Le Drian, Hulot, Le Maire... Les contorsions des ministres pour garder leur place au gouvernement

VERSATILES - Jean-Yves Le Drian et la région Bretagne, Bruno Le Maire et la CSG ou encore Gérald Darmanin et le mariage homosexuel... certains ministres vont devoir faire des concessions pour rester en place. Certains ont déjà commencé. Tour d'horizon.

Certains devront faire un petit pas de côté, d'autres un grand écart. Les ministres du gouvernement d'Edouard Philippe, qui ont été nommés mercredi 17 mai 2017, ont pour mission de faire appliquer le programme d'Emmanuel Macron, avec une faible tolérance au pas de côté, comme en témoignent les appels à la loyauté du côté de l'exécutif. Dans certains cas, les concessions seront de la partie. 

Bruno Le Maire et la CSG

Le candidat malheureux de la primaire de la droite et du centre avait défendu une baisse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 7,5% à 6% dans son programme, globalement plus libéral que celui d'Emmanuel Macron, qui lui a prévu d'augmenter de 1,7 point cet impôt destiné à participer au financement de la protection sociale. Mais maintenant que le premier est devenu ministre de l'Economie du second, Bruno Le Maire va devoir mettre en oeuvre ce changement qui va pourtant à l'encontre de ses opinions. Le jeu semble en valoir la chandelle, puisqu'à l'entendre, Bruno Le Maire est "totalement en phase" avec la politique économique présidentielle.

Edouard Philippe et la transparence

Le Premier ministre de droite du président issu de la gauche avait voté en 2013 contre la loi sur la transparence de la vie publique. Alors qu'Emmanuel Macron a fait de cette question l'une des priorités de son quinquennat. Edouard Philippe a en outre été déjà épinglé par Mediapart pour ne pas avoir voulu répondre aux questions portant sur le montant de son patrimoine. Sur France Inter, le 18 mai, ce dernier a mis de l'eau dans son vin. "Nous aurons à définir des règles claires. [...] Beaucoup plus que cette transparence absolue dont j'observe qu'elle suscite questions et questions et questions. [...] C'est un texte que nous proposeront rapidement".

Le Drian et la région Bretagne

L'actuel ministre de l'Europe et des Affaires étrangères va bien être obligé de quitter la présidence de la région Bretagne qu'il détient depuis 2004. Il a annoncé samedi 20 mai que "dans peu de temps, [il serait] amené à quitter ses fonctions" pour pouvoir accomplir "la mission importante au service de la France et de la place de la France en Europe et dans le monde" que le président Macron lui a confié. "Une lourde responsabilité [...] qui ne [lui] permettra plus de mener correctement [son] mandat à la tête de la Bretagne". Pour rappel, sous l'ère Hollande, l'intéressé avait tenu à cumuler les fonctions de ministre de la Défense, qu'il a occupées cinq ans, et de président de région.

Darmanin et le mariage homosexuel

Le nouveau ministre de l'Action et des Comptes publics a du revenir sur ses anciennes prises de position contre le mariage pour tous, qui ont resurgi depuis sa nomination. En 2013, à l'époque où la question suscitait des débats animés, celui-ci avait par exemple déclaré dans un tweet qu'il ne "procéderait pas au mariage entre deux hommes et deux femmes". Samedi 20 mai 2017, dans une interview à La Voix du Nord, il a été forcé de reconnaitre une maladresse : "Sortie de son contexte, cette déclaration est abrupte et je la regrette si elle a pu blesser".

Annick Girardin et les fonctionnaires

La nouvelle ministre des Outre-mer et surtout ancienne ministre de la Fonction publique va devoir se heurter à la promesse d'Emmanuel Macron de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires pendant son quinquennat. Quoi qu'il advienne, celle-ci a dit son attachement au service public dans une interview accordée à France Inter le 20 mai : "Je dis au président de la République qu'on pourra en débattre, qu'il faut des assises des services publics, qu'il faut repenser nos services publics [...] qu'il faut mettre les moyens humains et matériels au service de cette fonction publique quand on l'aura redéfinie. Ce n'est pas une question de nombre".

Hulot, vraiment sur la même longueur d'ondes que Macron ?

Le nouveau ministre de la Transition écologique avait estimé le 31 mars 2017 sur Europe 1 que "le nucléaire [faisait] partie du vieux monde" et qu'il "[fallait] en finir" avec cette énergie. De son côté,  Emmanuel Macron souhaite reprendre à son compte la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 qui prévoit notamment qu’à l’horizon 2025, la part du nucléaire devra tomber à 50 % du mix énergétique. Cela suffira-t-il à Nicolas Hulot ? Ou claquera-t-il la porte avant six mois, comme le prédit Jean-Luc Mélenchon ? L'intéressé, qui était de sortie avec son Premier ministre Edouard Philippe cette semaine, semble la jouer pragmatique pour le moment : "Si on attent que toutes les planètes soient alignées pour avancer, on ne va jamais avancer."

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Premier déplacement officiel pour Nicolas Hulot avec Edouard Philippe

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