Le FN inapte à changer la ville, selon les Français

Le FN inapte à changer la ville, selon les Français

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SONDAGE - Alors que le parti de Marine Le Pen présente un nombre record de candidats aux élections municipales fin mars, 60% des Français pensent qu'il n'est pas capable de changer la gestion d'une ville, selon un sondage OpinionWay pour metronews.

Le bleu marine n'est pas la couleur du changement, pour les Français. A deux semaines du premier tour des élections municipales, 60% d'entre eux ne pensent pas que le Front national soit capable de changer la gestion d'une ville, indique vendredi un sondage OpinionWay pour CLAI/metronews/LCI. Contre 39% qui pensent le contraire.

Dans le détail, sans surprise, le parti de Marine Le Pen ne convainc pas du tout les électeurs ayant voté PS, Front de gauche ou MoDem à la dernière présidentielle. A contrario, bien sûr, ceux qui avaient voté Le Pen sont à 92% confiants dans les capacités municipales de son parti. Le résultat le plus intéressant est à chercher chez ceux qui avaient voté Nicolas Sarkozy : là, une minorité conséquente (48%) croit au FN. "Cela rejoint le résultat de nos enquêtes sur une éventuelle alliance avec le FN, qui montre un électorat de droite coupé en deux sur le sujet, note Bruno Jeanbart, d'OpinionWay. C'est la partie de l'électorat sur laquelle la stratégie de dédiabolisation du FN a fonctionné, et qui pense aujourd'hui qu'on ne peut plus tracer de ligne infranchissable avec le parti d'extrême droite".

Des précédents peu glorieux

Reste que dans son ensemble, le résultat de ce sondage est une déception pour le FN, qui mise beaucoup sur ces municipales. Le parti va présenter 596 listes dans toute la France, soit un record (qui s’établissait auparavant à 537, en 1995). Le parti de Marine Le Pen sera ainsi présent dans 36 des 39 villes les plus importantes, et ses candidatures couvriront 20,6 millions de Français (32% de la population), a annoncé vendredi son secrétaire général adjoint Nicolas Bay.

Pour expliquer ce résultat, Bruno Jeanbart invoque d'abord le déficit traditionnel d'image du parti : "En dépit des efforts de normalisation, la progression du vote d'adhésion est très lente et le choix du FN reste largement un vote protestataire". Aux municipales, le FN souffre également d'un manque d’expérience. "Celles de 1995 sont un peu lointaines, le parti doit encore faire ses preuves", analyse Bruno Jeanbart. D'autant que les expériences en question (Toulon, Marignane et Vitrolles) ont loin d'avoir été concluantes, se soldant par des bilans peu convaincants, voire des problèmes judiciaires. Si les partis traditionnels (PS et UMP) ne sont pas en reste sur ces deux plans, le haut ratio au FN produit un effet de loupe désastreux.

Aujourd’hui, le parti bleu marine se réfère donc uniquement au "modèle" d'Orange (Vaucluse), vanté par Marion Maréchal-Le Pen. Mais là-bas aussi, si la Chambre régionale des comptes (CRC) s'était montrée en 2011 élogieuse sur la gestion des finances de la ville, le même rapport avait pointé les irrégularités de certaines "dépenses à caractère familial" du maire Jacques Bompard. Celles-ci portaient notamment sur les frais de représentation du maire constituant "en partie un supplément de traitement déguisé". Des "anomalies" avaient également été relevées dans le cadre de cessions immobilières, qui ont valu au maire d'être renvoyé à l'automne dernier en tribunal correctionnel "pour deux prises illégales d'intérêt". Pour la politique autrement, on repassera donc.

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