"J'étais la véritable cible" : le discours de François Bayrou, ministre démissionnaire, en six phrases

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JE M'EN VAIS - Lors d'une conférence de presse, mercredi, François Bayrou a détaillé les raisons pour lesquelles il démissionnait du gouvernement, à l'heure où la justice enquête sur les emplois présumés fictifs du Modem au Parlement européen. LCI résume son intervention en six citations.

Un petit mois, et puis s'en va. Après l'annonce de sa démission du ministère de la Justice, mercredi, François Bayrou a tenu une conférence de presse précédant de peu l'annonce du nouveau gouvernement. L'ex-garde des Sceaux, qui a confirmé son intention de se consacrer à sa ville de Pau, s'est présenté comme la victime d'une cabale dans le cadre de l'enquête portant sur les emplois présumés fictifs du Modem - ce qu'il nie - au Parlement européen. Voici, en six phrases, les principaux éléments de sa déclaration. 

"Bien que mon nom n'ait jamais été cité, j'étais la véritable cible"

François Bayrou s'est présenté comme la victime d'une manipulation visant à "décrédibiliser la parole du ministre qui portait la loi" de moralisation de la vie publique, qui sera présentée à l'Assemblée nationale dès cet été. 


Sans nommer les personnes à l'origine de cette supposée cabale, l'ex-garde des Sceaux estime que l'enquête préliminaire sur les emplois présumés fictifs du Modem est "une campagne" qui "s'est développée à base de dénonciations anonymes". C'est en effet un ex-collaborateur du Modem qui, par son témoignage, a déclenché l'enquête. 

"La seule personne qui ne puisse pas se défendre est le ministre de la Justice"

François Bayrou justifie sa démission par la nécessité de pouvoir se défendre, ce que sa fonction ne lui permettrait pas de faire - le garde des Sceaux serait, dit-il, accusé de s'immiscer dans les affaires de la justice. "Dans une vie publique d'une violence perpétuellement croissante, cela revient à boxer les mains attachées dans le dos", ajoute-t-il. 


Conclusion : "Je n'accepte pas de vivre sans liberté de parole, d'être condamné au silence". 

"Je choisis de préserver la loi de moralisation, de ne pas exposer le gouvernement et le Président à des campagnes mensongères"

Autre argument invoqué : le souci de protéger le pouvoir exécutif. François Bayrou a insisté sur son souhait de ne pas nuire à Emmanuel Macron, rappelant son attachement à l'alliance qu'ils avaient scellée avant la présidentielle, et à la loi de moralisation de la vie publique qu'il portait. 


"Le débat au Parlement allait être détourné de son sens", ajoute-t-il. "C'est une loi à laquelle je tiens beaucoup, j'accorde plus de prix au but à atteindre qu'aux privilèges et aux galons."

"Nous ne pouvons pas vivre dans une société de perpétuelle dénonciation"

Une intervention de François Bayrou en forme d'avertissement. Pour l'ex-ministre, en France, "la dénonciation du voisin qui vous gêne et vous jalouse est entrée dans une nouvelle étape". "L'ouverture d'une pré-enquête est présentée comme une pré-condamnation". Et d'ajouter, un brin pessimiste, que "la démocratie ne résistera pas à cette déferlante".

"Ma certitude est qu'Emmanuel Macron est à la hauteur de la fonction"

Une façon pour François Bayrou de montrer qu'il n'y a pas de désaccord entre lui et le chef de l'Etat, mais aussi de rappeler que le Modem, "deuxième parti de la majorité, troisième de l'Assemblée nationale", reste malgré son départ un allié incontournable. "Emmanuel Macron a besoin d'une majorité large, pluraliste [...] Nous soutiendrons des idées, nous en défendrons d'autres", prévient-il. "Je serai à côté du Président pour l'aider et le soutenir."

"Je vais retrouver mes fonctions de maire de Pau, une ville magnifique et magique"

Petite précision finale de François Bayrou, qui rappelle la retraite d'Alain Juppé, maire de Bordeaux, après son échec à la primaire de la droite : il va regagner sa chère ville de Pau, dont il est l'édile. Le patron du Modem, prudent, avait pris soin en effet de ne pas notifier au préfet sa démission, comme le note Sud-Ouest


Un Conseil municipal est prévu le 30 juin, mais sans objet précis sur ce point. François Bayrou n'aura donc rien à faire de particulier, ni vote, ni déclaration, pour retrouver son siège de maire. 

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