Le candidat du jour : Georges Tron reprend pied à Draveil

Le candidat du jour : Georges Tron reprend pied à Draveil

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MUNICIPALES 2014 - Le maire UMP de Draveil, ex-secrétaire d'Etat UMP de Nicolas Sarkozy, a obtenu un non-lieu dans l'affaire de viols et d'agressions sexuelles à laquelle il était mêlé et qui lui avait coûté son poste au gouvernement. Il a annoncé ce jeudi matin sa candidature aux élections municipales et espère bien prendre sa revanche.

Sa décision était prise depuis longtemps. Mais Georges Tron a préféré attendre. "J'ai voulu mettre une période de séparation entre le non-lieu et ma candidature pour qu'on ne puisse pas penser que je surfe sur celui-ci" a-t-il déclaré. À 56 ans, presque trois ans  après le feuilleton judiciaire  qui lui aura coûté sa place au gouvernement puis à l'Assemblée nationale, Georges Tron est de retour, et n'entend pas se laisser prendre son dernier mandat : celui de maire de Draveil, qu'il occupe depuis 1995.

Tout commence en mai 2011. La France est secouée par l'affaire DSK. Le maire de Draveil, alors secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy est accusé de viols par deux anciennes collaboratrices. Les deux femmes sont proches du Front national. Georges Tron crie au complot. La procédure judiciaire, qui mêle à la fois vie privée, vie publique, accusations de chantage et corruption, va prendre plus de deux ans.  Les détails de la vie intime de ce grand séducteur et amateur de réflexologie vont être étalés sur la place publique.

"La justice l'a condamné moralement"

La justice a tranché en décembre dernier : l'élu bénéficie d'un non-lieu. Mais au cours de l'enquête, une quarantaine de femmes ont déclaré avoir subi des massages de pieds, comportements qualifiés par le parquet de "totalement inappropriés" et "tirant profit de la situation de faiblesse ou de dépendance d’autrui".

"La justice ne l'a pas condamné pénalement, mais moralement", insiste Thierry Mandon, député socialiste de la circonscription, tout en reconnaissant que l'élu est "très apprécié dans sa ville." En 2008, il avait été réélu dès le premier tour avec 59 % des voix. De son côté, Jean-Jacques Lejeune, le candidat PS, ne veut pas capitaliser sur les déboires de son adversaire, mais promet "de changer de pratiques dans la gestion du personnel communal".

En mars prochain, Georges Tron va faire devoir affronter pas moins de trois listes de gauche. Mais surtout, il va retrouver Philippe Olivier , le beau-frère de Marine Le Pen, que l'ex-secrétaire d'Etat accuse d'être à l'origine de ses déboires judiciaires. Un combat devant les urnes, après l'avoir affronté plus de deux ans devant les tribunaux. Serein, Georges Tron, qui n'exclut pas de futures poursuites judiciaires à son encontre, se fait même poète : "Ma victoire serait le plus joli des pieds de nez."

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