La candidate du jour : dans le 5e, l'universitaire qui bouscule Tiberi et la droite

La candidate du jour : dans le 5e, l'universitaire qui bouscule Tiberi et la droite

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PORTRAIT – Marie-Christine Lemardeley, 61 ans, est la présidente de l'université Sorbonne Nouvelle mais aussi la candidate de la "société civile" choisie par Anne Hidalgo (PS) pour le 5e. Sa mission : détrôner les Tiberi et la droite, divisée après des décennies de règne dans cet arrondissement clé où la gauche aurait des chances de l'emporter.

Elle est entrée en campagne sur la pointe des pieds, à l'ombre des affrontements médiatiques entre Anne Hidalgo (PS) et Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), et accueillie un peu froidement par certains responsables locaux du PS. Après des semaines d'initiation aux porte-à-porte, marchés, cafés-débats et autres "déambulations" dans les quartiers chics du 5e, voici la candidate PS Marie-Christine Lemardeley, 61 ans, universitaire émérite et novice en politique, au centre de toutes les attentions.

Depuis ce week-end, sa petite permanence de la rue du Cardinal-Lemoine, à deux pas de Jussieu, attire les curieux. "Je sens que ça fonctionne, souffle, à mi-voix, cette normalienne spécialisée en littérature américaine, présidente de l'université Sorbonne Nouvelle. Les gens me reconnaissent dans la rue."

Un sondage la donne gagnante

Un petit bouleversement vient de se produire dans l'univers feutré du 5e, secteur bourgeois de la capitale qui héberge toutefois une forte population étudiante, des chercheurs et des personnes âgées isolées. Un sondage BVA réalisé pour Le Parisien donne la candidate socialiste gagnante dans tous les cas de figure. Dix points d'avance sur l'UMP au premier tour, 52 contre 48 % au second tour, voire 49 contre 31 % si Dominique Tiberi, fils du maire actuel et dissident, se maintenait dans une triangulaire fratricide face à la candidate investie par l'UMP, Florence Berthout.

Une hypothèse terrible pour la droite, qui a toujours gouverné le quartier à travers la famille Tiberi, par-delà le scandale et le procès des "faux électeurs" dans lequel l'actuel maire, condamné en appel, s'est pourvu en cassation.

"Je ne me laisse pas griser"

Marie-Christine Lemardeley reste une personne placide. "C'est un encouragement pour nous, lâche-t-elle tout juste. Mais je ne me laisse pas griser. Le sondage ne fait pas l'élection." Au cours des deux derniers mois de campagne, la présidente d'université va donc poursuivre le porte-à-porte auquel elle a pris goût. Et tenter de capter des voix des déçus de la droite qu'ils jugeraient trop divisée. "Je veux entendre tout le monde, même ceux qui ne voteront pas pour moi", clame la candidate d'Anne Hidalgo. Sans nommer une seule fois ses adversaires car, dit-elle, "les petites phrases ne l'intéressent pas".

Le 11 février, Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë lui offriront un petit bain médiatique lors d'un meeting au gymnase du Patriarche. Dans la dernière ligne droite, Marie-Christine Lemardeley, consciente d'être particulièrement "observée", promet de rester sereine. "La politique n'est pas une raison pour faire des psychodrames toutes les cinq minutes."

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