L'abstention pourrait jouer des tours

L'abstention pourrait jouer des tours

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ÉLECTIONS – A combien s'élèvera l'abstention lors du 1er tour des élections municipales dimanche 23 mars ? Une faible participation pourrait lourdement peser sur les résultats du scrutin. Et favoriser les partis traditionnels comme le dénoncent certains responsables politiques et candidats ?

C'est un poison qui se distille un peu plus à chaque élection. L'abstention pourrait une nouvelle fois faire des ravages, dimanche, lors des municipales . Battra-t-elle le record enregistré en 2008, lorsque 33,5% des électeurs avaient joué les fantômes au premier tour ? Si les pronostics sont difficiles en la matière, les états-majors des partis comme les sondeurs le craignent, dans le contexte des "affaires" qui touchent l'UMP et de la forte impopularité du gouvernement socialiste. "Même si l'intérêt des Français pour ces élections municipales et leurs enjeux locaux est assez élevé selon nos enquêtes , il y a beaucoup de raisons de penser que l'abstention sera plus forte qu'il y a six ans", note Emmanuel Rivière, directeur du département opinion chez TNS Sofres.

"Cela peut faire basculer le résultat"

La principale raison est selon lui "structurelle" : "toutes les dernières élections, hormis la présidentielle, ont enregistré une dégradation graduelle de la participation électorale, le sens du vote par devoir disparaissant peu à peu en France". Selon le sondeur, si l'abstention atteint 35% dimanche, on aura donc "simplement franchi un cap supplémentaire". "Mais si elle passe la barre des 40%, on pourra commencer à dire que les affaires ou le très fort discrédit du parti au pouvoir auront contribué à changer la relation des Français avec cette élection."

Tandis que les communes rurales se mobilisent traditionnellement davantage aux municipales, c'est surtout dans les grandes villes que l'abstention risque de culminer. Avec une question cruciale : qui, de la gauche ou de la droite, en fera le plus les frais ? Du côté du PS, l'abstention est pointée comme un "risque majeur", alors que l'on craint une désaffection de l'électorat déçu par François Hollande. A l'UMP, on espère plutôt pouvoir en tirer parti. "Si le taux d'abstention des électeurs de gauche est fort dans des grandes villes que nous avons des chances de reprendre, comme Strasbourg , Metz, Amiens ou Toulouse, cela peut faire basculer le résultat en notre faveur", veut croire Alain Marleix, l'ancien "monsieur élections" de Nicolas Sarkozy. Et le FN ? "Le climat actuel pourrait favoriser la mobilisation de ses électeurs", souligne Emmanuel Rivière. Et donc booster son pourcentage.

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