Le Conseil constitutionnel publie la liste des premiers parrainages : que nous apprend-elle (pour l'instant) ?

500 OU RIEN - Le Conseil constitutionnel a dévoilé ce mercredi la liste des premiers élus à avoir parrainé un candidat à la présidentielle. Au 1er mars, 1.717 parrainages ont été enregistrés par la Haute instance, dont 738 pour François Fillon qui est d'ores-et-déjà qualifié malgré une campagne minée par le Penelopegate.

Depuis le 24 février et jusqu'au 17 mars, les prétendants à l'Elysée sont officiellement lancés dans la course aux parrainages. Objectif : recueillir les 500 précieuses signatures indispensables pour valider leur candidature. Pour les uns, les principales têtes d'affiche qui peuvent compter sur de puissants réseaux de soutien, l'exercice est presque de pure forme. 

Fillon en tête, malgré tout

Ainsi, malgré ses déboires judiciaires et le départ annoncé ce mercredi de plusieurs membres de son camp, François Fillon (LR) est le premier à valider sa candidature en affichant 738 soutiens. Il faut dire qu'une course contre la montre avait été lancé de la part de ses soutiens afin d'imposer la légitimité de leur candidat en difficulté. 


Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, a ainsi fait envoyer dès le samedi 25 février un SMS aux élus leur demandant de renvoyer rapidement leur formulaire de soutien. Un élu du sud-est de la France raconte ainsi à l'AFP avoir reçu quatre relances en deux jours, accompagnées du message : "Nous devons apporter la démonstration du soutien massif que nous témoignons à François Fillon. Nous comptons sur vous !"

Le Pen à la traîne... Arthaud très avancée

Mais les signatures ne tombent pas aussi vite chez ses concurrents. Premier exemple avec Benoît Hamon, qui n'annonce pour l'instant que 184 parrainages. Rien d'inquiétant pour le candidat du PS - son entourage confie à LCI qu'il est assuré d'en avoir 600 - mais un chiffre assez bas, à mettre en relation avec le refus de certains élus de l'aile droite du parti de lui apporter leur soutien. Un résultat qui paraît d'autant plus chiche que la "petite" candidate de Lutte Ouvrière Nathalie Arthaud en a déjà réuni 201. 


Parmi les autres ténors de la campagne présidentielle, les choses se passent également bien pour Emmanuel Macron (229), mais Jean-Luc Mélenchon (87) et Marine Le Pen (25) sont à la traîne. Il n'y a pas péril en la demeure pour eux. Le candidat de la France Insoumise a annoncé en janvier qu'il avait ses signatures, tandis que la candidate FN peut désormais s'appuyer sur un réseau d'élus locaux assez solide pour n'avoir rien à craindre.

Guaino, Yade et MAM... les bonnets d'âne

Ils sont, pour l'instant, au même niveau que des candidats ne disposant pas des mêmes moyens : François Asselineau (UPR) (60), Jacques Cheminade (61), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) (31), ou encore Philippe Poutou (NPA) (35). Pour d'autres, contraints d'aller frapper à la porte de petits élus ruraux pour les convaincre d'ajouter leur nom à la liste, l'opération est beaucoup plus hasardeuse : Jean Lassalle (14), Rama Yade (8), Michèle Alliot-Marie (4), ou bien Henri Guaino (2),


Les 42.000 élus habilités à parrainer les candidats - maires, conseillers régionaux et départementaux, députés et sénateurs - ont jusqu'au 17 mars, à 18h, pour adresser leur réponse au Conseil constitionnel. Et pour la première fois cette année, en vertu d'une loi d'avril 2016, les noms de tous ces "parrains" seront connus : après cette première liste, ils seront publiés en continu sur le site du Conseil, les mardi et vendredi, durant trois semaines.

Les (très) petits candidats verrouillés

Certains "petits candidats" en difficulté s'estiment pénalisés par la transparence imposée sur les signatures.  Six d'entre eux (Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), le chef de file du mouvement des Bonnets rouges Christian Troadec, Philippe Poutou (NPA), Charlotte Marchandise-Franquet (laprimaire.org), Alexandre Jardin (mouvement Bleu Blanc Zèbre) et l'indépendantiste polynésien Oscar Temaru) ont ainsi dénoncé ce qu'ils appellent le "verrou anti-démocratique des grands partis", craignant en particulier "la pression" exercée sur les maires, qui, disent-ils, hésitent à se dévoiler de peur de retombées négatives.


"En 28 ans de mandat, je n'ai jamais vu des réticences de cette ampleur" ni autant de "désapprobation de la vie politique" venant des élus ruraux, confie à l'AFP Vanik Berberian, président de l'Association des maires ruraux de France et maire de Gargilesse-Dampierre (Indre). "Aux précédentes élections, on pouvait dire que les maires ruraux étaient plutôt fiers de participer à cette construction démocratique. Maintenant, c'est l'inverse : ils se recroquevillent et prennent de la distance par rapport à ce jeu", regrette-t-il.


Un phénomène qui ne devrait pas inverser la tendance observée depuis plusieurs élections : 17.815 élus avaient parrainé un candidat en 2002. ils n'étaient plus que 15 047 en 2012.

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