La conseillère agriculture de Macron, ex-lobbyiste du vin, inquiète les addictologues

La conseillère agriculture de Macron, ex-lobbyiste du vin, inquiète les addictologues

MEFIANCE - Onze associations d'addictologues et six experts en santé publique s'inquiètent de la nomination d'Audrey Bourolleau comme conseillère agriculture d'Emmanuel Macron. Elle était auparavant déléguée de Vin et Société, une instance de lobbying pour cet alcool.

Le gouvernement d'Emmanuel Macron résistera-t-il aux conflits d'intérêts ? Si l'ex-candidat victorieux de la présidentielle avait pris soin de rassurer sur ce sujet durant la campagne, il est loin d'avoir convaincu tout le monde. Surtout après la nomination, annoncée il y a cinq jours, d'Audrey Bourolleau comme conseillère du Président en charge de l'agriculture. 

Cette experte était jusqu'ici déléguée générale de Vin et Société depuis 2012, une instance de lobbying du vin dont elle a démissionné. Réagissant à cette nomination, ce samedi, onze associations d'addictologues et six experts en santé publique ont fait part de leur inquiétude sur ce sujet dans un communiqué. "La nomination d'une représentante de la filière alcool ne manque pas d'inquiéter sur les conflits d'intérêts qui pourraient survenir au détriment de la santé publique", écrivent-ils. "Pour les acteurs de la santé publique, le risque est que la politique agricole et viticole se fasse au détriment d'une politique efficace de lutte contre les consommations nocives d'alcool."

Une proximité qui n'a pas échappé, d'ailleurs, à la profession, qui réagissait ainsi à la nomination : 

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"Coûts considérables"

Les experts soulignent que les coûts pour la société de la consommation excessive d'alcool, "deuxième cause de mortalité évitable après le tabac" sont "considérables". "La taxation sur les alcools, qui rapporte environ 3,2 milliards d'euros 

par an, ne représente que 37% des soins (7,7 milliards)", indiquent-ils notamment. Ils soulignent également qu'en 2016 la Cour des comptes avait relevé que la filière vin entretenait "la confusion en finançant ses propres études pour attester de la non-dangerosité de l'alcool consommé avec modération".

Les signataires regroupent notamment la Fédération française d'addictologie, l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie et le Collège professionnel des acteurs de l'addictologie hospitalière, ainsi que les experts Gérard Dubois, Irène Frachon, Claude Got, Serge Hercberg, Catherine Hill et Albert Hirsch.

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Dans un entretien publié sur le site Vin et Société, l'ex-lobbyiste avait notamment dénoncé le fait "qu'une partie des pouvoirs publics" présentent le vin "comme une simple molécule d'alcool préjudiciable à la santé". Elle visait nommément le ministère de la Santé et l'Association nationale de prévention en alcoologie et en addictologie. 

Le vote de la loi Santé portée par l'ex-ministre Marisol Touraine à l'Assemblée nationale avait notamment suscité un affrontement avec les parlementaires relayant le lobby du vin, favorables au retour d'une forme de publicité en faveur de cet alcool, et qui avaient tenté d'amender la loi Evin lors du vote de la loi Macron.

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