La dissidence victorieuse de Philippe Saurel à Montpellier

La dissidence victorieuse de Philippe Saurel à Montpellier

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POLITIQUE - Montpellier reste à gauche, mais pas selon le scénario écrit par le PS : c'est le dissident Philippe Saurel qui a gagné largement devant Jean-Pierre Moure.

Un chirurgien-dentiste à l'allure de gendre idéal, Philippe Saurel succède au médecin anesthésiste Hélène Mandroux, comme maire de Montpellier. Mais, si la 8e ville de France reste à gauche, ce n'est pas le scénario idéal qu'avaient écrit Solférino et la fédération du PS de l'Hérault, dont le préféré était Jean-Pierre Moure, maire de Cournonsec et président de l'Agglomération, choisi à la faveur d'une primaire interne militante.

"Les citoyens en ont décidé autrement, j'avais dit dès le début de ma campagne, après mon exclusion du PS que je gagnerais la mairie, combien y croyait au début ? Les récents sondages ont conforté mes prévisions, c'est chose faire" a déclaré, ému Philippe Saurel à 22h15 dans le vaste hall du nouvel Hôtel de Ville de Montpellier, acclamé par des centaines de fans.

Avec 37,54% des voix, Philippe Saurel devance son concurrent investi par le PS (27,40%), Jacques Domergue (UD-UMP ; 25,88%) et le candidat du FN, France Jamet (9,18%).

"Une claque historique"

" Une claque historique a été infligée certes à Jean-Pierre Moure qui avait pourtant en deuxième position sur sa liste la fille de feu Georges Frêche, Julie. Mais aussi et surtout (une claque infligée, ndlr) au PS qui a fait une erreur de casting, car qui connaît à Montpellier Jean-Pierre Moure ? Pas grand monde, au vu des résultats" tonne un cacique socialiste qui est resté fidèle aux consignes de vote.

"Mais, je peux vous dire que des centaines de militants ont trahi Jean-Pierre Moure en votant Philippe Saurel", poursuit-il. En le rejoignant à 48 heures du second tour, Hélène Mandroux a poignardé Jean-Pierre Moure , qu'elle avait pourtant soutenu au premier tour et il semble que ce ralliement surprise ait rapporté 6 à 8 points au dissident qui savourait sa victoire dans la nuit.

Jean-Pierre Moure et ses colistiers affichaient une mine défaite, après ce qu'on peut appeler un séisme dans la famille socialiste montpelliéraine, le candidat investi par le PS et EELV ayant été soutenu à fond par les grands acteurs économiques et industriels de Montpellier : présidents de la CCI, de la CGPME, des grandes entreprises, des institutions bien ancrées, des commerçants et restaurateurs etc. Cette défaite va laisser des stigmates au PS, mais aussi chez les Verts. Moure qui pleure, Saurel qui rit, avec sa couronne en or historique.

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