Le candidat du jour : Dominique Tiberi, le fils "légitime" du 5e

Le candidat du jour : Dominique Tiberi, le fils "légitime" du 5e

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MUNICIPALES 2014 - Jean Tiberi, le maire du 5e arrondissement de Paris, ne se représentera pas. Son fils, Dominique, 54 ans, espère lui succéder. Non soutenu par l'UMP, il aura fort à faire face à la candidate socialiste et celle choisie par Nathalie Kosciusko-Morizet. Pour l'emporter, il mise sur son ancrage local.

Il y a une certaine bonhomie chez Dominique Tiberi. En apparence du moins. Lorsque le sourire affable s’efface, ses mots durs dégomment sévère. Ses ex-compagnons de l’UMP prennent une rafale dans le buffet : François Fillon (qui "a été en dessous de tout"), Nathalie Kosciusko-Morizet ("jamais responsable de ses erreurs"), Jean-François Copé (accusé d'avoir "voulu se servir de Paris pour viser 2017"). Il balance tout ça avec un petit sourire, comme s’il prenait plaisir à évoquer ceux qui l’ont mis sur la touche.

Copé, Debré, Goujon, " tous des dissidents"

Puis c’est au tour de ses principales concurrentes aux municipales dans le 5e arrondissement de Paris, Florence Berthout (UMP) et Marie-Christine Lemardeley (PS), d’essuyer un feu nourri. "Ce sont des parachutées ce qui, en soi, n'a rien d'infamant", commence le fils de Jean et Xavière Tiberi . "Ce qui est grave, en revanche, c’est qu’elles ont menti. Elles prétendent habiter le 5e, alors qu’elles y louent depuis peu un studio pour l’une, et un meublé pour l’autre. En réalité, elles vivent dans le 16e et en banlieue", assène celui qui parle du “5e” avec affection.

Sauf que ses salves ne font pas mouche et l’héritier Tiberi, 54 ans, aura bien du mal à conserver le fief familial au soir du 30 mars. Adoubé par son paternel (79 ans dont près de 50 en tant qu’élu parisien), Dominique Tiberi n’a pas l’aura du patriarche. D’autant plus qu’il devra faire sans le support de l’UMP. N’ayant pas voulu se coucher au profit de la "parachutée" Florence Berthout, il a été mis au ban du parti. "Tout ça est ridicule, s’emporte ce gaulliste en résistance. Surtout lorsque l'on sait que ceux qui m'ont exclu ont tous été dissidents un jour ou l’autre, de Copé à Debré et de Lecoq à Goujon."

Largué dans les sondages

L’insoumis à la langue bien pendue a tout de même quelques arguments à faire valoir. Après des études en gestion des ressources humaines ( il a soutenu sa thèse en 1991 ), le "fils de", rejoint pour de bon la politique. "J’ai toujours été un militant, corrige-t-il. Je suis un passionné de politique." Elevé au gaullisme comme d’autres au grain, il rappelle volontiers son ancrage dans "le 5e". "Je suis délégué de circonscription depuis plus de dix ans, largement élu qui plus est, se félicite-t-il. Ma candidature est naturelle, et légitime." Et puis, "s’appeler Tiberi, dans le 5e n’est jamais neutre", concède Dominique. L’ombre du père plane sur sa campagne. Conseiller et soutien, Jean Tiberi n’est jamais loin. Peut-être trop proche.

Car ce patronyme dont il ne peut se défaire pourrait le plomber un peu plus. Malgré les années, il reste irrémédiablement associé à l’affaire dite "des faux électeurs". Dans les sondages, les électeurs semblent prêts à donner sa chance à la gauche, pour la première fois. Les dernières enquêtes d’opinion donnent l’enfant du 5e loin derrière ses concurrentes . Et son refus d’y voir une fatalité frôle l’aveuglement. "En 2001 comme en 2008, les sondages ont largement sous-évalué Jean Tiberi, répond son fils. J’ai pris pour habitude de ne pas m’y fier." Même lorsqu’ils annoncent 15 à 20 points de retard sur la candidate PS ? "Un sondage, quand il est mauvais, ça me donne juste envie de travailler davantage", s’amuse Dominique Tiberi. Reste à savoir s’il rira bien le dernier.

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