La Russie essaye-t-elle de perturber la campagne d’Emmanuel Macron ?

INGÉRENCE ? - Ce lundi matin, le secrétaire général d’"En marche !" a laissé entendre que la Russie agissait contre la candidature d’Emmanuel Macron. Cyberattaques, relais de rumeurs dans des médias pro-russes… : selon lui, les tentatives de déstabilisation à l’encontre du candidat se multiplient.

Richard Ferrand met en garde contre ce qu'il qualifie de risques d’ingérence russe dans la présidentielle. Ce lundi matin sur France 2, le secrétaire général d’'En Marche !' a pointé du doigt la Russie, qu’il accuse de s’immiscer un peu trop dans la campagne, et plus particulièrement dans celle d’Emmanuel Macron. "Il faut regarder les faits : deux grands médias, Russia Today et Sputnik, qui appartiennent à l’Etat russe, font leur quotidien de la diffusion, de la propagation, de fausses nouvelles. Ensuite, ces nouvelles sont reprises, sont citées et viennent peser sur notre vie démocratique."


 Le député du Finistère fait notamment allusion aux rumeurs sur la supposée "double vie" d’Emmanuel Macron. Dans une interview accordée à Sputnik le 4 février dernier, le député LR Nicolas Dhuicq, pro-russe et pro-Assad, disait ainsi que l’ancien ministre de l’Economie, "chéri des médias", était soutenu par un "très riche lobby gay". Il avait ajouté que des "détails controversés sur la vie privée et des relations (d'Emmanuel Macron allaient) être rendus publics". Cela avait d'ailleurs poussé Emmanuel Macron à prendre les devants et démentir une quelconque relation avec le président de Radio France Mathieu Galet. 

"Le mal est fait, la rumeur est partie"

Richard Ferrand a également évoqué une rumeur partie d’un blog selon laquelle Emmanuel Macron, lors de son déplacement au Liban, aurait dormi "aux frais du contribuable" à l’ambassade de France. "Ce qui évidemment était inexact (…), mais en attendant le mal est fait, la rumeur est partie."


Richard Ferrand a continué son argumentaire sur les cyberattaques dont est victime le site internet de son candidat. "Il y a des centaines, voire des milliers, d’attaques sur notre système numérique, sur notre base de données, sur nos sites. Et comme par hasard, cela vient des frontières russes" a-t-il dit. Dans son édition du 8 février, Le Canard Enchaîné expliquait quant à lui qu'"en novembre, quand l'ancien ministre a annoncé sa candidature, le site d''En Marche !' a dû faire face à une centaine de tentatives d'intrusion", un nombre en augmentation depuis janvier, période correspondant à l'ascension d'Emmanuel Macron dans les sondages. Le journal avançait que le site avait subi 1922 attaques en janvier, dont 907 en provenance d'Ukraine.

"Il veut une Europe forte, qui pèse lourd, y compris face à la Russie"

Pour justifier ces attaques, Richard Ferrand évoque la défiance de son candidat vis-à-vis du régime russe, au contraire des deux autres prétendants au second tour, Marine Le Pen et François Fillon. Il "veut une Europe forte, une Europe qui pèse lourd, y compris face à la Russie, là où d’autres sont plus familiers, plus amicaux du régime russe". "Nous promouvons une Europe forte, une Europe puissante, et évidemment, objectivement, un certain nombre de médias russes manifestement n’en veulent pas."


Ces suspicions autour de la Russie rappellent celles qui ont entouré l'élection américaine. La Russie a été accusée d'avoir "piraté" la campagne américaine et d'avoir permis la victoire de Donald Trump.

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