Le 12e arrondissement, la malédiction de la droite

Le 12e arrondissement, la malédiction de la droite

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MUNICIPALES 2014 - Les rebondissements qui viennent de secouer la liste UMP-UDI-Modem viennent se rajouter à ceux qu'a connu l'arrondissement lors des échéances électorales précédentes. À l'UMP, certains parlent d'une "malédiction" depuis que celui-ci est passé à gauche en 2001.

Nathalie Kosciusko-Morizet avait envisagé de s'y présenter . Serait-ce par superstition qu'elle a finalement opté pour le 14e arrondissement plutôt que pour le 12e arrondissement ? Car, depuis 2001, une étrange "malédiction" semble peser sur cet arrondissement de l'est parisien,  que les derniers rebondissements en date ne viennent pas contredire.

En 2001, la socialiste Michèle Blumenthal décroche la mairie. Élue avec 51 % des voix, elle a bénéficié de la division de la droite parisienne avec une guerre ouverte entre Philippe Séguin, le candidat officiellement investi par le RPR (liste menée par le maire sortant de l'époque Jean-François Pernin) et Jean Tiberi, qui a monté une liste de dissidents (dirigée dans le 12e par Alain Robert). Et même s’ils finissent par se réconcilier pour le second tour : le mal est fait. L'arrondissement bascule à gauche qui, avec ses 10 sièges au Conseil de Paris, permet l'élection de Bertrand Delanoë.

Des parachutés médiatiques... et perdants

Cette année marque le début d'une série de débâcles électorales pour la droite. Pour les législatives en 2007, l'UMP dépêche le médiatique Arno Klarsfeld. Avec 44,1 % des voix, sa défaite est sans appel. Il avait fait scandale lorsqu'il avait déclaré qu'il connaissait l'arrondissement  puisqu'il l'avait traversé alors qu'il "courait le marathon" .

Rebelote en 2008. Pour les municipales, l'UMP envoie Christine Lagarde et Jean-Marie Cavada en charge de la reconquête du 12e et de la capitale. Après le refus de l'ancien maire centriste Jean-François Pernin, éliminé au premier tour, de donner des consignes de vote, la défaite est plus cuisante : seuls 35,2 % des électeurs votent pour la liste Cavada-Lagarde au second tour.

Dernier déçu en date : l'homme d'affaires Charles Beigbeder, "frère de" et aujourd'hui dissident UMP, dont la candidature a déchiré la droite locale. Il échoue aux élections législatives de 2012 avec 38,5% face à la députée sortante Sandrine Mazetier (PS).

Une liste déposée trop tard

Cette année, NKM pensait avoir contré la malédiction. Elle a désigné une chef de file moins connue, plus studieuse et surtout plus implantée localement. Valérie Montandon, chef d'entreprise de 37 ans, est conseillère d'arrondissement depuis 2008. "La malédiction, c'était le parachutage, disait-elle. Cette année, NKM chasse le mauvais sort en faisant confiance aux locaux." Elle a estampillé sa liste de la mention "100% Douzième".

Numéro 4 sur sa liste, Franck Margain, le vice-président du parti chrétien démocrate (PCD) était lui aussi implanté de longue date dans l'arrondissement. Mais NKM ne voyait pas d'un bon œil la présence de ce fidèle lieutenant de la "Manif pour tous" dans ses équipes. Alors quand, à l'entre-deux tours, le candidat UDI dissident Benoît Pernin (fils de l'ancien maire centriste) décide de se rallier à l'UMP, NKM tente d'écarter ce proche de Christine Boutin. Manque de chance : la liste est déposée trop tard et il manque des documents. Et Franck Margain, qui a clamé son "dégoût" devant l'attitude de NKM et a même appelé à voter contre elle, reste sur la liste. Qui a dit qu'en politique, il ne fallait pas être superstitieux ?

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