"Le PS est encore en convalescence à Marseille"

"Le PS est encore en convalescence à Marseille"

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MUNICIPALES - Professeur de droit constitutionnel à l'université d'Aix-Marseille, Richard Ghévontian analyse les résultats du 1er tour des élections municipales à Marseille.

Quelle analyse faites-vous de ce surprenant 1er tour des municipales à Marseille ?
Il reflète le résultat national mais il semble aller au-delà. Il est amplifié car il y a une très forte poussée du Front national et la déroute complète du Parti socialiste. Il a forcément une ampleur différente ici car on avait beaucoup mis le focus sur un possible basculement à gauche.

Comment les instituts de sondage sont-ils passés à côté ?
C’est classique lors des municipales mais les sondages n’avaient pas vu venir de tels écarts. Le PS a été surévalué et le FN sous-évalué à Marseille. Il y a peut-être eu un mouvement des électeurs dans les derniers et ceux interrogés étaient sans doute plus dans l’incertitude.

Pourquoi le Parti socialiste est-il si bas ?
Il y a d’abord le facteur national qui a conduit les électeurs de gauche à s’abstenir. Ensuite le climat du PS à Marseille a joué. Il est encore en grande convalescence. On le savait mais finalement, peu de remèdes ont été apportés.

Vous parlez des divisions internes ?
Oui. Contrairement aux primaires avec François Hollande, les primaires à Marseille ont créé un clivage. Les blessures du PS sont loin de se refermer. Ça se ressent encore aujourd’hui. Samia Ghali a déclaré ce matin que Jean-Claude Gaudin serait réélu et Patrick Mennucci dément. Il y a des problèmes en interne.

Comment Patrick Mennucci peut-il essayer de redresser la barre pour le 2ème tour ?
Il a lancé un appel aux abstentionnistes. (Le candidat a notamment déclaré : "vous avez sanctionné le gouvernement au 1er tour, au second, vous devez sanctionner Gaudin"). Mais je ne suis pas sûr que l’argument joue beaucoup. Si les électeurs ne se sont pas déplacés pour sanctionner le gouvernement, il paraît difficile qu’ils vont se mobiliser pour soutenir le candidat soutenu par le pouvoir.

L’autre surprise concerne la percée du FN, comment l’expliquez-vous ?
On ne s’attendait pas à ce qu’elle soit aussi forte. On peut l’expliquer par le vote dans certains quartiers difficiles. Il faut arrêter de penser que le FN pompe seulement à droite. Il pompe aussi les électeurs de gauche.
 

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