche sur LCI, dans l'émission "Live présidentiel". Regardez son intervention ci-desous : 

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Dupont-Aignan estime que le Premier ministre devrait se rendre en Guyane

"Nous avons totalement abandonné nos territoires et départements d’Outre-mer depuis une trentaine d’années"Jean Lassalle

• Jean Lassalle. Le député centriste était l'invité de LCI lundi matin. Il a estimé que la France avait totalement abandonné ses "territoires et départements d’Outre-mer depuis une trentaine d’années". Il n'a pas vraiment détaillé ce qu'il comptait faire pour le territoire s'il était élu. Il a seulement pris ce prétexte pour critiquer Emmanuel Macron. "D’ailleurs c’est là qu’aurait dû aller Emmanuel Macron (ndlr : le candidat d'"En Marche !" s'est rendu à La Réunion ce week-end). C’est là qu’il aurait dû rendre compte du bilan du gouvernement auquel il appartenait" a déclaré celui qui a confié essayer de récolter de l'argent pour effectuer le voyage jusqu'en Guyane.

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Jean Lassalle, invité de la matinale de LCI

• Benoît Hamon. Le candidat socialiste a publié dimanche un communiqué dans lequel il écrit que "beaucoup a été fait" ces cinq dernières années "pour rattraper les retards subis" par la Guyane mais que "il reste encore énormément à faire". "Un dialogue fécond doit s’établir entre le mouvement social et les représentants de l’Etat pour arriver à la définition d’un plan de rattrapage ambitieux et concret" (...) J’en appelle à la responsabilité de chacun". 


En tant que candidat à la présidentielle, il propose pour essayer de résoudre la situation "d’abonder de 500 millions d’euros par an un fonds égalité réelle pour les Outre-mer afin de développer les infrastructures de ces territoires". Il veut aussi faire de l’éducation, de la formation et du renforcement des moyens de l’Université de Guyane une priorité. Pour la sécurité, il souhaite notamment accorder une prime aux forces de l’ordre présentes dans les Outre-mer, lutter contre l’immigration illégale en renforçant les moyens humains et matériels des forces de sécurité, ou encore construire une maison d’arrêt de 300 places en Guyane.

"La Guyane est devenue une terre de violence généralisée"Jean-Luc Mélenchon

• Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de La France insoumise a adressé dimanche un "immense salut de solidarité" à la Guyane. En meeting à Rennes, il a déclaré : "La Guyane, gangrénée par une insécurité générale touchant tous les secteurs, par un non-développement entretenu (…) est devenue une terre de violence généralisée avec un taux de chômage qui va jusqu’à 40% chez les jeunes, le plus élevé de France, avec des hôpitaux qui ressemblent plus à des mouroirs qu’à des lieux de guérison."

• Emmanuel Macron. Le candidat, en déplacement à la Réunion et à Mayotte ce week-end, a appelé à "revenir à la raison et au calme". "Bloquer les aéroports, bloquer la ville, ce n’est pas acceptable. Ensuite, il faut prendre des décisions sur l’avenir. La Guyane est un territoire dont les défis sont incomparables, y compris avec la Réunion. C’est le plus grand département français, il y a une dynamique démographique qui est celle d’un pays en voie de développement et une immigration importante, des défis colossaux" a dit le fondateur d'"En Marche !". "L’Etat doit investir massivement, en terme d’infrastructures, de développement pour aider le territoire guyanais à s’en sortir. C’est le pacte d’avenir, je me suis engagé sur ce pacte, la réponse à moyen terme est là."

• François Fillon. Le candidat LR s'est exprimé vendredi, via un post publié sur sa page Facebook.

"Le prochain quinquennat doit être celui de la restauration de l’autorité de l’Etat afin de lutter vraiment contre l’insécurité, la délinquance et l’immigration clandestine qui minent la Guyane" a notamment estimé l'ancien Premier ministre, qui pense que la situation actuelle est "la conséquence de l'échec de la politique de François Hollande".

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