"La Grande confrontation" : du RN à LR... Eric Zemmour, le polémiste que la droite et l'extrême droite courtisent

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019
DEBAT - Eric Zemmour, qui débat lundi soir sur LCI (20h45) avec Daniel Cohn-Bendit, fait l'objet de toutes les convoitises à l'heure du scrutin européen. Jusqu'ici, le polémiste s'est montré plus féru d'histoire que de mandats politiques.

Il est l'homme de tous les débats. Droite identitaire, droite souverainiste, droite "nationale", le polémiste Eric Zemmour, partisan de "l'union des droites", n'a pas eu besoin de se lancer lui-même dans la campagne des élections européennes pour se faire entendre : il est sollicité de tous côtés. 


Celui qui affronte l'ex-député européen Daniel Cohn-Bendit ce lundi à 20h45 dans le cadre du débat "La Grande Confrontation" consacré à l'avenir de l'UE sur LCI, a été courtisé à plusieurs reprises, ces derniers mois. Dernier épisode en date : la présidente du RN Marine Le Pen, qui a indiqué lundi avoir proposé au polémiste une troisième place sur la liste conduite par Jordan Bardella, à la suite des informations publiées par L'Express à ce sujet. 

Une troisième place (en position hautement éligible donc) finalement confiée à l'ancien ministre Thierry Mariani, récemment passé de LR à une alliance avec le RN. Ce n'est pas la première fois qu'Eric Zemmour fait l'objet de tels appels du pied. Fin 2015, Marine Le Pen indiquait déjà qu'elle aurait bien vu figurer "ce type très courageux et très cultivé" dans son gouvernement si elle venait à accéder au pouvoir.  C'était avant que le polémiste n'impute à la patronne de l'ex-FN son échec à la présidentielle, jugeant sa campagne trop "à gauche" et fustigeant "une incompétence crasse et une incapacité à prendre de la hauteur" lors de son débat d'entre deux tours avec Emmanuel Macron. Celui qui jugeait alors que Marine Le Pen était "le problème" du FN vient donc de refuser de figurer sur la liste RN pour les européennes. 

Dragué par Dupont-Aignan et Wauquiez

Le RN n'est pas le seul parti à avoir fait les yeux doux à Eric Zemmour. En janvier dernier, l'auteur du Destin français - best-seller publié à l'automne dernier - a été convié à un débat par le président des Républicains, Laurent Wauquiez. Ce dernier avait profité de la rencontre pour saluer un auteur qui "invite au réarmement des valeurs, au sursaut des valeurs, à réinstaurer du temps long dans la politique". "Eric est vraiment chez lui", avait conclu le patron de LR devant plusieurs centaines de militants conquis.  

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La rencontre surréaliste entre Zemmour et Wauquiez

L'invitation avait valu des critiques au sein de LR, notamment de la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse. "Notre France ne sera jamais celle de Zemmour", avait fustigé cette dernière. 


Mi-février, toujours en promotion pour le Destin français, Eric Zemmour avait répondu à l'appel du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (DLF), en participant à un débat à Yerres, la commune de ce dernier. "Son livre m'a bouleversé, il est essentiel pour retrouver la boussole", flattait alors le député. Qualifiant, sur Twitter, Zemmour "d'éveilleur de consciences" et de "voix indispensable pour toutes celles et tous ceux qui croient au destin français". Des propos qui, là encore, n'avaient pas suffi à convaincre le polémiste de figurer sur la liste de DLF aux élections européennes. 

L'idéologie plutôt que les partis

Alors que son entrée en politique est un sujet récurrent - lui-même n'a pas totalement fermé la porte - Eric Zemmour se plaît à répondre qu'il fait "déjà" de la politique. Plutôt que s'affilier avec une chapelle, le journaliste revendique sa "liberté" et semble plus enclin à influer sur les idées pour contribuer à "l'union des droites" qu'il appelle de ses voeux, à l'instar d'un Robert Ménard, le maire de Béziers, dont il avait été, là encore, l'invité d'honneur à l'occasion d'un débat en novembre dernier. 


Il préfère donc les tables rondes aux meetings. En novembre encore, Eric Zemmour avait ainsi répondu aux sollicitations de Marion Maréchal, ex-députée frontiste et directrice de l'Issep, son école de sciences politiques basée à Lyon. "Vous êtes de ceux qui bousculent l'intelligentsia de gauche [...] Cela fait du bien d'entendre une voix discordante dans les circonstances actuelles", avait salué cette dernière, elle-même favorable à un rapprochement des droites identitaires. Le polémiste, interrogé sur son livre, avait alors estimé que "l'histoire est le coeur de la bataille idéologique", et que l'on "se bat aujourd'hui autour d'une chose simple, l'existence de la France". Souffler à l'oreille des dirigeants de droite plutôt que s'encarter : telle semble être, jusqu'ici, la ligne retenue par l'intellectuel médiatique. 

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