Laurent Berger (CFDT) : "Supprimer 500.000 fonctionnaires, c'est irréalisable"

Laurent Berger (CFDT) : "Supprimer 500.000 fonctionnaires, c'est irréalisable"

PURGE - Invité de LCI vendredi matin, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a critiqué le projet de François Fillon visant à supprimer 500.000 postes de fonctionnaires en France. Le syndicat entend "faire des propositions" durant la campagne présidentielle, tout en se disant "autonome" sur le plan politique.

La CFDT ne fera campagne pour personne mais elle ne sera pas muette. C'est le message adressé vendredi matin par Laurent Berger, secrétaire générale du syndicat, au lendemain des obsèques de son ami, l'ancien leader François Chérèque à Paris

Si son organisation entend garder son "autonomie", elle fera "des propositions" dès le lendemain de la primaire de la gauche, et tout au long de la campagne, explique l'invité de LCI, précisant qu'il ne dira pas pour qui il compte voter. En attendant, ce sont les propositions du candidat de la droite, François Fillon, qui sont la cible de ses critiques. 

"Irréalisable"

Laurent Berger juge sévèrement la proposition de l'ancien Premier ministre de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires durant le quinquennat. 

C'est irréalisable. Ce ne sont pas des fonctionnaires, ce sont des infirmières, des enseignants, des personnes en charge de la sécurité... Ce n'est pas réalisable, sauf à vouloir réduire drastiquement le service rendu à la population- Laurent Berger

Le patron de la CFDT s'en prend également à la remise en cause des 35 heures par François Fillon, qui veut déplafonner la durée légale du travail jusqu'à 48 heures hebdomadaires. "Revenir sur la durée légale est une bêtise, cela n'est pas réclamé par les entreprises", estime le leader syndical, qui rappelle que "depuis des années, les gouvernements ont donné la possibilité d'adopter des dispositions différentes par accords de branches". 

Pour autant, Laurent Berger clame qu'il ne compte pas jouer "l'arbitre" de l'élection présidentielle en menaçant d'appeler à un mouvement social avant même que la démocratie ait parlé. "Je ne suis pas de ceux qui annoncent une mobilisation avant une élection. Il y a un exercice démocratique, les citoyens s'exprimeront", conclut-il en pointant du doigt la stratégie de la CGT, le syndicat concurrent. Rendant hommage à François Chèrèque, celui qui "voulait transformer vite la société par la négociation", le patron de la CFDT espère que "son message sera entendu par les uns et les autres" durant la campagne de 2017.

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