L'alliance à gauche plombée par les particules

L'alliance à gauche plombée par les particules

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MUNICIPALES 2014 - A une semaine des municipales, les relations entre écologistes et PS parisiens se sont brutalement dégradées à mesure que la pollution s'aggravait. Une fracture notable après des mois de rivalité consensuelle.

Un zeste de tension préélectorale et une grande bouffée de pollution aux particules. Il aura fallu ce cocktail pour mettre fin à des mois de gentille compétition entre socialistes et écologistes parisiens, dont les programmes s'emboîtent de façon globalement harmonieuse. Ces alliés naturels, qui ont déjà prévu de s'unir au second tour, n'avaient probablement pas prévu une telle crispation à moins d'une semaine du premier tour des municipales.

Comment en sont-ils arrivés là ? Les tensions entre les membres de la majorité municipale ont été exacerbées par la semaine écoulée, son nuage de pollution et ses émissions historiques de particules fines. Accusant le gouvernement et les socialistes "d'immobilisme", les écologistes ont multiplié les sorties sur un thème qui permettait, enfin, d'assurer leur visibilité dans une campagne accaparée par les candidates PS et UMP. Ils reprennent d'ailleurs à leur compte les avancées obtenues du gouvernement : "la gratuité des transports, le contournement de Paris par les poids lourds et la circulation alternée", énumère Bernard Jomier, candidat écologiste dans le 19e arrondissement.

Hidalgo relance les hostilités

Sauf que leur hyperactivité n'a pas plu à tout le monde. Dimanche, la candidate socialiste Anne Hidalgo a rouvert sciemment les hostilités, rallumant une violente polémique avec les écologistes sur l'acquisition de bus diesel  à la RATP. Elle reproche à Pierre Serne, le vice-président du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), d'avoir voté cette acquisition alors qu'elle avait promis aux Parisiens la fin immédiate des bus diesel à Paris.

"Après une semaine de silence sur la pollution, Anne Hidalgo est sortie de son silence pour dire que les écolos soutenaient le diesel. Les bras nous en tombent !", s'emportait lundi Bernard Jomier, alors que la ministre EELV Cécile Duflot évoquait un "scandale". Les écolos n'oublient pas de rappeler que ce sont les socialistes qui ont voté, dès février 2013, l'acquisition de ces quelque 300 fameux bus diesel de norme Euro 6 (très peu polluants) , qui semblent tant déranger aujourd'hui.

"Un moment d'égarement"

Christophe Najdovski, le candidat écologiste à la mairie de Paris, fait part de son "étonnement" et de son "incompréhension face à cette polémique", évoquant un "moment d'égarement" de la candidate PS. "Anne Hidalgo est également conseillère régionale", fait mine de rappeler le patron des verts Parisiens. "Elle est isolée puisque le président socialiste de la Région, Jean-Paul Huchon, a apporté aujourd'hui son soutien à Pierre Serne." Lundi matin, le patron du conseil régional s'est en effet déclaré "totalement solidaire" de son vice-président EELV chargé des transports, rouvrant une autre brèche ancienne à gauche, cette fois entre les socialistes de la Région et les socialistes parisiens.

Probablement consciente des effets collatéraux de ses déclarations, Anne Hidalgo a rappelé lundi matin sur France Inter les "objectifs communs" partagés avec les écologistes, à commencer par la sortie du diesel. Christophe Najdovski lui-même a pris soin de ne pas trop en faire. "Il faut désormais discuter des questions de fond plutôt que de vaines polémiques", a-t-il jugé. Dans moins d'une semaine, écolos et socialistes se retrouveront autour d'une table pour fusionner leurs projets et leurs équipes. Les couacs ne seront plus permis.

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